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Archive de la catégorie Petits riens

Les 7 révélations

Taggé par M’dame Chiboum, qui cherche désespérément un moyen de me faire revenir ici, ce dont je lui suis reconnaissante, je dois révéler 7 choses que vous ignorez de moi.
Ca fait des jours que je tourne ça dans ma tête, d’abord parce que j’ignore totalement ce que j’ai pu écrire comme confidences / inepties dans ce blog fort peu entretenu mais vivotant depuis quelques années quand même (bientôt 4, et si je ramène ça au ratio du nombre de billets, c’est pitoyable), alors je vais essayer d’innover un minimum, en m’excusant d’avance de choses que vous pourriez déjà savoir.

1/ Je ne supporte pas le mensonge. C’est une réaction instinctive chez moi, je suis toujours persuadée que si je mens, tout le monde le verra sur mon visage et que je dois être atteinte du syndrome Pinocchio.
Or, une fois dans ma vie, j’ai menti éhontément, et 11 ans plus tard, je le confesse pour la première fois: l’avant veille de mon mariage, alors que mon futur beau-père m’avait prêté son énorme Espace pour aller faire une course au centre du village, je me suis garée, et dans la manoeuvre, j’ai gratté tout le flanc avant gauche (sur une autre voiture, en plus!). Paniquée, je n’ai osé ni laisser de message à la voiture d’à côté (qui heureusement n’a pas bougé le temps que je revienne, donc n’a jamais su qui lui avait fait ça), mais pire, j’ai dit à mon beau père que c’était quelqu’un d’autre qui me l’avait fait, et que je n’avais jamais pu voir qui sur le parking. Je ne sais pas pour quelle raison j’ai paniqué au point de croire que ça provoquerait un scandale, alors qu’il m’appréciait, mais voilà. J’en ai des remords aujourd’hui encore, même si sur le fond, il n’y a pas eu de souci de son côté pour se faire rembourser.
Se marier avec un tel mensonge sur la conscience, ça laissait bien augurer du reste de l’histoire, et ça n’a pas manqué…(non je n’ai aucune foi dans le karma et le fait de payer pour mes pêchés, mais parfois, je me dis que certains signes ne trompent pas…)

2/ De la même manière, le jour où mon ex m’a demandée en mariage, dans ce petit bouiboui chinois pas mauvais, et dans une forme de blague et de défi du genre “chiche”, j’ai entendu dans ma tête un énorme NON me hurler dessus. Je ne m’appelle pas Jeanne d’Arc, je vous assure, mais là, c’était très clair. Je me souviens aussi avoir dégluti, réfléchi un quart de seconde, et dit oui. Parce que j’étais jeune, gamine, innocente, parce que j’étais amoureuse, parce que je vous mets au défi de dire non à une proposition de mariage, même si ça n’a jamais été ni mon fantasme, ni mon idéal, mais quand même…parce qu’à ce moment-là déjà, je n’écoutais pas ce genre de petite voix, et je ne regardais pas tous les signes. Ce fut l’une des plus magistrales erreurs de ma vie, et il m’a fallu 7 ans ensuite pour apprendre que la voix qui se manifestait parfois dans ma tête, j’avais généralement intérêt à la prendre en compte, sinon le retour de bâton était assez douloureux…

3/ En mode girly, si j’avais une seule chose à changer chez moi (et pourtant il y en aurait des tonnes), ce serait mes cheveux. Merci à la génétique et l’hérédité, j’ai eu mes premiers cheveux blancs à 18 ans et aujourd’hui, oui je le révèle, si je ne me colorais pas régulièrement les cheveux, je serais aussi blanche qu’une mamie de 70 ans. Et j’avoue, je ne l’assume pas du tout, je ne suis pas capable d’accepter ces racines qui apparaissent beaucoup trop vite, et mon budget m’interdisant un coiffeur mensuel, je cache ça avec des colorations maison qui m’offrent un répit assez peu satisfaisant mais mieux que rien.
Du coup, mon désespoir est non seulement d’avoir perdu une qualité de cheveux soyeuse et douce, mais surtout une couleur d’origine dans les châtains auburn qui me plaisait particulièrement et que je n’ai jamais réussi à retrouver. Je sais, c’est un drame absolu…

4/ L’une des plus grandes fiertés, que j’ai eue, c’est d’avoir passé mon permis moto. Après un nombre d’heures de cours totalement éhonté et des angoisses dignes des plus grands stress que j’ai pu ressentir dans ma vie. Et du premier coup (il m’a fallu 2 tentatives pour la voiture), alors que même mon professeur m’a avoué qu’il n’y croyait pas lui-même.
L’une des plus grandes tristesses actuelles, c’est que je m’étais juré de ne pas passer ce permis moto pour ne jamais en faire, et que ça fait bientôt 7 ans que je n’ai plus touché un guidon en tant que pilote. Et forcément, plus le temps passe, moins j’ai confiance en moi. Il est évident pour moi qu’un jour je m’y remettrai, mais il est tout aussi évident que le jour où je me déciderai, je reprendrai quelques cours pour me remettre en confiance..

5/ Dans la même veine, j’ai eu mon permis bateau côtier en le passant sur la Marne. Et même si ça n’a pas été une aussi grande source de stress que la moto, ce n’était quand même pas aisé. Aujourd’hui encore, je me demande au nom de quoi l’examinateur m’a donné ce permis alors que pour la manoeuvre de l’homme à la mer, que je maîtrisais pourtant bien en exercices, j’ai consciencieusement écrasé mon noyé qui n’attendait qu’une bouée de ma part, et qui a vu une étrave lui foncer dessus. Vous me direz que la Marne étant plus étroite que la mer, la manoeuvre était moins facile, et je vous répondrai que vous êtes bien compatissants avec moi!

6/ Je n’ai pas la nationalité française, et je ne pense pas la demander. Comme je l’ai déjà écrit ici je crois, ça m’obligerait à renoncer à ma nationalité italienne, si j’ai tout bien compris. Ca reste peut-être à confirmer.
Par contre, je vote en Suisse et en Italie, par correspondance, et selon mes droit d’expatriée. Et j’y tiens. Pour la première, parce que ça me permet d’apporter ma contribution à endiguer tant bien que mal la montée de l’ultra nationalisme, pour ce que ça vaut et à défaut de le faire dans mon pays d’adoption. Pour la seconde, parce que ça me permet de aider à virer le gros tyran incapable qui a été élu à sa tête par je ne sais quelle folle entourloupe.
Cela dit, à certaines périodes et lorsque je suis à ce point consternée par tout ce que j’entends à la radio, je me dis qu’accepter une troisième nationalité serait bien aussi, histoire de simplement faire barrage avec mes petits moyens. Mais pas aux frais des 2 autres!

7/ Pour différentes raisons, certaines évoquées ici et d’autres non et qui peuvent provoquer mon silence, le début de l’année 2011 a quand même été en version montagnes russes. D’immenses bonheurs et de tout aussi grandes tristesses. Je n’ai pas pour habitude de raisonner en terme d’années, à vrai dire, mais là au solstice d’été, ça me marque suffisamment pour que je le mentionne.
L’un des derniers rebondissements en date a été le limogeage de mon boss, que je peux désormais ajouter sans aucune fierté à mon CV. Ce fut l’un des moments humainement les plus difficiles à vivre, mais c’est fait. Sans fierté, sans gloire, mais avec le sentiment que ce qui était nécessaire s’est réalisé.
Et pour rester donc sur l’idée d’une année civile, j’aimerais bien me dire que j’ai mangé le pain noir, et qu’il ne reste que le meilleur à venir….

Ce tag a tellement tourné et retourné dans la blogosphère que je ne désignerai personne pour la succession, mais c’est du libre service bien entendu!

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Tête d’un voisin du dessous, à moustaches curieux, qui réalise qu’il y a un autre univers que son appartement, ses maîtres et sa terrasse. Et qui semble se demander comment il pourrait nous rejoindre histoire de tester quelques câlins ou, sans doute, d’autres saveurs de gamelles. J’ai toujours très peur qu’il se lance et se casse la figure, il y a quand même joyeusement une dizaine de mètres sous ses pattes (et bien plus entre lui et nous…)

16 & 17 Décembre

16 Décembre: tissus…

Quand j’étais gamine, il y avait deux choses que ma mère essayait désespérément de me faire accepter et que je refusais de toutes mes forces: j’ai nommé les pulls en laine, et les collants.
Le pull en laine, on pouvait toujours me l’enfiler par-dessus 3 couches de sous pull en coton, je décrétais illico que ça grattait, et je le retirais. Pas moyen d’aucune façon, de supporter ça sur moi. Le moindre petit centimètre carré de peau susceptible d’être en contact avec la matière irritante me faisait m’arracher le vêtement, et psychologiquement, j’avais l’impression qu’on me le faisait porter sur la peau nue.
Les collants, c’était un peu la même chose. Avoir les jambes serrées, coincées, me donnait l’impression d’étouffer. Et puis ça “faisait froid”. Ma mère a tout essayé, des collants classiques féminins à ceux de petites filles, qui eux ressemblaient trop à la laine et “grattaient”. Oui, j’étais un peu désespérante comme gamine, je vous l’accorde.

Deux trouvailles m’ont donc tardivement sauvé la vie: les pulls en maille polaire, et les leggings. Du jour au lendemain, je devenais chaudement et douillettement habillée, et je supportais de mettre des collants en coton, quasi aussi épais que des petits pantalons, qui finalement devenaient même à la mode sous des jupes (mais bon, les jupes et les robes c’était encore une autre histoire…)

J’ai toujours privilégié le confort à l’allure. A tort sans doute, mais même aujourd’hui, quand je suis élégamment habillée, si ce n’est pas le top confort, je pousse un énorme soupir de soulagement quand je peux enfin me changer et me mettre en habits d’intérieur. J’admire ces femmes qui supportent leur tailleur quotidien, qui préfèrent les chemises aux pulls, les jupes aux pantalons. Moi, mon idéal, ça reste le jean, chaussures confortables et souples, et pull tout doux.
Alors mes tissus à moi, ça va forcément être du coton plutôt que du synthétique qui gratte, du polaire plutôt que de la laine, du souple plutôt que du rigide…Et pourtant je vous assure, je fais des efforts!

17 Décembre: un pli…

Plis sur les vêtements, repassage vite fait que je viens de terminer, pli des vêtements que je mets dans le sac, préparation du voyage, départ demain, enfin les vacances…
Pli à mettre à la poste avant de partir, il trônait fièrement sur le buffet depuis quelques jours, et forcément, on est retard, on n’y a pas pensé.
Pli que je devrais, ou pas, recevoir à mon retour de vacances et qui va, que je le reçoive ou non, changer ma vie malgré tout…
Plis sur ma peau, creux et rides, là où je ne le veux pas, je suis à nouveau mécontente de la silhouette que je me renvoie mon miroir…
Plis de soucis: trop de pensées me tournent dans l’esprit, le petit vélo peine à s’arrêter, ça va de “qu’ai-je pu oublier dans mon sac” à “comment va être ma vie dans 2 mois”, et tous les intermédiaires….

Pas qu’un, donc, mais de nombreux plis dans ma vie actuelle…

30 Novembre & 1er Décembre

30 Novembre: le prix à payer

Je suis dans les chiffres toute la journée. Oui, je sais que ça va en faire rire plus d’un ici, moi la littéraire qui déteste les maths, moi qui me crispe dès que je dois faire plus qu’une addition ou une soustraction, je n’ai jamais autant bossé dans les factures et les nombres que ces temps.
Restons modérés, je ne suis ni comptable ni contrôleuse de gestion, ou alors l’état actuel de ma boîte s’expliquerait bien plus facilement. Et de toute l’agence, je suis la “nana qui sait écrire”, ce qui donne régulièrement dans la journée des “Floh, “merci de bien vouloir nous retourner” avec -er ou -é ou -s”? - “Floh, tu voudrais bien venir me relire mon mail et me dire s’il est clair s’il te plaît”?
Et là, je chausse mes lunettes virtuelles, je m’arme de ma souris et de mon sourire, et je les aide à reformuler, et à corriger les fautes.

N’empêche, je baigne dans les prix. Du matériel et des prestations que nous vendons et que je dois appliquer, des règlements, des bilans, et particulièrement en cette période où le moindre centime ne se dépense plus comme on le voulait (chut, ça ne veut pas dire que c’était tout à fait le cas avant non plus), je vis dans une version améliorée et bien moins funky du juste prix.

Et de façon moins humoristique, le prix à payer, c’est aussi celui de chacun d’entre nous, travaillant pour l’entreprise, qui devons nous en acquitter pour des erreurs de dirigeants mégalos. Et là par contre, l’addition est salée, et vraiment douloureuse…

1er Décembre: en retard

Plus jeune, je portais une montre, et ma vie était rythmée par des horaires précis. Ceux des bus et trams que je récupérais pour aller à la Fac, ceux de mes horaires de cours, et de mes différents jobs; j’étais rarement en retard et j’avais une forme de crispation dès qu’il fallait attendre une dizaine de minutes. Je n’envisageais même pas de pouvoir vivre sans montre à mon poignet.

Et puis peu à peu, je me suis relâchée. J’ai appris que le temps n’était pas si facile à dompter. J’ai vécu à Paris, connu les galères des transports, et même si mon trajet était minuté en fonction de mon travail, j’avais de moins en moins de prise dessus, et je suis devenue fataliste. J’ai lâché les terreurs de mon père qui ne supporte pas l’idée de manquer un train ou un avion, j’ai couru sur beaucoup de quais et j’ai réalisé que j’étais toujours en vie. J’ai arrêté de porter une montre.

Aujourd’hui, chaque matin, j’arrive avec un bon quart d’heure de retard au travail. Que je pourrais éviter, mais cela nécessiterait que je me lève encore plus tôt, et parte encore plus vite. C’est un effort que je n’ai pas envie de faire, parce que je considère que les bouchons sont des impondérables, qu’ils m’arrangent pour gratter quelques minutes à écouter les infos et me réveiller pleinement, et que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Je récupère ces minutes autrement, et j’aime cet espace de liberté pas tout à fait autorisée que je m’octroie.
Je continue à être ponctuelle pour ce qui me tient à coeur, je continue à apprécier qu’on me prévienne de tout retard, parce que c’est une forme de respect, mais j’ai assimilé le quart d’heure….vaudois, normand, gascon, montpellierain, toulousain, ou quel que soit son nom, puisque tout le monde veut se l’attribuer.

Ce matin, parce que magiquement j’ai mis moins de temps à me préparer et que j’ai pu partir bien plus tôt, je suis arrivée pile à l’heure, et j’ai trouvé ça beaucoup moins drôle. Et la matinée m’a paru très longue, rallongée de ces 15 précieuses minutes…

27, 28 & 29 Novembre

27 Novembre: armé comme du béton…

Plus jeune, j’avais une carapace. Créée j’ignore comment, parce que j’ai eu une enfance plutôt idyllique, un cocon familial stable et plaisant, et un univers où tout m’était offert.
J’ai passé l’adolescence sans réelle révolte, mais dans un enfermement progressif, sur moi-même et par rapport aux autres. J’ai toujours su être présente en société, mais je me forgeais inconsciemment cette carapace bétonnée, remplie de peurs, d’angoisses, de doutes et de terreurs. Un peu comme si, en m’enfermant, je les clôturais avec moi, et ne pouvais plus m’en débarrasser.

Cette armure s’est fendillée à la fac, grâce à des amis qui ont eu la patience de me prouver que la vie au-dehors n’était pas si terrible que ça. Et surtout que j’avais, paradoxalement, les armes pour m’y frotter.
J’ai vécu l’insouciance d’un agréable quotidien de très jeune adulte, ou adolescente tardive, grâce à ce nouvel univers, à la fois ouvert mais également protégé et sécurisé, où j’avais posé mes repères, les cours, les profs, les lieux, ma ville que je commençais enfin à connaître.

J’ai fini par m’exposer passé la vingtaine, en envoyant tout voler d’un coup. Le cocon parental, mon pays, je suis partie brusquement, sans prévenir personne de mes intentions à long terme qui étaient pourtant déjà claires dans mon esprit. Enfin quelqu’un avait réussi à percer mon armure, j’y ai laissé des plumes et ô combien, mais fort heureusement, jamais je n’ai remis en question cette mise à nu, cette prise de risques.

Depuis plusieurs années, au travers de tout ce que je traverse et tous les changements, bouleversements que j’ai vécus, j’ai appris à laisser le béton s’effriter. J’ai compris que ce qui ne tue pas rend plus fort, et que ce n’était pas en me fermant aux autres que j’y parviendrais, mais en acceptant ce que cela provoquait en moi, et en le soignant….

 28 Novembre: détails du plafond…

Depuis quelques semaines, je scrute chaque recoin des pièces que je traverse à la recherche des araignées sournoises qui pourraient s’être planquées chez moi, même si nous habitons en appartement, en ville, au 3ème étage. Entre elles et moi, c’est une guerre dans laquelle je ne combats pas, puisque lorsque j’en déniche une, j’émets un râle, me réfugie dans le couloir et appelle mon homme au secours pour qu’il m’en débarrasse.
La dernière en date a été particulièrement douée, elle a dû comprendre qu’elle n’aurait pas sa chance au plafond. Elle s’est donc plantée dans la salle de bain, sur le mur, droit en face de moi dans la douche. Et pourtant, j’ai mis un bon moment avant de l’apercevoir. Je m’étonne encore de ne pas avoir provoqué une catastrophe en série (du type glissade, lâchage de savon, agrippage de rideau et inondation de la pièce). J’ai hurlé, la cavalerie a débarqué affolé, et je me suis défendue par un “elle est vraiment très grosse et pas belle du tout”. Et j’avais raison, d’abord!

Je ne suis pour autant pas assez assidue à virer toutes les petites toiles qui traînent dans les recoins inaccessibles. Du moment que leur habitante ne les occupe pas (ou qu’elle est assez intelligente pour se planquer en mon absence, au choix), je laisse aller, ou j’attends d’être prise d’une frénésie de ménage, ce qui arrive à peu près tous les 30 février, pour me mettre à passer l’aspirateur à l’envers. On marche sur la tête.

Bon, et sinon chez nous, il n’y a ni dorure, ni peinture, ni tapisserie au plafond (véridique, je l’ai vu). C’est bêtement blanc, un peu sale et parfois crépis. Il ne faut pas exagérer non plus, ce n’est pas chez nous autrement qu’en location, et nous n’avons pas collé de petites étoiles qui brillent dans le noir…

29 Novembre: rues…

Il y a celle en bas de chez moi. Bordée de platanes, et si somptueuse en automne. Dans laquelle je guette le printemps, les premiers bourgeons, les premières fleurs. J’aime ce tunnel vert, ou rouge flamboyant selon la saison, qui m’amène jusqu’à mon cocon, notre chez nous.
Il y a celles du boulot. Zone industrielle, béton et froideur. Mon seul bonheur, c’est de découvrir le ciel qui s’embrase, au matin ou le soir, dans les vitres des bâtiments. D’un coup, flash dans l’oeil et chercher d’où vient cette lumière si soudaine. Dégradés de roses, rouges, oranges, flammes qui amènent de la couleur dans le gris. Du baume au coeur pour aller travailler, ou parce que la journée est finie.

Rues que je traverse dans mes trajets quotidiens. Des chauffards à n’en plus finir, que ce soit en rocade ou le long du fleuve, raccourci qui n’en est plus un. Ruelles de ma ville, briques rouges et petites impasses, au détour d’un bâtiment s’ouvre une porte cochère et derrière, j’ai juste le temps d’admirer les cours intérieures des fabuleux hôtels privés qui se nichent ça et là et ne se laissent dévoiler dans leur pudeur que par hasard.

A pied, je fuis les boulevards et cherche l’intimité, loin de la foule et du bruit. En voiture, je vais au plus direct, et j’essaye de guetter, même derrière le volant, les moments magiques qui se présentent à moi dans n’importe quelles circonstances…

25 & 26 Novembre

25 Novembre: tête pleine de…

Tête pleine d’images. J’aime ce qui m’arrive devant les yeux lorsque je lis des récits, écoute les gens parler. J’aime me faire mon petit théâtre individuel, ma séance de cinéma perso. J’ai l’esprit toujours rempli d’instantanés, j’ai résolument une mémoire visuelle, très peu auditive.
Tête pleine de musique, j’abandonne la radio informative le soir, au profit d’une musique facile, et il faudrait vraiment que je me décide à installer un poste un peu plus évolué sur ma voiture, histoire de lire des mp3, ou au moins des CD.
Aujourd’hui était la dernière journée sans mon collègue, je pouvais écouter ma sélection de morceaux, j’en ai profité et demain, je lui rends la télécommande!
Tête pleine de pensée, des bouts de phrases que je n’assemble que difficilement pour en faire ce tout petit billet, des mots qui fusent, des idées qui s’évanouissent et me filent entre les neurones. C’est frustrant!

26 Novembre: une bonne chose de faite…

Encore une semaine clôturée, derrière moi.
J’ai passé le témoin à mon collègue enfin de retour, me suis délestée d’une pile de dossiers, et de tout ce que j’ai dû assumer et qui ne m’appartenait pas. Un peu plus de légèreté, un peu moins de pression, et puis 2 jours pour souffler avant de reprendre. Les échéances s’approchent aussi, de toute façon dans peu de temps nous serons fixés, on sent le relâchement tout autour, mêlé d’inquiétude.

Ce soir, je suis rentrée tard, j’aurais voulu m’acquitter des tâches rébarbatives, ménage et courses, mais ce sera pour demain, tant pis. Surtout, j’ai eu une belle discussion avec une femme formidable, qui m’ouvre de nombreux horizons. Elle fait partie de ces balises sur ma route, elle n’est pas arrivée par hasard, et j’ai la sensation que nous aurons un joli chemin à parcourir ensemble. Elle m’impressionne beaucoup, par ses compétences, sa façon d’être, son parcours…et m’offre des perspectives merveilleuses. A l’heure où la remise en question est un point central de mon quotidien, et de mes pensées, ça fait du bien de trouver un guide. Et j’ai un peu de travail de défrichage à faire de mon côté.

Une bonne chose de faite? Avoir clôturé cette note, aussi insatisfaisante soit-elle pour moi…

Et finalement j’ose!

J’ai esquivé le tag de Zelda, et voilà que Lyjazz m’attendait au tournant! Finalement, entre les échanges de commentaires sur ces différents blogs et ailleurs, j’essaye de me lancer dans le défi du 15 auteurs en 15 minutes.
Que les choses soient claires et honnêtes: entre le moment où je me suis dit “ok je le tente” et le moment où je publie ce billet, il s’est passé bien plus de 15 minutes. Parce que j’ai forcément cherché, mûri, réfléchi à ce que je voulais mettre et les commentaires qui allaient avec.
J’ai lu le billet de Zelda, je n’ai pas encore lu celui de Lyjazz. Mais d’ores et déjà, les règles ne sont pas tout à fait respectées, je le confesse.

Alors voici, dans le désordre et sans ordre de préférence:

-Molière: découvert au théâtre, et je crois avoir lu quasi l’intégralité de ses oeuvres. Oui, je fais partie de ceux qui adorent lire le théâtre, et qui se font leur propre pièce en lisant. Cet homme était un génie de l’humain, et je pense que je ne m’en lasserai pas.
- J.R.R Tolkien: moi qui ne suis pas une fan de fantaisie, je n’ai jamais été aussi transportée que dans Le Seigneur des Anneaux, que j’ai lu et relu. J’ai pleinement adhéré à son univers, j’y ai été transportée, oui j’adore l’adaptation cinématographique et je n’ai pas honte de le dire non plus. J’ai d’abord plongé dans Bilbo qui m’a fait découvrir l’auteur; ses oeuvres parallèles sont un peu plus difficiles d’accès selon moi, mais il ne doit pas me manquer grand chose dans tout ce qu’il a produit.
- Patrice Van Eersel: je ne sais plus aujourd’hui comment j’ai découvert cet auteur qui fut pour moi une révélation. Le 5ème Rêve, La Source Blanche et La Source Noire, que j’ai relus plusieurs fois. Ce sont les quelques ouvrages non romanesques qui m’ont transportés comme des romans, et de véritables livres de chevet, au sens premier du terme.
- J.K Rowlings: eh bien oui, je suis une fan de la deuxième heure du sorcier. Je me revois encore dans cette librairie, contempler les 3 premiers tomes au rayon enfant en me demandant ce que c’était et pourquoi ça faisait tant de bruit,  puis les acheter…et ne plus en décoller les yeux. Au point d’avoir lu les 2 derniers volumes en Anglais pour ne pas attendre la sortie française plus tardive. J’aime les lectures à niveaux différents de cette série, et la simplicité avec laquelle on se laisse transporter dans cet univers. Je reste bien plus dubitative sur les adaptations cinématographiques cependant.
-La Mythologie grecque: ce sont les contes de mon enfance. Je dédaignais Cendrillon et Blanche Neige qui m’horripilaient, au profit de Zeus et ses courses à la séduction, les facéties d’Hermès et les trahisons d’Aphrodite. J’étais une incollable, et j’ai baigné grâce à ma mère, qui a entretenu cette passion, dans les récits et les rêves de la Grèce Antique. Je n’ai pas d’ouvrage de référence à citer ici, ce qui est bien dommage d’ailleurs.
- Julien Gracq: Un balcon en forêt est le seul ouvrage que j’ai lu de cet auteur, dans le cadre des lectures obligatoires de mes études, qui avaient tendance à me faire détester tout ce que je lisais. C’est d’ailleurs ainsi, et malgré une prof de français fabuleuse au lycée, que j’ai détesté tous les classiques. Mais néanmoins, Gracq m’a touchée, pas au point de relire des choses de sa plume, ce qui est bien bête, mais suffisamment pour qu’aujourd’hui encore, je pense souvent à l’embellie, cette notion de chant du cygne qu’il a si divinement décrite. Tiens, il faudrait que je le reprenne…
- Emily Brontë: ses Hauts de Hurlevent, en Anglais dans le texte. Puis relus en Français. Etudiés en classe, avec mon esprit de contradiction, j’ai infiniment adhéré à la littérature anglaise, bien plus qu’à la française. J’ai adoré les histoires imbriquées, ces héros torturés, ces paysages sombres. Ca ne me ressemble pas, et cependant…
- Oscar Wilde: encore de la littérature anglaise. Encore un auteur torturé (il est presque flippant de révélations, cet exercice). Je n’ai pas lu énormément, mais j’ai aimé découvrir l’homme et son histoire au travers de ses écrits: The importance of being Earnest (une jolie petite pièce de théâtre fort amusante), et bien entendu, le fameux Portrait de Dorian Gray, dont je n’ai pas vu le film.
- Max Frisch: Andorra. Un auteur suisse, et un roman inspiré par la Seconde Guerre et la problématique des étrangers et de l’invasion du territoire. Lu en Allemand avec quelques difficultés, et néanmoins suffisamment de plaisir pour le relire en Français. Malheureusement furieusement d’actualité.
- Franquin: ah là, j’avoue, si je n’avais pas lu Zelda parler de BD, je n’aurais pas osé, et n’y aurais pas pensé.Mais Gaston Lagaffe est mon héros, celui de toujours, celui de mon enfance. Celui dont nous nous racontions les blagues en famille, au repas. Celui qui m’a fait hurler et pleurer de rire, même à la 200ème lecture. Je rêve de racheter la série entière, laissée chez mes parents. Et d’y rajouter les Idées Noires, que je connais moins bien.
- Patricia Cornwell: la série des Scarpetta m’a très longuement tenue en haleine, jusqu’à il y a quelques années où j’ai complètement décroché, parce que ça devenait trop compliqué, trop tiré par les cheveux, trop long. Ca ne m’empêche pas de lorgner sur les livres quand je passe en librairie, et d’en emprunter un lorsque l’occasion se présente à moi…mais c’est bien souvent pour être déçue désormais.
- Maxime Chattam: sa trilogie du mal (L’âme du mal, In Tenebris, Maléfices) sont parmi les romans faciles qui m’ont le plus impressionnés ces derniers temps. Mais c’est un auteur totalement inégal, capable de m’enthousiasmer et de me décevoir profondément. D’ailleurs, je n’ai pour l’instant pas trouvé mieux que cette trilogie dans ce que j’ai lu de lui.
- Francis Ponge: je ne suis clairement pas une lectrice de poésie. Je rentre très mal dedans, je peine à trouver le rythme. Ponge est l’un des auteurs étudiés en cours, et qui m’a plu par la simplicité de ses sujets, et sa façon de les traiter. Je les reprends ponctuellement, je passe devant le livre, l’ouvre et lis un poème, puis le referme. Je ne conçois pas la poésie autrement.
- JMG Le Clézio: j’ai découvert cet auteur à mon adolescence, et lu une grande partie de ses romans. Il a cette façon d’ouvrir des horizons, de faire voyager, d’offrir une ambiance qui me séduisait. J’ai cessé il y a quelques années, le trouvant trop répétitif.
- Edmond Rostand: Cyrano de Bergerac. Eh oui, encore du théâtre. Plus jeune, après avoir appris la tirade des nez, j’avais décidé d’apprendre des scènes entières de la pièce; je n’ai jamais été au bout de ce projet, mais j’ai lu et relu l’ouvrage une quantité innombrable de fois.Et vu tout aussi souvent l’adaptation cinématographique qui me transportait autant que la lecture…L’un des rares films qui m’ait fait pleurer, et un livre qui m’a fait chavirer…

Exercice rempli, le compte est normalement bon.Le chrono, par contre, très mauvais.
Et prend qui veut pour la suite, naturellement!

Questionnaire

J’ai été taggée par Zelda (voui je sais, il faut aussi que je mette ma bloglist à jour, pfff), qui a eu, je crois, pitié de moi, et de ces pages vides de toute inspiration et présence, si ce n’est la vôtre, vous qui laissez vaillamment des commentaires sur un billet qui date de ohmondieujeneveuxpassavoir, histoire de maintenir la flambée dans la cheminée.
Oui, il caille, et ce matin pour la première fois j’ai gratté ma voiture. C’est le début d’une longue série.

Donc, comme je suis sage et que j’obéis, et que ça m’offre une suggestion de billet pour pas cher, je ne vais pas faire la fine bouche, et je réponds. Le tout donc, au sujet de “autour du blog”, oui oui, je vous entends rire là-bas au fond de la salle, et vous avez bien raison, d’ailleurs.

1- Qu’est-ce qui vous inspire: des lectures, des situations de la vie quotidienne?
Un blog, c’est un truc très nombriliste, non? Alors oui bien sûr, ma petite vie avant tout. Celle des autres aussi, bien sûr, dans mes cercles plus ou moins proches. Et puis un peu l’actualité, et la vie de tous les jours. N’allez pas conclure que vu mon absence, plus rien ne m’inspire. C’est peut-être que lorsque je n’arrive pas à prendre la distance suffisante, ou la dérision, ou que je me laisse manger par trop d’autres choses pas forcément importantes, je n’arrive pas à écrire, et donc je reste silencieuse.
Je suis très mauvaise en critique littéraire ou cinématographique. Alors de façon tout à fait consciente, je me suis dit que ça ne servait à rien de partager cela avec vous ici. C’est peut-être un peu bête, mais je préfère laisser ce soin à ceux qui maîtrisent cela avec art. Et d’ailleurs, je m’en régale.

2-Qu’est-ce qui déclenche l’acte?
Ces temps, ça devrait être une bon coup de pied aux fesses.
Plus sérieusement, un trop plein, un ras le bol qu’il faut laisser couler, ou alors trop de mauvaise conscience dans mon silence. Mais ces pages ici, c’est un exhutoire pour moi. Un moyen de poser, et puis d’oublier. Raison pour laquelle je refuse les critiques (peu nombreuses mais probables, il se reconnaîtra ne vous inquiétez pas) qui me disent “arrête de te plaindre”. Ici, c’est chez moi, c’est moi qui ai les clés, et j’y fais ce que je veux, non mais oh! 
Parfois aussi, j’ai juste envie d’écrire, alors j’ouvre mon interface, je jette des mots qui ne veulent rien dire, je suis rarement contente de moi, mais ça me soulage.

3-A quel moment de la journée le faites-vous? De quels endroits?
Aucun moment prédéfini! Bien souvent au travail (oui je sais c’est mal), rarement chez moi parce que je me laisse happer par d’autres choses. Il n’y a pas de moment plus privilégié à un autre. 
Si c’est au travail, le PC du boulot. Ce qui est un peu risqué je le concède, mais tant pis. Si c’est chez moi, de mon pc, ou portable poussif. Rarement chez les autres, ou alors à la rigueur chez mes parents, très ponctuellement.

4-Comment vous installez-vous? Quel est votre environnement?
Celui du bureau, avec toutes les interruptions que cela comporte (téléphone, collègues, plusieurs logiciels ouverts et je zappe de l’un à l’autre, c’est inadmissible de déranger ainsi une blogueuse qui enfin se décide à se manifester)! Comme Zelda, bien souvent une tasse de thé à portée de main. A la maison, c’est un pc fixe, donc moins souvent interrompue mais au bureau. Sur mon portable, ce qui devient plus rare, c’est dans le canapé, une couverture sur les genoux, bien douillettement.

5-Quels outils utilisez-vous pour écrire (traitement de textes ou directement dans l’éditeur de billets)?
Directement dans l’éditeur. Je me méfie des copier collers, et au boulot, j’essaye de laisser le moins de trace possible. Cela dit, l’éditeur me fait aussi faux bond. Et ne me satisfait pas pleinement non plus, mais je n’ai pas encore le courage d’envisager une migration (ne t’emballe pas Leeloolène, ne t’emballe pas…)

6- Faites-vous beaucoup de recherches? Rédigez-vous beaucoup de brouillons d’articles que vous ne publierez pas?
Aucune recherche! J’écris à l’instinct, j’écris pour donner mon avis à moi bien égoïste. Quand je parle d’événements de société, soit je maîtrise un minimum, soit je vérifie certaines informations, mais souvent pas suffisamment. Et puis vous n’avez jamais remarqué qu’il n’y a que ma petite personne qui m’intéresse?
Jamais de brouillon non plus. C’est d’un coup ou pas du tout. Je n’aime pas retravailler les textes, du moins pas ceux d’un blog, qui est l’essence de la spontanéité selon moi. Les seuls brouillons qui sont dans mes archives sont les photos. Globalement, je cherche de plus en plus des photos pour accompagner mes textes (signe que je ne me suffis plus rien que sur de l’écriture), et comme ma photothèque est à la maison, j’enregistre mon image dans mon interface et je la laisse en attente avant d’y rajouter le texte.

7-Ecrivez-vous en prenant votre temps ou avec frénésie?
Frénésie, sans aucun doute. D’où un certain nombre de coquilles et de tournures malhabiles; et pourtant je me relis, mais je suis sidérée d’en laisser passer autant! Encore une fois, cette façon d’écrire est un moyen de se débarasser de pensées tourbillonantes, ou partager un beau moment qui m’habite, ou de belles couleurs, un sentiment, des sensations. Ca ne peut pas être réfléchi. Parfois, j’ai des idées de sujet qui m’effleurent, que je parviens à transformer en billet, ou non.
Billet construit, réfléchi, raisonné et informé, moi? Que nenni! Je suis une bien mauvaise ex-universitare, je le confesse!

Anne, tu ne veux pas prendre le relais? J’ai l’impression que tu aurais plein de choses à nous dire, toi que j’admire tant pour ta régularité et ton inspiration sans faille…
Et puis bien sûr, prend qui veut pour répondre!

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Merci à Super Frérot qui, même au plus fort de ses vendanges, prend le temps de me faire une photo de chez nous, tout exprès pour moi!! Et oui rassure-toi, je la garde en bonne place sur mon PC à moi aussi, mais j’avais très envie de la partager!

Souffler la poussière

Sur le plan physiologique, l’année 2010 a été plutôt catastrophique en ce qui me concerne. J’ai traîné des douleurs qui m’ont handicapée dans toute entreprise sportive, et si j’admets que la motivation de départ était difficile à trouver, ces soucis n’ont pas contribué à me convaincre de puiser dans mes dernières ressources.

Depuis cet été, délestée d’une douleur lancinante, mais aussi de quelques menues sommes non négligeables (à force d’incompétence de la médecine classique, il a fallu se tourner vers des solutions plus efficaces, mais aussi plus onéreuses et forcément non remboursées - ne me remerciez pas, je contribue à combler le trou de la sécu), j’ai pu réfléchir à reprendre une activité physique.
Sauf que l’éventail des possibles s’est considérablement réduit. Parce que oui, ça va mieux, mais le diagnostic n’a pas été folichon, et m’empêche désormais certains mouvements qui me tentent fort, mais me seraient néfastes. Et si j’ai une petite tendance à l’obstination, le souvenir des mois passés à souffrir est encore suffisamment présent à mon esprit pour rester la plus raisonnable possible.

Aidée donc par une grande fée, j’ai trouvé 2 cours par semaine qui me permettent de réveiller mes muscles en douceur. Et si possible, essayer de se refaire une silhouette qui franchement commence à laisser à désirer, et fait honte à mon miroir à chaque fois qu’elle se reflète dedans.

J’ai commencé il y a 2 petites semaines, ça se met tranquillement en place, mais je peine. Déjà pour moi, le concept de sport, c’est ressortir de la salle en sueur, bonne à prendre une douche et à s’écrouler sur le canapé. Là, c’est tout juste une goutte de transpiration qui perle au front, et encore, ce qui m’arrange d’ailleurs, parce qu’entre midi et 14 heures, ce n’est pas évident de caser une douche en plus, mais du coup, je m’interroge sur l’efficacité des exercices.
Et puis surtout, la moyenne d’âge est quand même nettement plus élevée que ce que je n’avais imaginé qu départ. Pas question pour moi de faire de discrimination, mais j’ai un peu de mal à me sentir la petite jeune au milieu du cours, et à me faire à l’idée que pas de miracle, mes petits pépins et le choix d’une activité douce vont m’inciter à privilégier des cours plus attractifs pour des femmes plus âgées (et fragiles, en fin de compte ce n’est souvent pas qu’une question d’âge) qu’un bon vieux step ou body combat.
Alors je me débats entre principes idiots et malaise difficile à dissiper. Pourtant cet après-midi, j’ai les cuisses qui tirent et je me dis que tout n’a pas été inefficace.

Je reste encore en période d’essai. Il y a d’autres cours, au besoin, sur lesquels me rabattre. Et le jeu en vaut quand même la chandelle, mais n’empêche, ça chatouille l’orgueil…

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Et sinon, pour ne rien vous cacher, j’ai très peur. Ces derniers temps, j’ai plusieurs fois commencé des billets que je n’ai même pas pu mener jusqu’au bout. Et je me demande vraiment ce qu’il me faudrait pour ne pas délaisser ce lieu. Je n’ai pas du tout envie de me réveiller un jour en étant à nouveau incapable d’écrire 3 lignes d’affilée, alors comment relancer la machine?

Le classique de la rentrée

Je pensais échapper au traditionnel billet de la rentrée, mais force est de constater que l’actualité m’a rattrapé malgré moi!
Miss Blondinette est cette année au CP. Les choses sérieuses commencent pour elle, il est désormais question de lignes de lettres à écrire correctement, devoirs à répéter à la maison.
Et livres à plasitifer.
Ce qui, parents séparés obligent, a été le travail de sa maman vers la fin des vacances.

Ce week-end, nous avons récupéré la demoiselle que nous n’avions pas vue depuis bien longtemps. Et dans son sac, elle nous amenait son tout récent livre de maths, reçu le vendredi. J’ai craint un moment que ce ne soit pour lui faire déjà répéter des calculs (en ce qui concerne la matière, j’ai prévenu son père que ce serait son boulot, ou alors je ne répondrai pas de ses talents de mathématicienne future), mais en fait, il s’agissait simplement de protéger le cahier. Sa maman partait pendant le week-end, était à cours de plastique, et nous avait demandé de faire le nécessaire.

C’est ainsi que mon amoureux et moi nous sommes retrouvés perplexes, penchés sur le livre, avec dans les mains un rouleau de plastique, et discutant de la meilleure stratégie pour 1/ mener à bien la tâche proprement et ne pas faire honte à Miss Blondinette quant à l’état de son bouquin, 2/ trouver le ratio entre la bonne dimension de plastique / pas de gaspillage de scotch / ne pas s’y reprendre trop souvent!

ll nous a fallu 10 bonnes minutes. A 4 mains, à tourner et retourner l’objet dans tous les sens pour s’assurer que ça ne dépassait pas, qu’il n’y avait pas de loupés, et que tout était bien protégé.
J’avais des souvenirs de piles entière de cahiers et livres, et soirées passées avec ma mère en début de chaque année pour tous les protéger du papier choisi (pas forcément transparent) et qui me suivrait pendant l’année entière. C’était toujours un choix important et lourd de sens.
Si j’ai bien gardé les souvenirs, j’ai perdu toute la technique. Et je n’étais pas la seule.

Un seul livre, preque un quart d’heure. Et toute ma compassion pour les parents d’élève qui ont eu la totalité des fournitures à réaliser…Je ne suis définitivement pas encore prête pour la rentrée, en ce qui me concerne!

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Tellement plus sympathique qu’un livre de maths….

Brève d’été - Sas de décompression

La trentaine de kilomètres quotidienne que j’ai à faire pour aller et revenir du boulot sont des moments importants pour moi. Des moments de tranquilité où je me réveille péniblement le matin, et où j’essaye de souffler le soir.

Comme j’ai un auto-radio aussi vieux qu’Hérode, et c’est peu dire, je suis à peu près recalée aux stations radio à portée d’antenne. Jusqu’ici, j’avais trouvé des programmes pas désagréables qui accompagnaient mes embouteillages et mes trajets.
Et exactement comme l’a dit Anne hier, je suis depuis Lundi fort dépourvue quant aux changements de programmes de la rentrée; rien qui ne me plaise, ne me fasse me sentir à l’aise, j’erre dépitée d’une station à l’autre. Je vais devoir faire l’investissement d’un outil moderne avec prise mp3 afin de pouvoir écouter mes podcasts, mais ça ne résoudra qu’à moitié le problème (le matin, je préfère quand même avoir des nouvelles plus fraîches).

Ces temps, bouleversements au travail, incertitudes de l’avenir, le trajet du retour me tient particulièrement à coeur. Je le prends comme un sas de décompression (pas toujours évident quand je m’énerve contre les chauffards). Un moment où je laisse derrière moi, derrière mon épaule les soucis quotidiens liés au professionnel, et où je peux me focaliser sur ce qui m’attend à la maison, toute la douceur de la soirée qui s’annonce, des envies de passer ces quelques heures à 2, ou à 3. Retrouver mon amoureux qui est maintenant présent à mon retour, échanger avec lui quelques phrases, donner le top départ du moment le plus agréable de la journée.
Et je peine à le faire. J’ai écouté cet été des émissions très intéressantes, mais qui ne m’ont pas sorti de mon univers, ou de certaines pensées moroses sur l’avenir pas franchement agréable, sur les questions de société, les interrogations du quotidien.
Ce n’est pas faute d’avoir cherché de la bonne musique, mais là encore, choux blanc, et surtout je n’arrive pas à rester sur du “juste musical”. Il me faudrait un mélange.
Du coup, je rentre chez moi encore trop à cran, et je dois faire un gros effort pour ne pas ramener en boulet derrière moi tout ce que j’ai emmagasiné pendant la journée, et qui n’a pas sa place dans notre foyer. C’est un moment délicat à passer, un virage que je ne négocie pas encore correctement.

Ca, c’est un coup à me conforter dans l’idée que le trajet moto, s’il ne résoudra pas les problèmes sur la route, m’éviteront de m’interroger sur la meilleure façon d’accompagner ces kilomètres….

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Douceur et lumière de fin de journée, pendant ces vacances où il n’y avait rien d’autre à évacuer que la saine fatigue des baignades et promenades…