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mai 2012
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Archive de la catégorie polichinelle et autres guimauveries

La dolce vita

J’ai ce titre qui me trotte dans la tête depuis fin Mars. Au moment où il faisait à peu près 25 degrés, un soleil de mois Juin, que les arbres explosaient en fleurs et bourgeons.
Aujourd’hui, j’ai toujours le titre, ça m’apprendra à traîner sur des billets, mais il fait à peu près 12 degrés, on a droit aux giboulées du mois susnommé mais pas au bon moment, le ciel est gris plombé et mes pauvres arbres sont en train de perdre leurs ravissantes fleurs sous les coups de vent et de pluie répétés.
Noël au balcon, Pâques aux tisons n’aura jamais été aussi bien vérifié que cette année mais ce n’est que le juste équilibre de la nature, non?

Ma bonne fée, incarnée en sage-femme, a entendu ma question de mon billet précédent (qui a dit “d’il y a très très longtemps?” J’ai entendu!) et a choisi pour moi: arrêt de quinze jours, on pourrait presque m’accuser d’avoir choisi les plus beaux jours de la période pour en profiter (qu’à moitié), mais ça m’a fait un bien fou. Je crois qu’il me fallait ça au minimum pour accepter un nouveau rythme (qui s’oublie bien vite lorsqu’on reprend le boulot, j’en témoigne), et que j’avais des paramètres essentiels à prendre en compte.

Le premier trimestre si compliqué à gérer me semble désormais bien loin. Aujourd’hui, je ne peux plus nier que je suis enceinte, ça fait deux ou trois fois qu’une gentille dame ou qu’un aimable monsieur me laisse passer à la caisse du supermarché et que j’en suis presque à le refuser tant ça m’étonne et me gêne. Je fais donc mentir toutes les femmes enceintes qui se plaignent de l’absence de politesse et d’attention des autres et qui ont sans doute des bonnes raisons de le faire et moins de chance que moi. Je n’ai rien à redire sur ma toute petite expérience jusqu’ici, même si j’ai toujours et encore envie de me retourner pour m’assurer que ce n’est pas à quelqu’un derrière moi qu’on s’adresse. On dirait qu’il y a encore un tout petit boulot de conscientisation à faire, malgré un ventre conséquent et des manifestations concrètes quotidiennes.

Nous avons fait plus ample connaissance avec bébé cette semaine, ce qui fut un nouveau tournant dans cette lente évolution à la temporalité si aléatoire. Nous savons désormais si c’est un petit il ou elle, tout le pari étant de garder le secret et de tenir sa langue. Je l’ai surnommé Happy Feet, pas que je cherchais à tout prix un surnom, mais la quasi première image de cette écho a été celle de deux adorables petits pieds bien collés contre mon ventre, presque plus clairs que son profil qu’il voulait désespérément nous dissimuler pendant toute l’écho. Ca m’a émue et touchée, et je me suis dit qu’après tout, il ne pouvait y avoir que le surnom d’un pingouin pour incarner les 4 mois restant de cette grossesse, comment avais-je pu imaginer autre chose?
En tout cas il s’entraîne aux claquettes comme il se doit, continue à trouver la position “pieds contre le ventre et tête bien au fond du bassin” tout à fait à son goût et confortable, et a même honoré son papa de quelques petits coups bien nets pour lui confirmer qu’il n’y avait pas qu’une image sur l’écran, mais bien un petit être au chaud dans le giron.
Oui, on devient mièvre pour un rien, je le confirme…

Je me suis souvent demandée si je ferais partie de ces femmes qui pourraient dire “j’aime être enceinte”. Sans avoir un élan absolu pour cet état, parce que j’ai quand même encore à l’esprit les angoisses que cela peut faire naître en moi et les efforts de repositionnement permanent que cela me demande, depuis quelques petites semaines, je peux au moins dire “j’apprécie cette expérience, j’arrive à la savourer à sa juste valeur je l’espère, je n’ai pas envie de regretter de passer à côté de certaines choses”. Je reste ébahie et parfois émerveillée des changements aussi brusques et rapides que je peux constater, c’est une adaptation constante et on me souffle dans l’oreillette que ce n’est que le level 1 avant l’arrivée de Happy Feet.

Soit. Entraînons-nous donc à l’adaptation et au lâcher-prise…

happy-feet-2-header.jpg

Vous me pardonnerez ce billet totalement futile, inutile et rempli de mièvrerie. C’est promis, j’essayerai de ne pas trop m’étaler comme de la guimauve mais avec un titre pareil, je pouvais difficilement faire mieux…

(Secret de) Polichinelle

L’avantage de bosser avec des mecs, c’est qu’ils ne sont pas du genre observateurs.

-Ils ne repèrent pas un brusque arrêt du café ou, dans mon cas, un passage du thé à une nette préférence pour la tisane de mamie
-Le coup de la migraine récurrente pour éviter l’alcool, ça passe plutôt bien, ça leur permet même de se moquer
-Les nerfs à fleur de peau, les réponses un peu vives, c’est normal, je suis une femme, c’est bien connu, les femmes sont le jouet de leurs hormones. Et puis tant mieux, ils ne tiennent pas de calendrier et ne s’étonnent pas que quand même, ce cycle-là commence à sacrément durer
-Ils n’osent pas faire de remarque sur les vêtements amples que je porte (en même temps je suis bien aidée par les -10 quasi quotidiens depuis un moment), et ils savent parfaitement que si remarques il y avait, j’ai la capacité de leur clouer le bec rapidement
-Mes cernes persistantes, les boutons d’acné dignes d’une adolescente, mon teint livide, des réserves d’écureuil dans lesquelles je pioche pour grignoter à longueur de journée histoire d’éviter de courir aux toilettes, tout ça leur passe à des kilomètres au-dessus de la tête et ça m’allait plutôt pas mal
-Vu qu’ils sont beaucoup sur le chantier, je n’ai pas à trop subir d’abus d’eau de toilette, sauf pour mon chef, lequel se voit infligé un gros mauvais point. Mais c’est quand même dur de dire à votre chef qu’il cocotte trop, hein?
-Les siestes récurrentes entre midi et 14H, affalée dans le fauteuil ne les étonnent pas plus que ça…en même temps, ça faisait un moment que je m’entraînais.
L’avantage aussi de bosser avec des mecs, c’est qu’une fois que les choses ont été dites sans subtilité et droit dans les yeux, ils se transforment en gros nounours plein de guimauve.
-Du coup, j’use et abuse de mon nouveau statut, et me voilà couverte de bonbons divers et variés et de chocolat (là par contre, c’est la balance qui proteste!)
-Ils n’osent plus trop me contrarier de peur des représailles foudroyantes (même si ça les amuse beaucoup, il faut bien l’avouer)
-Je les sens tout inquiets et tout perturbés à l’idée que dans quelques mois, leur quotidien puisse être chamboulé, puisque je ne serai plus là pour les materner et les dorloter

…Ce qui me fait penser qu’il faudra que je les remercie, tiens, grâce à eux, je dois être plutôt bien entraînée pour ce qui s’annonce au mois d’Août!

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Crédit photo: getty images

Ceci expliquant (en partie), mon silence en ces lieux, d’autant que cette belle histoire fut précédée d’une bien plus triste il y a plusieurs mois, qu’il a fallu que je digère. Je ne voulais pas transformer ce blog en cabinet des larmes, et il m’était difficile d’écrire avec légèreté ou gravité sans mentionner ce que je traversais. Désormais, c’est derrière et c’est une grande aventure qui nous attend…reste à voir comment je peux la faire vivre ici aussi, sans que ça ne prenne trop de place et en retrouvant le rythme d’écriture.
Et désolée pour vous mais oui, je me souhaite un été vraiment pas trop chaud, histoire de survivre jusqu’au 20 Août…

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