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Archive de la catégorie Petits riens

Bain administratif

J’ai fait plus que souvent part de mes déboires administratifs sur ces pages, en ronchonnant allègrement, en me soulageant comme je le pouvais, en laissant éclater mon sale caractère et ma faculté à me mettre en rogne.

Si je veux être juste, il faut aussi que j’évoque les petites réussites, les quelques succès remportés, et sans effort qui plus est!

C’est ainsi qu’après le parcours du combattant qu’il m’a fallu franchir pour obtenir un nouveau passeport italien, et diverses toutes petites pièces administratives essentielles à ma tranquillité sur le territoire français, j’ai entrepris avec une certaine avance (ce dont je ne suis pas peu fière) de renouveler ma carte de séjour. Oui, j’ai l’immense chance de n’avoir à faire cela que tous les 10 ans, mais quand ça se profile, ça me stresse bien assez tôt.

J’ai donc débarqué guillerette et pseudo-détendue à la mairie de ma ville la semaine dernière, munie de ma meilleure volonté et mon grand sourire, pour prendre la température, récupérer le dossier et m’armer de courage. J’étais déjà psychologiquement préparée, on m’avait dit au téléphone “venez sur place, on vous remettra le dossier, il y aura pas mal de papiers à faire”.
Oui, bon, comme d’hab quoi.

Première dame qui me reçoit, m’interroge, sort une double feuille, me fait signer 3 cases (déjà?? Mais rien n’est rempli?), photocopie ma carte de séjour actuelle, mon passeport flambant neuf. Elle hésite, feuillette ses bouquins, finit par se lever: “on va demander à ma collègue, je ne sais pas vraiment dans quelle catégorie vous inclure”.
Hinhin, si vous saviez ma pauvre dame…

Je suis docile, trouve une autre personne tout aussi sympathique (ça, pour le coup, ça change de certaines préfectures, rien à dire), qui sort d’autres bouquins épais, feuillette, revient en arrière, regarde mon passeport, fronce les sourcils. “Je ne sais pas trop, vous êtes européenne, je n’ai jamais vu une carte de séjour comme celle que vous me montrez”…(et moi in petto “ah oui, ça c’est un peplum à raconter, mais je ne vais sûrement pas vous expliquer comment j’ai obtenu ce sésame, sinon je crois que je grille mes chances de renouvellement de suite” )
J’arme donc mon sourire colgate: “ben je comprends, c’est compliqué, j’ai le temps allez-y”…J’étais déjà en retard au boulot de 10 minutes, je n’étais plus à ça près!

D’un coup, la lumière semble se faire: “ah mais attendez, oui, vous êtes européenne, il y a eu un nouveau décret récemment, voyons que je retrouve ça”…Je me crispe.
Et quelques pages plus loin:
“Ah ben oui, voilà, j’avais bonne mémoire, vous n’avez pas besoin de carte de séjour”
“….??!!??”
Euhh, alors là comment dire: non, ce n’est pas possible; je m’attendais à devoir longer la muraille de Chine, moi. Escalader les montagnes administratives. Souffrire dans la chaîne des démarches. Sceller tout cela d’un “ce n’est pas utile”, c’est louche, c’est impossible, c’est inimaginable! Pas comme ça, pas ici.
Elle voit bien que je ne suis pas convaincue, me lit le texte à haute voix, stipulant que tout ressortissant européen justifiant d’un titre d’identité en règle n’a plus besoin de demander une carte de séjour. C’est mon cas. Et donc le renouvellement devient caduque.
Pendant ce temps, moi je m’efforce de réfléchir à toutes les situations dans lesquelles on pourrait m’exiger une pièce française, et je ne vois pas.
Gentiment, elle me propose de me photocopier le papier qu’elle m’a lu, afin que je l’aie sur moi et puisse le présenter en cas de problème. Il n’a rien d’officiel, je ne ferai pas le poids avec, mais j’accepte, ça rassure.

C’est ainsi qu’après une bonne demi-heure d’échanges, hésitations, je me retrouve dehors. Soleil radieux, température printanière. Coeur léger: je n’y crois pas tout à fait, mais il semblerait bien que pour une fois, on m’épargne un sacré nombre d’ulcères potentiels. Verdict définitif en août, lorsque ma carte sera périmée, mais n’empêche…
Le pied!

L’art de l’étiquetage

En plus des araignées, je suis une phobique des étiquettes.
Déjà, je m’interroge sur l’intérêt des fabricants et commerçants de mettre des kilos d’étiquettes sur un seul vêtement. Peu importe sa taille, hein, sur un string de 5cm2, il y a autant de petits papiers qui dépassent que sur un manteau d’hiver, la taille de ces machins étant généralement inversement proportionnelle à celle de l’article acheté.

Depuis que je suis toute petite, je suis très sensible à tout ce qui peut gratter et chatouiller dans des vêtements. J’ai besoin de les oublier quand je les porte, dès que ça me sert un peu, ou glisse, ça me gêne, ça m’énerve. Et je vous assure, pourtant, j’ai fait des progrès.
C’est ainsi que j’ai banni très tôt de ma garde robe tous les collants (au grand dam de ma mère qui n’a jamais réussi à me faire porter de jupes ou de robes), tout ce qui était en laine, et jusqu’à tard tout ce qui était à col roulé, tout ce qui était souliers pas très confortables. Même si je mettais un nouveau pull qui ne touchait pas la peau, je devais virer toute étiquette potentiellement froufroutante, gênante, grattante, j’en passe et des meilleures. Oui, je sais, je suis une gaie luronne dans la vie.

Au-delà de la pub et la composition, certains des petits bouts de papier sont quand même utiles, et expliquent par exemple qu’il ne faut surtout pas repasser cet article (ce que je constate, donc, juste après avoir posé le fer à repasser dessus), ou alors qu’il vaut mieux laver à 30, conclusion que je tire par moi-même après que mon pull ait perdu la moitié de sa taille, et la totalité de sa couleur. Mais j’ai fini par piger ou avoir un peu de pif, et anticiper ce genre de souci.

L’autre jour, donc, sur un coup de tête, j’ai acheté une paire de jeans. Dans un grand magasin, à un prix défiant toute concurrence, et d’une qualité qui défie tout le reste aussi, mais passons, on ne peut pas tout avoir.
Rentrée chez moi, la première chose que j’ai faite, c’est de prendre ma paire de ciseaux et de rageusement débarasser ma trouvaille de toutes les guirlandes qui s’y accrochaient. En priant, comme chaque fois que j’opère de cette manière, pour ne pas trouer le tissu (c’est officiel, je ne serai jamais chirurgienne). Par le passé, j’ai d’ailleurs également sacrifié sur l’autel de ma phobie quelques petites pièces fort mignonnes et trop délicates, qui ont succombé à un dérapage incontrôlé de ma main maladroite. Et comme je ne suis pas conturière, il m’a fallu me résigner. Bref.

Toute heureuse donc, je vire mes étiquettes. Et le lendemain, je teste mon nouveau pantalon. Et me rends, accompagnée de mon cher et tendre, dans la fameuse grande surface, lieu de mon achat.
A peine passé le portillon d’entrée, ça bippe. Je me fige, regarde le vigile de l’air que j’ai forcément lorsque je suis prise en faute: paniquée mais “c’est pas moi m’sieur, je ne suis pas une voleuse”. Reviens à pas prudents vers lui.

-Vous avez des achats sur vous madame?
-Euh non…J’ai les mains vides, rien dans les poches.
-Rien de nouveau sur vous?
-Ben…si, les pantalons, qui viennent précisément de votre magasin
-Ah, vous avez dû oublier l’étiquette!
-Moi, oublier une étiquette? Alors là, vous ne me connaissez pas! (et derrière, mon amoureux qui approuve vigoureusement, l’air goguenard)
-Vous êtes sûre que vous avez tout enlevé?
-M’enfiiiiinnnn, je déteste tellement ça!!
-Même la grosse étiquette épaisse, ou alors qui représente une paire de ciseaux, où est inscrit en gros et gras “enlever avant de porter”?
-….m’enfinnnnnn….Vous en mettez tellement sur vos vêtements!
-Vous vous souvenez l’avoir coupée?
-……

C’est ainsi que je me suis retrouvée dans un couloir sombre, une paire de ciseaux à la main, à couper la seule étiquette qui m’avait échappée et qu’il ne fallait justement pas oublier.
Je vais devenir encore plus phobique et maniaque de ces choses, je vous le jure!

Celle que je serai peut-être pas

 Nous buvions tranquillement un capuccino dans cette grande brasserie connue, sur la place principale.

C’est son fils que j’ai remarqué en premier. Ce petit, 4 ans peut-être, à peine plus, qui est arrivé d’une démarche si assurée, qui a choisi la table, enlevé sa veste; il l’a précautionneusement posée sur le dossier, retiré son écharpe et mise à côté de lui, il s’est emparé de la carte, hissé sur la chaise, tranquillement, sagement.
Sa maman était derrière, elle poussait le landeau tout en parlant à un homme plus âgé, son père sans doute, le grand père du petit, je ne voyais pas vraiment qui d’autre, et puis j’étais sûre que c’était une sortie familiale.

Ils se sont installés en face du petit bonhomme, j’ai regardé leur manège, fascinée, la commande de 3 chocolats chauds, le garçonnet qui regardait les images de la carte, en laissant sa mère parler.
Elle, tout en continuant sa discussion, ne le perdait pas de vue, le couvait de ce regard de mère, je la trouvais charmante et lumineuse. Plusieurs fois elle s’est penchée vers son fils pour lui prodiguer des conseils que j’entendais de loin “remets ta veste sur ton dossier, ou donne-la moi plutôt, elle est en train de tomber”. “Tu devrais remonter tes manches, si tu as chaud, et pour éviter de te salir”. Je les devinais tout autant, et je sentais le ton de sa voix posé, sûr, assuré.
A un moment, je ne sais pourquoi ce geste m’a tant marqué, elle a lu la carte avec son enfant, elle lui a désigné quelques images, lui a expliqué ce que c’était, ils ont rigolé ensemble.

Les chocolats sont arrivés, ils ont demandé une paille pour le petit, j’ai admiré sa patience, et sa façon tranquille de faire: il a soufflé sur le liquide d’abord, ensuite avec la cuillère, il a essayé avec la paille, mais forcément il prenait au fond, là où c’est encore tellement chaud. A son âge, il me fallait 2 tasses, l’attention totale de ma mère qui me transférait la moité  de la mixture dans l’autre récipient, pour que cela refroidisse plus vite. Oui définitivement, j’étais une enfant bien exigeante.

Je les ai contemplés de longues minutes encore, et en me levant, en partant, j’ai jeté un oeil dans le landeau, ce tout petit aussi sage que son grand frère, petite fille ou garçon, je n’ai pas déterminé, tout comme je n’ai pas réussi à entendre les prénoms. Dommage, j’aime mettre des noms sur les visages qui sortent ainsi du quotidien.

Aujourd’hui, bien des jours après, je repense à eux. Je pense à cette mère, aimante et patiente, elle avait l’air d’avoir un bon caractère, décidée, volontaire, et pourtant si attentive et investie. Je me répète que je ne sais pas si un jour, je saurais être comme elle….

contemplative.jpg

En pleine contemplation, elle aussi….

Quelles résolutions?

Je ne suis pas très douée pour les voeux de la nouvelle année, et encore moins pour les bonnes résolutions. La preuve, c’est que je me dis que quand même, ce serait bien que je réinvestisse un peu mieux ces pages, mais comme premier billet de la nouvelle année, je cherche quelque chose de pas trop banal à raconter. Le résultat est que je n’écris pas, et qu’il n’y a qu’au moment où forcément je m’endors que je me mets à former dans ma petite caboche butée des phrases dignes d’un prix de littérature. Le lendemain, j’ai évidemment tout oublié: sujet et formulation.

Depuis 6 jours, donc, je suis un peu hésitante sur la conduite à tenir. J’ai commis l’irréparable erreur de souhaiter bonne année à un collègue le 31, qui m’a sèchement repris en m’expliquant que ça ne se souhaiter qu’une fois passé minuit. D’accord, d’accord, je ne voulais pas fâcher.
Le réveillon s’est fait en tête à tête, dans une bulle. C’était un peu pour marquer la date, surtout pour se retrouver, ça aurait pu se passer en milieu d’année. Oui, on s’est souhaité plein de belles choses pour les douze prochains mois à venir. Mais il m’importe de le faire tout au long de l’année, et de communiquer autrement qu’entre le 20 et le 30 de décembre pour savoir si tout va bien, ou s’il y a une barre à redresser.

Je souris et reçois les voeux avec plaisir depuis le 1er. Je fais même la bise à mon chef, mais c’est parce qu’il m’y a forcée, faut pas croire.
Je ne prendrai aucune bonne résolution, et qu’on ne me demande pas de les énumérer. Je sais que pour moi, c’est la meilleure manière de ne pas les tenir. Et puis j’ai envie de me fixer des buts, j’ai envie d’apprendre, avancer, mais faut-il l’intégrer obligatoirement dans les 365 jours à venir? Je cultive la remise en question perpétuelle, ça ne me paraît pas très cohérent.

Je lis avec admiration les décisions, envies qui fleurissent sur tous les blogs que je suis. Je me dis que c’est beau de mettre autant de symbole dans un changement de date. Je n’ai écrit aucune carte de voeux, je saisis des occasions pour formuler des souhaits mais je ne les provoque pas. Si certains en sont choqués, je m’en excuse sincèrement. Il n’y a ni volonté de blesser, ni d’ignorer, ni de marquer un message dans mon mutisme. Je me penche aussi sur un départ en fanfare de ce mois de Janvier, beaucoup de bouleversements, qui auront certes une issue positive, parce qu’on apprend à chaque nouvelle étape majeure, mais qui, sur le moment, demandent qu’on mobilise un peu d’énergie pour y faire face. Et relèguent certaines conventions à de l’un peu plus superficiel.

Voilà un beau billet pour ne rien dire. J’essayerai de mieux faire la prochaine fois, mais ça non plus, je ne le promets pas. Une résolution au sujet de ce blog, et je risque de le mener à la décadence définitive.

A tous, je vous souhaite quand même de la chaleur dans ces températures polaires, et surtout de la chaleur tout autour de vous.

Ailleurs

Ce soir (mais pourquoi diable le temps s’étire-t-il autant, lorsque l’impatience est là, pourquoi ai-je déjà l’impression d’avoir vécu 3 journées depuis ce matin?), je suis en week-end de 4 jours. Dans ma bulle, avec mon homme, à savourer des moments à 2, en tête à tête, un week-end habituel à rallonge, en rattrapage des vacances communes que nous peinons tant à avoir.
Alors autant dire que, même si je ne me mets aucun frein, je risque d’être un peu loin de ce blog.

Mardi, à 5 heures du matin, je me lèverai difficilement, m’arracherai à la torpeur qui m’aura sans aucun doute gagnée pendant ces 4 journées précédentes qui, elles, passeront à toute allure je le sais déjà, et j’irai attraper un avion, pour la seconde fois dans le mois, et qui m’emmènera jusqu’à la capitale. Second (et dernier, je le souhaite) volet d’une formation épuisante et dense. Cette fois, pas moyen de vraiment arranger l’emploi du temps et en prendre pour moi. Ou à peine. Cette fois aussi, je ne jouerai pas ma futée, et je prendrai un bagage cabine, donc pas de pc personnel. Et probablement des difficultés à blogger.

Ca tombe dans une période de pénurie d’inspiration, et je compte bien en revenir chargée d’histoires à vous raconter. En attendant, ne soyez pas surpris du silence qui s’instaure sur ces pages. Il sera sain et bénéfique, parce qu’une pause, un moment de réflexion, un véritable silence peuvent receler parfois bien plus de richesses que tant de bavardages.

Je vous souhaite à tous une excellente semaine!

Un peu voyeuse, un peu menteuse

Une petite chaîne tourne sur la blogosphère, que j’ai notamment retrouvée chez Chiboum et chez Valérie, mais également à bien d’autres endroits.
En gros, c’est même une double chaîne qui parfois regroupe le même sujet: le lieu de travail, et le “d’où tu blogges”?

Parce que oui, je l’avoue et le confesse dans ces pages (Grand Yaka, ne tombez surtout pas ici!), je blogge bien souvent au travail.
J’ai chez moi un ordinateur portable qui date à peu près de la guerre de 14 (limite, il faudrait que je pédale pour le faire marcher) et qui remplit ses bons et loyaux services tant que faire se peut (mais je commence à lui en demander un peu trop, là, il fatigue). Donc je n’ai pas de réel bureau, et j’avoue que pour l’instant, je ne suis pas franchement à l’aise à l’idée de photographier mon salon dans son ensemble.

Donc, je blogge au travail, ce que je suis d’ailleurs précisément en train de faire. Non, je n’ai pas honte (si un tout petit peu mais tant pis).
La difficulté majeure, puisque je suis en simili open space, était surtout de justifier auprès de mes collègues la raison de la présence de mon appareil photo pas du tout discret, et ma volonté aussi soudaine de mitrailler un lieu qui n’a franchement rien d’attrayant outre mesure.
C’est là qu’après avoir été voyeuse chez vous (j’adore voir les lieux des autres qui ont moins de peine que moi, semble-t-il, à les montrer), je deviens menteuse: argument tout trouvé pour répondre à la curiosité de mes collègues: “Miss Blondinette avait très envie de savoir où je travaillais, comme je ne peux pour l’instant pas l’amener, eh bien je lui fais des photos”.
Oui, là j’ai carrément honte.
M’enfin c’est passé. Et puis pour me rattraper, j’ai quand même montré ces photos à Miss Blondinette. Elle en a particulièrement aimé une, je vous laisse deviner laquelle.

Alors voilà, tadam, le bureau. Et parce que je ne suis pas (trop) égoïste, je vous ai également mis le bureau de mon collègue, à qui appartient la charmante petite figurine jaune sur laquelle j’ai fondu dès mon arrivée, mais qu’il n’a jamais voulu me prêter, pfff!

boulot2.jpg

Mes classeurs oranges de recouvrement (qui montent avec moi à Paris la semaine prochaine, mon sac sera lourd et ce ne sera pas pour des affaires de fille!)
Le standard que j’ai la grande responsabilité de tenir
Un pot de yaourt pour les stylos
Un sous main gribouillé et plein de tâches de thé
Un bureau en creux, ce qui fait que je ne suis jamais droite, ne cesse de me tourner dans tous les sens, et que mon mal de dos est très loin de s’améliorer! 

Qui OSE dire qu’il y a plus de bazard sur mon bureau que sur celui de mon collègue??? Eh bien vous avez raison!
Et oui, malgré la lueur du flash, c’est bien un splendide patio vert que vous devinez derrière la baie vitrée. Je lui tourne le dos toute la journée (ceci pour avoir vue à l’extérieur, il y a pire quand même, pensées pour toi Chiboum), mais c’est quand même un délice à voir. Et d’entendre la petite fontaine quand on sort, et qu’on va aux toilettes…comment dire…ça encourage!

Ce que je n’ai pas encore eu le temps de faire (et autres)

Au risque d’être lassante avec mes notes décousues et en forme de liste, je m’y remets néanmoins. Pour tout vous avouer, cela fait depuis le début de la semaine que je réfléchissais à un billet sur “vivre à 2″. Mais j’ignore pourquoi, il m’échappe, à chaque fois que je voulais m’y mettre, les mots me manquent, je digresse, je passe à autre chose; c’est généralement mauvais signe pour moi, preuve que ce que je veux écrire n’a pas encore de sens, et ne s’est pas formé dans ma tête. Je vais laisser mûrir, pour peut-être vous offrir une note un peu mieux construite et claire…ou pas.

Ca fait une semaine, aussi, que je voulais mettre des photos sur ces pages. Maintenant que j’ai quelque peu dompté les bases du logiciel officiel du site de recherche que je ne nommerai pas, j’ai réalisé, grâce à Lili qui m’a coachée dans ces premiers pas et un téléchargement compliqué, un ou deux montages qui sont fort sympathiques. Mais un peu répétitifs par rapport à ce que j’avais déjà mis, alors il faudrait que je prenne le temps de vous en faire un autre. Sauf que voilà, pour l’instant ça reste au stade du projet.

Toujours dans le domaine photo, pour répondre à Valérie, et à Chiboum, je voulais également, quand même, prendre le risque de photographier mon bureau. J’ai un appareil qui n’est pas précisément léger et discret, et surtout plein de collègues qui pourraient être (trop) curieux autour de moi, il va falloir le jouer serré. Mais ça, ça reste dans les projets qui seront réalisés, je m’y engage (je n’ose quand même pas trop trop promettre).

Ca fait 4 personnes en moins d’une semaine qui me voient et s’écrient en préambule “tu as l’air vraiment fatiguée”. Ok. Au-delà du cri du coeur pas forcément des plus agréables à entendre (partant d’un bon sentiment, je le sais, mais je préfèrerais nettement qu’on s’exclame “tu as maigri”, sauf que d’accord, c’est loin d’être vrai), ça me pose un double problème: comment combattre cette fatigue sans avoir de vacances proches, voire même 2 semaines plutôt chargées à venir, et en ayant pourtant résolu le principal souci, à savoir des nuits hachées. Je continue néanmoins à me réveiller. Ma qualité de sommeil ne doit pas être bonne, même si je fais tout pour. Et non, je n’arrive pas à me coucher plus tôt que ce que je ne fais déjà, ou alors je plonge en déprime de n’avoir rien le temps de faire le soir, surtout maintenant que cela peut être partagé….

Mon 2ème cours hier a été aussi enthousiasmant que le premier. Je réalise avec stupeur, satisfaction, et une pointe d’incrédulité (du genre “ça ne peut pas durer, c’est trop beau”) que je mémorise très facilement les protocoles. Moi qui craignais le contraire, finalement j’en fais vite abstraction. Pour pouvoir me plonger pleinement dans la finalité du geste: soulager et faire du bien. Et je me fais du bien à moi aussi, par la même occasion. Par contre je ne me fais pas d’illusion, il faut que je prenne le temps de réviser l’anatomie, et quand il y aura plus d’un protocole à retenir, ça risque d’être un peu plus coton. Il va falloir trouver du temps pour revoir tout ça (théorie et pratique!) à la maison….

J’ai appris à mon grand dam que cette formation allait nous muscler les bras, les épaules et les mains, en version nageur-nageuse. Euh, ça ne va pas là, ce n’est pas à cet endroit que j’aurais besoin de prendre du muscle, moi! Et puis il paraît que la pratique du piano va devenir compliquée. Ahem, je ne l’ai pas lu dans le contrat, même en tout petits caractères….Cela dit, je n’ai rien à rétorquer. Déjà, il faudrait que je me remette un peu plus sérieusement au piano que ce que je fais (ne fais pas….) jusqu’à maintenant….

La prochaine note sera construite ou ne sera pas….

Contemplation automnale

Encore une journée à rallonge qui s’achève.
Retour dans des conditions climatiques proches de la folie. Un ciel noir de plomb dans une nuit encore plus sombre qu’un pot d’encre. Des éclairs qui zèbrent le ciel, donnant une couleur rose orangée au travers de torrents de pluie. Eblouissements au travers du pare brise.

J’ai dormi tout le temps de l’aller. Epuisée par une soirée délicieuse mais tardive hier. Epuisée par un rythme trop soutenu ces temps, et que ma toute petite condition physique ne parvient pas à endurer.
Au retour, j’essaye de profiter un minimum du paysage. Je ne prends pas souvent cette route. Je connais mal encore cette région, et je le regrette.
Au fil des tours de roue, je constate que l’automne s’insinue timidement. Les couleurs se réchauffent. Déclinaisons de jaunes, or, ocres. La terre et les vignes épousent ces nuances avec une grâce qui leur est particulière. J’aurais envie de m’arrêter, humer l’air rempli déjà de pluie, chaleur trop élevée, ciel contrasté et chargé. La lumière du soleil couchant porte une menace et une poésie spécifiques aux mois automnaux. Les pieds tout juste vendangés sont encore somptueux. Ca et là, les arbres élèvent leurs dernières feuilles vertes, presque fluo, comme par provocation.

Quelque chose résonne en moi lorsque je contemple ce dégradé coloré. Je me promets de revenir très vite. Je l’espère. Et puis doucement mes yeux se ferment, à nouveau, je suis bercée par le roulement, par la beauté du paysage…

Deep Blue

Lorsque j’ai été interpellée-taggée par Poufpouf et Lili concernant un petit défi photo que je voyais tourner depuis quelques temps sur la blogosphère, et qui nous demandait de révéler ”7 objets bleus autour de nous”, je me suis dit “voilà la galère”.
En gros, ça signifiait déjà techniquement récupérer l’appareil, faire des photos potables, les charger, un petit montage, et puis surtout, avoir un minimum d’inspiration. Une épopée en ce qui me concernait.

Et puis il faut aussi le savoir, le Bleu et moi, c’est un peu une histoire “je t’aime - je t’aime plus”. J’ai été une “blue addict” très jeune. En opposition à toutes les couleurs féminines, j’ai préféré de très loin cette couleur subtile qui me rappelait la mer trop lointaine, la couleur de mon lac, le ciel que je pouvais observer à l’envi…Je n’avais aucune espèce d’originalité, mais c’était l’attraction folle, et ma mère a dû l’endurer. Tout objet, toute demande était bleue: la couleur de ma chambre, mes habits, mes objets.
J’ai insisté très longtemps. Et fini par me lasser.
Sans adopter une autre couleur de référence pour autant. Mais le bleu devenait trop banal, trop classique, même si je n’osais pas me lancer dans une vraie campagne de “couleurs chatoyantes”.

Lorsque j’ai emménagé seule, j’ai essayé d’être originale. La nuance m’a bien rattrapée à deux ou trois coins de l’appartement, mais par petites touches, j’acceptais. Ca m’allait.

On s’est installés en commun avec mon cher et tendre, et en plus de nos vies, on a regroupé nos meubles. Ce n’est pas l’envie qui nous manque de nous acheter de ravissantes choses pour en faire un ensemble cohérent, mais plutôt le budget. Lui n’est clairement pas très bleu. Je ne le suis toujours plus.
Alors hier, au moment où j’ai reçu le défi, je me suis demandé comment j’allais m’en sortir. Par contre je suis forcée d’admettre que Poufpouf a eu raison: “tu verras, on se prend au jeu”. Tellement bien à vrai dire, que j’ai fini par rentrer le soir avec une petite liste très claire des objets que je voulais photographier. Sisi. De l’Himalaya, 7 ne devenait presque pas assez.

Le résultat, le voilà, avec mes excuses pour une mise en page franchement pas très recherchée:

trucs-bleus.jpg

Une barrette et un collier bleu. La barrette parce que je cherche toujours le St Graal pour attacher mes cheveux, et qu’à chaque fois, c’est la déception. Celle-ci n’est toujours pas LA bonne, mais je la trouve jolie, même si je ne la mets pas assez.
Un collier qui m’a été ramené par ma marraine de l’un de ses nombreux voyages: Cambodge, Birmanie, je ne me souviens plus. Mais il fait toujours réagir (et la plupart du temps positivement, heureusement) quand je le porte.

Les carreaux de la salle de bain. Eh oui, nous ne sommes pas propriétaires, et l’originalité n’est pas de mise dans notre appartement. La salle de bain est bleue, globalement. Si ça ne tenait qu’à nous, elle serait de bois et style oriental. Pour notre chez nous futur!

Parce que mon quotidien c’est aussi le boulot, j’ai réalisé que les notes de bleues me suivaient jusque là: l’agrapheuse, le rouleau de scotch. Je me dédouane en claironnant que ce n’est pas moi qui ai choisi cette couleur! Et à côté, le petit classeur, que j’avais acheté il y a fort longtemps, et dans lequel je mets tout ce que je ne sais où ranger dans mon sac: ordonnances, cartes de visite, tickets resto. Agrémenté par mes soins et dans un souci dingue de décoration d’une vignette de pingouin qui a fait craquer Miss Blondinette (mais j’ai perdu les autres, pfff).

J’ai piqué son idée à Lili, et lui en offre donc le copyright: le seul tableau bleu de notre intérieur. Peint par mon père, en cadeau de Noël 2007, sur commande de ma part. C’est la vue depuis la maison de mon oncle en Tunisie. Une vision de rêve qui berce encore mes souvenirs d’enfance.

Et puis bien sûr, c’était impossible de ne pas la placer au centre: la moto de mon cher et tendre. Partenaire de toutes nos balades, nos découvertes, nos virées. Compagne de nos envies, complice de nos projets. Elle n’aurait pas dû rester de cette couleur, mais ce n’est pas grave. Juste pour la mettre au centre de ce petit tableau de mon quotidien, elle méritait de l’être.

Voilà, j’ai fait du zèle. Il y a 8 objets et non pas 7, mais aucun que j’avais envie d’enlever, ce sont des bouts de moi, un peu de mon histoire, et finalement oui, c’était plutôt rigolo.

Je crois que beaucoup ont déjà répondu à ce petit défi. N’empêche, pour ne pas briser la boucle, à moi de le passer à 3 personnes choisies: Chiboum, parce que ce sera peut-être l’occasion pour elle de sortir des photos de vacances, ou alors de contrer le rose de Cro-Mignonne. Zelda, parce que je sais qu’elle me lit, en silence, et que j’aimerais bien la revoir dans ses lieux à elle. Et enfin Leeloolène, qui a sûrement bien des choses en bleu à nous montrer, notamment depuis qu’elle a acheté son macro!
Si l’envie vous en dit, bien sûr!

Joyeux bazar

D’aussi loin que je me souvienne, mon bureau a toujours été jonché de papiers divers et variés. J’arrivais à garder un semblant d’ordre dans ma chambre (excepté les habits, cheval de bataille récurrent de ma mère), mais le bureau, c’était mon domaine, et dans mon domaine s’épanouissait le bazar.
Lorsque je faisais mes devoirs, j’arrivais toujours à trouver un petit coin disponible, que je m’empressais de recouvrir encore de feuilles, cahiers, stylos et autres accessoires nécessaires; je passais autant de temps à chercher mon compas qu’à réaliser mon exercice de maths, mais la fée des objets perdus veillait sur moi, et même si je fouillais, je finissais systématiquement par remettre la main dessus.
Une fois par mois à peu près, je prenais l’excellente résolution de tout ranger: je triais, passais une paire d’heures à remettre chaque chose à sa place, et ça durait en tout et pour tout 24h, malgré les promesses répétées que je me faisais de garder mon petit coin nickel.
Il n’était pas plus envisageable pour moi de squatter, comme certains de mes camarades, la table du salon ou de la cuisine: mes parents étaient intransigeants à ce sujet, ils avaient tout mis en place pour que nous ayons un grand bureau adéquat pour notre travail, à nous de nous débrouiller pour l’utiliser en conséquence. Quant au sol de ma chambre, j’ai testé une fois, me suis relevée avec un tel mal de dos que j’ai capitulé tout aussi vite.

Pire, cette mauvaise habitude ne m’est pas passée. Je n’ai pas de bureau personnel chez moi, j’évite donc un maximum de papiers qui traînent, et mon homme remplit à lui tout seul le quota autorisé dans un 65m2.
Mais je me rattrape allègrement au bureau, me permettant ainsi d’incarner une forme de paradoxe absolu: nous sommes 2 à gérer l’administration d’une agence d’une vingtaine de personnes. Ce qui implique un nombre certain de documents officiels en tous genres, factures, contrats et autres dossiers passablement importants et nécessitant de la rigueur. Mon collègue ne déroge pour cela pas à la tradition de sa fonction: petits tas impeccables, bien rangés, il est si maniaque qu’il n’ aura jamais plus de 3 feuilles posées en même temps devant ses yeux. Si le nombre augmente, c’est que des collègues peu scrupuleux lui seront tous tombés dessus en même temps, lui déposant chacun leurs propres documents sans penser à sa gestion des priorités. Il ne se laissera pas démonter pour autant, rangera précautionneusement chaque nouveauté dans la chemise adéquate, et reprendra son petit bonhomme de chemin à son rythme.

A moins de 2 mètres de lui, je suis un cataclysme à faire désespérer toute personne bien intentionnée. Je ne peux commencer à bosser que lorsque j’ai vidé ma chemise “dossiers en attente”, si épaisse que je dois la re-consulter chaque matin pour me souvenir de ce que j’ai à traiter. J’ouvre 3 classeurs, 2 dossiers, je perds 5 fois mon stylo, peste parce que j’ai mal rangé mon stabilo, il faut que ma tasse de thé à moitié terminée traîne au milieu de mon bordel organisé et que je manque de renverser mon verre d’eau à chaque coup de poignet, que je dégage tous les papiers qui ont investis mon ordinateur comme mûs par une vie propre pour que je puisse commencer à vaguement peut-être envisager d’être opérationnelle…
Chaque jour, en milieu de matinée ou d’après-midi, je contemple le champ de bataille d’un air désespéré. Je range ici et là un peu, ressors tout et recommence. Je serais sans aucun doute bien plus efficace si j’étais plus structurée, mais si ça remonte aussi loin, c’est que je suis fort probablement un cas désespéré, et à vrai dire, je fais assez peu d’efforts dans le sens de l’améliration, je l’avoue.

Alors quand je lis à droite ou à gauche que le propre d’une bonne assistante c’est d’être soignée, rigoureuse et rangée… Si je suis pessimiste, je me dis qu’il n’y a qu’à regarder mon bureau pour constater à quel point je ne suis pas faite pour ce poste; et dans mes périodes d’optimisme, je me dis qu’il faut bien une exception à toute règle, et que je l’incarne de facto!