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31.8.2010 par Flo.
La trentaine de kilomètres quotidienne que j’ai à faire pour aller et revenir du boulot sont des moments importants pour moi. Des moments de tranquilité où je me réveille péniblement le matin, et où j’essaye de souffler le soir.
Comme j’ai un auto-radio aussi vieux qu’Hérode, et c’est peu dire, je suis à peu près recalée aux stations radio à portée d’antenne. Jusqu’ici, j’avais trouvé des programmes pas désagréables qui accompagnaient mes embouteillages et mes trajets.
Et exactement comme l’a dit Anne hier, je suis depuis Lundi fort dépourvue quant aux changements de programmes de la rentrée; rien qui ne me plaise, ne me fasse me sentir à l’aise, j’erre dépitée d’une station à l’autre. Je vais devoir faire l’investissement d’un outil moderne avec prise mp3 afin de pouvoir écouter mes podcasts, mais ça ne résoudra qu’à moitié le problème (le matin, je préfère quand même avoir des nouvelles plus fraîches).
Ces temps, bouleversements au travail, incertitudes de l’avenir, le trajet du retour me tient particulièrement à coeur. Je le prends comme un sas de décompression (pas toujours évident quand je m’énerve contre les chauffards). Un moment où je laisse derrière moi, derrière mon épaule les soucis quotidiens liés au professionnel, et où je peux me focaliser sur ce qui m’attend à la maison, toute la douceur de la soirée qui s’annonce, des envies de passer ces quelques heures à 2, ou à 3. Retrouver mon amoureux qui est maintenant présent à mon retour, échanger avec lui quelques phrases, donner le top départ du moment le plus agréable de la journée.
Et je peine à le faire. J’ai écouté cet été des émissions très intéressantes, mais qui ne m’ont pas sorti de mon univers, ou de certaines pensées moroses sur l’avenir pas franchement agréable, sur les questions de société, les interrogations du quotidien.
Ce n’est pas faute d’avoir cherché de la bonne musique, mais là encore, choux blanc, et surtout je n’arrive pas à rester sur du “juste musical”. Il me faudrait un mélange.
Du coup, je rentre chez moi encore trop à cran, et je dois faire un gros effort pour ne pas ramener en boulet derrière moi tout ce que j’ai emmagasiné pendant la journée, et qui n’a pas sa place dans notre foyer. C’est un moment délicat à passer, un virage que je ne négocie pas encore correctement.
Ca, c’est un coup à me conforter dans l’idée que le trajet moto, s’il ne résoudra pas les problèmes sur la route, m’éviteront de m’interroger sur la meilleure façon d’accompagner ces kilomètres….
Douceur et lumière de fin de journée, pendant ces vacances où il n’y avait rien d’autre à évacuer que la saine fatigue des baignades et promenades…
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5.8.2010 par Flo.
*Il fait plutôt beau et chaud pour un mois d’octobre.
*J’ai déjà perdu tout le bronzage que j’avais péniblement acquis pendant mes vacances, pour faire taire les mauvaises langues qui disent qu’on ne part pas en Juillet dans le Nord (comprendre que pour eux, le Nord commence à 20 km plus haut de la ville où j’habite, donc la cause est désespérée d’avance).
*Je m’étonne de ne pas ressentir à ce point le manque de mer, moi qui suis une aquatique, un poisson, une plongeuse, une nageuse. Mais les quelques photos des plages surbondées sur lesquelles je tombe font de suite taire les vagues envies qui pourraient surgir. Et puis bon, je l’avoue, le programme d’une petite virée méditerranée, malgré tout et parce que les occasions qui se présentent pour la semaine de vacances de rab semblent nous pousser là-bas, me font penser que j’aurai malgré tout ma dose d’iode estival (en évitant les entassements humains, c’est sûr et certain)…
*J’aime ce mois d’août pas trop chaud (désolée pour tous ceux qui subissent le mauvais temps pendant leurs vacances): c’est le confort pour travailler, pas de voiture en surchauffe au retour, pas de nuits remplies de sueur…limite trop froides?
*Le bonheur du matin en semaine: partir alors que tout est silencieux, tellement silencieux qu’on s’imagine au milieu de la nuit. Arriver au boulot en 15 minutes au lieu des 40 habituelles. Rentrer le soir en 20 minutes.
*L’avantage de travailler pendant que tout le monde est en congé, c’est qu’on se sent quand même un peu en vacances, encore..Presque trop, la paresse me gagne au travail, je ne fais que le strict minimum, même pas.
*L’inconvénient de revenir quand tout le monde part, c’est que niveau blogosphère, c’est désert. Désespoir, et mes petites lectures quotidiennes, alors, je vais les piocher où? Je pars à la découverte, j’enrichis ma blogroll, mais bon, ça me manque quand même…
*Même à la radio c’est la misère. Alors découverte de nouvelles stations. Rentrer en écoutant de petits reportages; “quel est le plus beau jour de votre vie”? Consternée, j’entends ceux qui réfléchissent tellement longtemps, je leur trouve des excuses, c’est forcément parce qu’ils sont timides devant le micro, quand même, il y a tant de réponses qui me viennent à l’esprit, à commencer par celle-ci: toute journée est une succession de petits bonheurs, le plus beau jour de notre vie devrait être chaque nouvelle journée, non?
J’y travaille…
Hier matin, au moment où j’émerge et arrive dans le salon, temps suspendu, poudre d’or dans les feuilles face à la baie vitrée, juste le temps d’empoigner l’appareil, de figer cela tant bien que mal et regretter de ne pas avoir le rendu réel. Juste après, les nuages noirs et menaçants sont arrivés et nous ont couvert toute la journée…
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9.6.2010 par Flo.
Faut-il y voir un signe, dans cette difficulté de reprendre le clavier, de venir reposer la patte ici?
Comme par hasard, alors qu’elle a eu tant de mal à apparaître, ceci est la 500ème note! Je ne suis pas trop du genre à célébrer, j’oublie annuellement la date anniversaire de ce blog (en gros, je m’en souviens 10 jours plus tard, et je n’ai pas la pirouette nécessaire pour l’intégrer l’air de rien dans un billet), j’ai marqué le coup, quelques chiffres clé, 1 000 commentaires, déjà plusieurs centaines de billets, mais pas franchement comme je le voudrais, je l’admets.
Quand je fais le calcul, 500 sur quasi 3 ans d’existence, ce n’est pas si grandiose. Je ne me lasse pas d’admirer (et de savourer, je suis parmi les lectrices assidues) les blogueurs qui trouvent, chaque jour, un petit détail, une histoire, et qui prennent le temps de la rédiger. Ce n’est pas le temps que ça prend, je ne me réfugierai pas derrière cette excuse-là, mais c’est une question d’état d’esprit.
Ces temps, je suis très happée par le boulot. Ou alors, comme je l’expliquais à mon cher et tendre hier soir, par des choses complètement futiles. Qui me prennent du temps, de l’énergie, et me laissent plutôt un goût de déception, et de frustration dans la bouche. Passer du temps à cela, c’est laisser de côté tout le reste, tout ce qui me tient à coeur. Comment m’en sortir? Et je n’ai pas envie de transformer ces pages en accueil de récriminations perpétuelles. Pourtant je suis du genre ronchonneuse, c’est mon sang italien qui fait ça, je râle, je peste, j’extériorise,… et j’oublie vite.
En commençant à écrire, je ne me suis pas fixée de déontologie particulière. Je me pose mes propres limites au fur et à mesure que les billets s’égrènent, et les sujets se présentent (ou pas, comme vous pouvez le constater). C’est peut-être aussi pour cela que je ne me pose pas de question sur l’existence de ces pages, leur utilité, leur raison d’être. C’est mon coin à moi, que j’incrémente ou pas, selon mon envie ou mon inspiration. Mais comme la culpabilité est ma jumelle, être capable de ne pas écrire pendant près de 15 jours me donne également mauvaise conscience. Pas forcément pour moi, moi je sentirais plutôt un manque mais qui ne tient qu’à moi, mais pour ces lecteurs silencieux ou non, qui, je l’espère, ont le même plaisir à découvrir un nouveau billet que j’en ai à le découvrir chez eux.
Je ne peux pas promettre de recommencer sur un rythme plus soutenu. Ca ne ferait que me mettre la pression, il en résulterait probablement des chroniques vides de sens, de plaisir et d’intérêt, et l’élan retomberait comme un soufflé et aussi vite, parce que je sais très bien qu’en étant contrainte, je suis très mauvaise.
On va dire que c’est l’été (ne pas regarder la tronche du ciel pour y croire très fort), que même si les journées sont parsemées de petites anecdotes blogables, j’ai tendance à passer un peu plus à côté, happée par d’autres sujets, et que ce n’est qu’un moment de vide comme j’en ai traversé pendant 3 ans.
Je vais revenir très vite, c’est sûr, peut-être même demain si la muse de l’inspiration se repenche sur mon clavier. En attendant, happy 500ème! (il fallait bien un angle à ce billet totalement décousu, non?)
Mais oui je vous le dis, c’est l’été, pourquoi ne voulez-vous pas me croire?
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16.4.2010 par Flo.
*2 rendez-vous en urgence chez 2 toubibs différents
*3 ordonnances plus ou moins contradictoires
*3 diagnostics avant d’arriver à l’actuel, et encore, est-il vraiment le bon?
*1 nouveau toubib à trouver
*4 cachets d’antibiotiques par jour et pour l’instant, bien peu d’amélioration par rapport à toutes les cochonneries que j’avale
*1 crème “générique” mise à la poubelle sans autre forme de procès, et 1 hésitation de dénonciation auprès de la pharmacie (mais bon, dans le doute et sans preuve…)
*1 test de labo foireux à refaire, mais pas possible tout de suite
*500 dossiers environ à classer au boulot, autant d’étiquettes à faire, un nombre incalculable de mouvements pas franchement sympathiques pour mon dos
*pas d’arrêt maladie (pas proposé, et cela dit pas demandé non plus)
*1 Miss Blondinette qui termine sa semaine de vacances chez nous malade, mais ce n’est pas moi qui l’ai contaminée, c’est promis!
*1 tout petit week-end pour essayer de me requinquer avant une nouvelle semaine de folie
*3 semaines environ avant des vacances très attendues et pas encore posées (donc fatalement pas acceptées)
*3 variétés de graines semées dans un pot pour que Miss Blondinette en prenne soin, 1 noyau d’avocat dans l’eau, 2 pieds de tomates dans la terre pour déguster plein de bonnes choses cet été (on espère)
*1 homme qui assure comme un amour et un chef, qu’il est…
Ca se paye un peu au prix fort, tout ça, même si les dernières lignes compensent…
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12.4.2010 par Flo.
Depuis quelques temps, je passe de petits désagréments en gros bobos physiques, de médecins en spécialistes, et j’ai un peu l’impression d’être un pantin déglingué dans tous les sens.
Mon corps me parle, à sa manière pas franchement douce (mais je le lui rends bien, j’admets), et pourtant je l’écoute, je fais des efforts. J’essaye de comprendre, je n’attends pas 10 mois pour me soigner (exceptionnel pour moi), je me plie de bonne grâce (faut pas exagérer non plus!) aux démarches de médecins et pharmacies, je collectionne les ordonnances, mais rien.
S’ensuit un épuisement encore plus psychologique que physique (quoique je peine à différencier). M’arrêter, hors de question, tant qu’on ne m’en intime pas l’ordre, et c’est de moins en moins la politique auprès des médecins patentés. Tant mieux ou tant pis pour moi, peu importe!
Ma fatigue s’exprime aussi ici. Je trouve difficilement de l’inspiration, et même les petites joies quotidiennes, présentes et savourées, ne parviennent pas à se transformer en de jolies notes, dans mon marasme neuronal.
Je persiste néanmoins, et ne désespère pas. Mais ne m’en veuillez pas!
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25.3.2010 par Flo.
Aujourd’hui, c’est la journée mondiale de la procrastination.
Non mais vraiment!!
Je ne l’aurais pas entendu ce matin sur une radio nationale sérieuse (et qui fait des vagues très amusante depuis lundi avec notre bon ministre de l’immigration), je ne l’aurais pas cru.
N’empêche, ça semble être vrai, on n’est pas un 1er Avril.
Du coup, je m’y engouffre: le billet prévu, vous l’aurez demain!! (ou pas, parce qu’au vu du programme de fous demain, si en plus je dois bosser au bureau- ce qui serait un comble je vous l’assure- il est peu probable que j’aie le temps d’écrire).
Parce que je suis gentille, je vous mets un autre lien vers la définition de ce mot barbare. Il commence à être connu, ceux qui iront lire, c’est ceux qui ne pratiquent pas, et là, mes respects!
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22.3.2010 par Flo.
Je n’ai pas déserté, je ne suis même pas en vacances, ce qui serait une parfaite bonne excuse pour ne pas écrire.
Je suis juste toute cassée, Quasimodo sans la bosse, une méchante attaque des cervicales qui redescend douloureusement dans tout le bras.
Ca ne m’empêche pas de travailler (dommaaaaage), ça m’empêche néanmoins d’être à l’aise avec un clavier, en position assise, et d’avoir des mouvements fluides.
Du coup, la motivation fond avec l’énergie, je suis bien plus attirée par le sushi canapé que la rédaction.
Demain, je vais me faire tordre, manipuler, tout ça pour la bonne cause (toujours meilleure que la cortisone promise par ma toubib au cas où les anti-inflammatoires ne feraient pas effet -ce qui est le cas). Je n’ai franchement pas du tout envie de jouer au pantin pendant 1 heure, mais c’est dans mon intérêt, si je veux être en forme pour le week-end alléchant qui se profile, et surtout si je veux récupérer un rythme décent, cesser de comater quotidiennement et récupérer une mobilité envolée depuis bien trop longtemps.
En attendant, je réfléchis à 1 ou 2 billets, je vous laisse avec une jolie photo retouchée, et je reviens au plus vite!
Non, il n’a pas reneigé. C’est juste que je cherchais un joli paysage, et que je n’ai pas pu m’empêcher…Jusqu’à ce que je me décide à photographier les bourgeons et les premiers arbres en fleurs qui donnent un délicieux goût printanier à la région…
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25.2.2010 par Flo.
J’ai fait plus que souvent part de mes déboires administratifs sur ces pages, en ronchonnant allègrement, en me soulageant comme je le pouvais, en laissant éclater mon sale caractère et ma faculté à me mettre en rogne.
Si je veux être juste, il faut aussi que j’évoque les petites réussites, les quelques succès remportés, et sans effort qui plus est!
C’est ainsi qu’après le parcours du combattant qu’il m’a fallu franchir pour obtenir un nouveau passeport italien, et diverses toutes petites pièces administratives essentielles à ma tranquillité sur le territoire français, j’ai entrepris avec une certaine avance (ce dont je ne suis pas peu fière) de renouveler ma carte de séjour. Oui, j’ai l’immense chance de n’avoir à faire cela que tous les 10 ans, mais quand ça se profile, ça me stresse bien assez tôt.
J’ai donc débarqué guillerette et pseudo-détendue à la mairie de ma ville la semaine dernière, munie de ma meilleure volonté et mon grand sourire, pour prendre la température, récupérer le dossier et m’armer de courage. J’étais déjà psychologiquement préparée, on m’avait dit au téléphone “venez sur place, on vous remettra le dossier, il y aura pas mal de papiers à faire”.
Oui, bon, comme d’hab quoi.
Première dame qui me reçoit, m’interroge, sort une double feuille, me fait signer 3 cases (déjà?? Mais rien n’est rempli?), photocopie ma carte de séjour actuelle, mon passeport flambant neuf. Elle hésite, feuillette ses bouquins, finit par se lever: “on va demander à ma collègue, je ne sais pas vraiment dans quelle catégorie vous inclure”.
Hinhin, si vous saviez ma pauvre dame…
Je suis docile, trouve une autre personne tout aussi sympathique (ça, pour le coup, ça change de certaines préfectures, rien à dire), qui sort d’autres bouquins épais, feuillette, revient en arrière, regarde mon passeport, fronce les sourcils. “Je ne sais pas trop, vous êtes européenne, je n’ai jamais vu une carte de séjour comme celle que vous me montrez”…(et moi in petto “ah oui, ça c’est un peplum à raconter, mais je ne vais sûrement pas vous expliquer comment j’ai obtenu ce sésame, sinon je crois que je grille mes chances de renouvellement de suite” )
J’arme donc mon sourire colgate: “ben je comprends, c’est compliqué, j’ai le temps allez-y”…J’étais déjà en retard au boulot de 10 minutes, je n’étais plus à ça près!
D’un coup, la lumière semble se faire: “ah mais attendez, oui, vous êtes européenne, il y a eu un nouveau décret récemment, voyons que je retrouve ça”…Je me crispe.
Et quelques pages plus loin:
“Ah ben oui, voilà, j’avais bonne mémoire, vous n’avez pas besoin de carte de séjour”
“….??!!??”
Euhh, alors là comment dire: non, ce n’est pas possible; je m’attendais à devoir longer la muraille de Chine, moi. Escalader les montagnes administratives. Souffrire dans la chaîne des démarches. Sceller tout cela d’un “ce n’est pas utile”, c’est louche, c’est impossible, c’est inimaginable! Pas comme ça, pas ici.
Elle voit bien que je ne suis pas convaincue, me lit le texte à haute voix, stipulant que tout ressortissant européen justifiant d’un titre d’identité en règle n’a plus besoin de demander une carte de séjour. C’est mon cas. Et donc le renouvellement devient caduque.
Pendant ce temps, moi je m’efforce de réfléchir à toutes les situations dans lesquelles on pourrait m’exiger une pièce française, et je ne vois pas.
Gentiment, elle me propose de me photocopier le papier qu’elle m’a lu, afin que je l’aie sur moi et puisse le présenter en cas de problème. Il n’a rien d’officiel, je ne ferai pas le poids avec, mais j’accepte, ça rassure.
C’est ainsi qu’après une bonne demi-heure d’échanges, hésitations, je me retrouve dehors. Soleil radieux, température printanière. Coeur léger: je n’y crois pas tout à fait, mais il semblerait bien que pour une fois, on m’épargne un sacré nombre d’ulcères potentiels. Verdict définitif en août, lorsque ma carte sera périmée, mais n’empêche…
Le pied!
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16.2.2010 par Flo.
En plus des araignées, je suis une phobique des étiquettes.
Déjà, je m’interroge sur l’intérêt des fabricants et commerçants de mettre des kilos d’étiquettes sur un seul vêtement. Peu importe sa taille, hein, sur un string de 5cm2, il y a autant de petits papiers qui dépassent que sur un manteau d’hiver, la taille de ces machins étant généralement inversement proportionnelle à celle de l’article acheté.
Depuis que je suis toute petite, je suis très sensible à tout ce qui peut gratter et chatouiller dans des vêtements. J’ai besoin de les oublier quand je les porte, dès que ça me sert un peu, ou glisse, ça me gêne, ça m’énerve. Et je vous assure, pourtant, j’ai fait des progrès.
C’est ainsi que j’ai banni très tôt de ma garde robe tous les collants (au grand dam de ma mère qui n’a jamais réussi à me faire porter de jupes ou de robes), tout ce qui était en laine, et jusqu’à tard tout ce qui était à col roulé, tout ce qui était souliers pas très confortables. Même si je mettais un nouveau pull qui ne touchait pas la peau, je devais virer toute étiquette potentiellement froufroutante, gênante, grattante, j’en passe et des meilleures. Oui, je sais, je suis une gaie luronne dans la vie.
Au-delà de la pub et la composition, certains des petits bouts de papier sont quand même utiles, et expliquent par exemple qu’il ne faut surtout pas repasser cet article (ce que je constate, donc, juste après avoir posé le fer à repasser dessus), ou alors qu’il vaut mieux laver à 30, conclusion que je tire par moi-même après que mon pull ait perdu la moitié de sa taille, et la totalité de sa couleur. Mais j’ai fini par piger ou avoir un peu de pif, et anticiper ce genre de souci.
L’autre jour, donc, sur un coup de tête, j’ai acheté une paire de jeans. Dans un grand magasin, à un prix défiant toute concurrence, et d’une qualité qui défie tout le reste aussi, mais passons, on ne peut pas tout avoir.
Rentrée chez moi, la première chose que j’ai faite, c’est de prendre ma paire de ciseaux et de rageusement débarasser ma trouvaille de toutes les guirlandes qui s’y accrochaient. En priant, comme chaque fois que j’opère de cette manière, pour ne pas trouer le tissu (c’est officiel, je ne serai jamais chirurgienne). Par le passé, j’ai d’ailleurs également sacrifié sur l’autel de ma phobie quelques petites pièces fort mignonnes et trop délicates, qui ont succombé à un dérapage incontrôlé de ma main maladroite. Et comme je ne suis pas conturière, il m’a fallu me résigner. Bref.
Toute heureuse donc, je vire mes étiquettes. Et le lendemain, je teste mon nouveau pantalon. Et me rends, accompagnée de mon cher et tendre, dans la fameuse grande surface, lieu de mon achat.
A peine passé le portillon d’entrée, ça bippe. Je me fige, regarde le vigile de l’air que j’ai forcément lorsque je suis prise en faute: paniquée mais “c’est pas moi m’sieur, je ne suis pas une voleuse”. Reviens à pas prudents vers lui.
-Vous avez des achats sur vous madame?
-Euh non…J’ai les mains vides, rien dans les poches.
-Rien de nouveau sur vous?
-Ben…si, les pantalons, qui viennent précisément de votre magasin
-Ah, vous avez dû oublier l’étiquette!
-Moi, oublier une étiquette? Alors là, vous ne me connaissez pas! (et derrière, mon amoureux qui approuve vigoureusement, l’air goguenard)
-Vous êtes sûre que vous avez tout enlevé?
-M’enfiiiiinnnn, je déteste tellement ça!!
-Même la grosse étiquette épaisse, ou alors qui représente une paire de ciseaux, où est inscrit en gros et gras “enlever avant de porter”?
-….m’enfinnnnnn….Vous en mettez tellement sur vos vêtements!
-Vous vous souvenez l’avoir coupée?
-……
C’est ainsi que je me suis retrouvée dans un couloir sombre, une paire de ciseaux à la main, à couper la seule étiquette qui m’avait échappée et qu’il ne fallait justement pas oublier.
Je vais devenir encore plus phobique et maniaque de ces choses, je vous le jure!
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12.2.2010 par Flo.
Nous buvions tranquillement un capuccino dans cette grande brasserie connue, sur la place principale.
C’est son fils que j’ai remarqué en premier. Ce petit, 4 ans peut-être, à peine plus, qui est arrivé d’une démarche si assurée, qui a choisi la table, enlevé sa veste; il l’a précautionneusement posée sur le dossier, retiré son écharpe et mise à côté de lui, il s’est emparé de la carte, hissé sur la chaise, tranquillement, sagement.
Sa maman était derrière, elle poussait le landeau tout en parlant à un homme plus âgé, son père sans doute, le grand père du petit, je ne voyais pas vraiment qui d’autre, et puis j’étais sûre que c’était une sortie familiale.
Ils se sont installés en face du petit bonhomme, j’ai regardé leur manège, fascinée, la commande de 3 chocolats chauds, le garçonnet qui regardait les images de la carte, en laissant sa mère parler.
Elle, tout en continuant sa discussion, ne le perdait pas de vue, le couvait de ce regard de mère, je la trouvais charmante et lumineuse. Plusieurs fois elle s’est penchée vers son fils pour lui prodiguer des conseils que j’entendais de loin “remets ta veste sur ton dossier, ou donne-la moi plutôt, elle est en train de tomber”. “Tu devrais remonter tes manches, si tu as chaud, et pour éviter de te salir”. Je les devinais tout autant, et je sentais le ton de sa voix posé, sûr, assuré.
A un moment, je ne sais pourquoi ce geste m’a tant marqué, elle a lu la carte avec son enfant, elle lui a désigné quelques images, lui a expliqué ce que c’était, ils ont rigolé ensemble.
Les chocolats sont arrivés, ils ont demandé une paille pour le petit, j’ai admiré sa patience, et sa façon tranquille de faire: il a soufflé sur le liquide d’abord, ensuite avec la cuillère, il a essayé avec la paille, mais forcément il prenait au fond, là où c’est encore tellement chaud. A son âge, il me fallait 2 tasses, l’attention totale de ma mère qui me transférait la moité de la mixture dans l’autre récipient, pour que cela refroidisse plus vite. Oui définitivement, j’étais une enfant bien exigeante.
Je les ai contemplés de longues minutes encore, et en me levant, en partant, j’ai jeté un oeil dans le landeau, ce tout petit aussi sage que son grand frère, petite fille ou garçon, je n’ai pas déterminé, tout comme je n’ai pas réussi à entendre les prénoms. Dommage, j’aime mettre des noms sur les visages qui sortent ainsi du quotidien.
Aujourd’hui, bien des jours après, je repense à eux. Je pense à cette mère, aimante et patiente, elle avait l’air d’avoir un bon caractère, décidée, volontaire, et pourtant si attentive et investie. Je me répète que je ne sais pas si un jour, je saurais être comme elle….
En pleine contemplation, elle aussi….
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