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Archive de la catégorie renaissance

Une grande bouffée d’iode

*Il y a d’abord l’arrivée dans les pins. Pas une forêt entière, moins qu’un peu plus haut sur la côte, mais ils sont là. Je soulève la visière de mon casque, je lève la tête, les narines grandes ouvertes, je hume, je m’emplis les poumons, et mon regard cherche. Elle ne doit pas être loin, quand je passe la langue sur les lèvres il y a comme un goût salé, non, ou alors c’est mon imagination, mas trop grande envie de déjà voir le ressac, entendre le bruit?

*Ensuite, c’est la découverte d’une ville. D’un tout petit hôtel où les plantes ont élu domicile, un jardin flamboyant, une décoration dont je ne voudrais sûrement pas dans mon salon, mais qui donne un charme si désuet à l’endroit. On se pose, on enlève les cuirs. Elle est où la mer?
Tout droit, au bout de l’avenue.

*Le vent qui nous prend d’un coup, alors qu’on débouche juste au début de la plage. On aurait calculé qu’on aurait moins bien réussi. C’est le coup dans le plexus, dans les yeux, dans les narines, dans les oreilles! Les 5 sens sollicités aussi brusquement, la poitrine qui s’élargit, ça y est, l’océan est devant nous, on se jette à sa rencontre, il vient à la nôtre.

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*On n’est pas les seuls à y avoir pensé. Toute la côte est réunie sur quelques centimètre carrés d’une plage qui se fait manger progressivement par la marée montante. Moi qui ne supporte pas les foules, moi qui fuis tout regroupement de plus de 3 personnes, qu’à cela ne tienne. C’est trop tentant, ça fait si longtemps, et puis je m’étais jamais baignée dans l’océan. Je suis une fille de la Méditerranée, mes origines, mon histoire familiale m’ont toujours ramenées vers la mer intérieure. Aujourd’hui, je suis moi, et je ne suis plus entièrement la fille de mes parents, la fille de ma famille. Mes goûts changent, et j’ai comme la sensation que, sans renier mes origines, mon coeur va appartenir à une autre étendue d’eau, plus fougueuse, plus sauvage, plus indomptable, plus authentique…Qui me ressemble un peu plus, sans doute….

*L’eau est à 20°. J’y rentre sans m’en rendre compte, mais on ne rentre pas dans l’Atlantique, on s’y fait prendre. Les rouleaux nous promènent, je reste attentive, je ne le connais pas, on s’apprivoise. Et surtout, surtout, il y a tant de monde. Les vagues ne me font pas vraiment peur. Les autres, si. Je finis par sortir, trop angoissée de me retrouver à tournebouler sur quelqu’un, ou d’être heurtée. J’assisterai au spectacle, collée serrée au milieu des serviettes. Une femme bienveillante, qui a bien deviné qu’on n’était pas tout à fait habitués au ressac, nous a gentiment remonté nos paires de baskets et sacs qu’on avait laissé traîner un peu trop près des assauts furieux des vagues.

*Le soir, c’est la fête dans la ville d’à côté, homonyme du Saint fêté toute la semaine. On y débarque, innocents, sans s’y attendre, se bénissant une fois de plus d’être en 2 roues, pouvoir caser la moto sur un coin de place, et partir se balader sans s’inquiéter de se garer, ni des bouchons pour repartir. Un petit resto, une glace sur la plage, il fait frais et que c’est bon après la chaleur de l’après-midi, on est heureux d’avoir les cuirs sur le dos, et puis le coucher de soleil a une autre saveur, celle du caramel beurre salé de ma boule de glace, celle du sel de cet océan temporairement apaisé, qui se retire, loin plus loin encore, je ne suis pas habituée aux marées, aux changements de paysage, tout bouge, tout est en mouvement, tout est tellement plus naturel ici au bord de cette grande étendue….

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*Le lendemain, on constate sur place l’ampleur des marées. Pieds nus, pas de baignade mais l’eau est toujours si douce. Comme la mousse des rochers sous la plante des pieds, chasse aux crabes, découverte des microcosmes dans les flaques d’eau, restées coincées dans les rochers. C’est un arc en ciel de quelques centimètres cube, le rose violacé des algues, le gris du rocher, le noir des oursins, et le ballet de tout petits poissons au milieu. Je regarde avec envie les surfeurs s’emparer des rouleaux plus loin dans l’eau, si j’avais le temps, si je pouvais, goûter à ces sensations-là….

*Ces 2 journées passées si vite, se sont envolées dans le vent, vers le large. Juste le temps de tomber amoureuse d’une atmosphère, et puis il est l’heure de repartir, reprendre la moto, se concocter un petit voyage retour avec une ou deux étapes alléchantes, se promettre de revenir, plus longtemps, pour s’arrêter visiter toutes les beautés que nous traversons.

L’arrivée à la maison, c’est un orage pris à 15 kilomètres de chez nous, qui nous rince en 2 minutes, une bécane amphibie dans un rond point, une coulée de boue et un fou rire, on ne pouvait pas terminer de manière plus magistrale, le ciel s’est vengé du sel que nous avions encore sur la peau et sur les habits, lorsqu’on s’est déshabillés, tout le sable récolté sur la plage est tombé des vêtements, dernières traces concrètes de notre escapade, avant que l’on puisse se rabattre sur les photos, et les souvenirs, et l’envie d’y retourner, déjà….

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Un air de fête…

Hier, c’était mon dernier cours de papouilles de l’année. Ca faisait tout drôle, mine de rien, même si je n’ai pas forcément eu de coup de coeur pour ce groupe, il y avait quelque chose qui nous liait, et puis en 10 mois, à force d’apprendre des techniques ensemble, les tester, avoir tour à tour le rôle du cobaye ou de l’apprenti sorcier, ça crée des liens. Alors oui, hier soir au moment de se dire au revoir, il y avait un mélange de gêne et d’émotion, la promesse de se revoir et en même temps, la conscience que nous avions tous des chemins à suivre, qui auraient peut-être du mal à se croiser.

Hier soir, c’était aussi la fête de la musique. Et ça coïncidait pile avec le retour d’un temps plus paisible (je n’ose pas employer de terme qui pourrait porter malheur: soleil, chaleur…), et l’atmosphère s’en ressentait, au point qu’on se demandait, en arpentant les rues, ce qui était fêté.
Et puis après tout, qu’importe?
Nous avons fait un grand tour en ville, et j’ai aimé cette ambiance, moi qui crains pourtant la foule, le monde, qui me sens vite oppressée, j’ai aimé les sourires que j’ai croisés, les yeux qui brillaient, les chansons que j’ai entendues, le passage d’un univers musical à un autre en faisant juste quelques pas. Nous avons pris notre temps, crawlé dans la cohue, écouté, regardé, j’aurais voulu danser, comme ce couple qui m’a tant émue en accompagnant un rock sur un bout de trottoir, et qui semblait si harmonieux. Avec les casques et blouson en cuir ce n’était pas forcément idéal, et surtout il va nous falloir quelques cours pour arriver à une si jolie chorégraphie.

Hier, c’était une odeur, un goût de vacances, ça a permis de faire passer la pillule du lundi soir, accompagnée de celle des difficultés au boulot, hier j’ai laissé derrière moi une ambiance plombée pour de la légèreté, j’étais bien au chaud dans mon gros blouson, mais je rêvais de petites robes et de sandales. Hier, je me suis souvenue que dans 3 semaines je serai en vacances, et que l’été arrivait, sisi, n’en déplaise à monsieur Météo.

Fête de la musique, fête de l’été, fête tout court et coeurs légers…

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Et sinon, restez en ligne, demain si tout va bien, je vous raconte comment j’ai fait revenir le soleil! Non je ne suis pas prétentieuse, je vous assure, il fallait au moins ça!!

Témoin privilégié

Il faut quand même que je vous raconte… 

Mes vacances s’ouvraient avec le long week-end de l’Ascension et un événement tout particulièrement important: le mariage de Zelda, ma maraine de blog (et Amie, et complice de tant d’autres choses…), connue sous d’autres noms également, et de son Homme Qui…,  si chers tous les 2 à mon coeur.

Et parce que nos histoires, et nos chemins à tous les 3 se sont entremêlés de fort jolie façon depuis que ce couple de Mariés Radieux s’est rencontré, ils m’avaient tout d’abord demandé d’être leur témoin, ce que j’avais bien entendu accepté avec beaucoup de fierté et d’émotion.
Et puis très vite, en parlant mariage donc, déroulement de la journée, ils m’ont expliqué qu’ils souhaitaient marquer leur union autrement que sous le sceau de l’administratif, et à leur manière. Ils ont donc choisi de composer, d’eux-mêmes et grâce à leur merveilleuse complicité, une cérémonie laïque à leur image.
Je connaissais le principe, j’en avais entendu parler, j’avais failli assister à 2 de ces événements (pour l’un, trop éloigné pour que je puisse être présente, pour l’autre, pas -encore?- réalisé), je voyais de quoi il s’agissait, tout en sachant que sous une même appellation, bien des choses pouvaient se retrouver.

Et puis c’est arrivé rapidement, les Amoureux Radieux m’ont demandé de présider à cette cérémonie. En d’autres termes, d’en être la maîtresse, le fil rouge.
Aujourd’hui, maintenant que c’est passé, que j’en ai les souvenirs, du début jusqu’à la pas encore fin (ça ne se termine pas comme ça, un tel événement), je réalise encore plus l’immense honneur, la confiance incroyable qu’ils ont placés en moi en me proposant ce rôle. Même si le mariage représente pour chaque couple un événement différent, en terme de densité, de symbolique, de point de référence, il n’empêche….J’ai accepté (qui peut dire non à une telle proposition?) d’être non seulement le témoin, mais aussi l’actrice d’heures particulièrement fortes, et intenses pour leur couple. En soi, c’était déjà beaucoup. Et comme la pression n’était pas tout à fait suffisante, cela devait se faire devant un public quand même conséquent.

Autant vous dire que plus la date s’approchait, plus je me réjouissais pour eux, mais plus le stress montait.
De leur côté, ils ont été bien sûr formidables et m’ont merveilleusement aidée, d’abord en me répétant à quel point ils me faisaient confiance, mais surtout en m’expliquant précisément ce qu’ils souhaitaient, ou ne souhaitaient pas. Ils ont fait un travail formidable, incroyable en préparant leurs textes, en définissant leur lien, leur couple, leurs souhaits, leurs voeux. Je percevais un peu de cela, mais je crois qu’avant cette cérémonie, je ne devais vraiment voir que la partie émergée de l’iceberg. Aujourd’hui, après avoir entendu leurs voeux, les avoir vus les prononcer, avoir été à leurs côtés pendant cette journée…je n’en vois qu’à peine plus, tant c’est gros. Et beau.
Nous avons beaucoup discuté, échangé. J’ai été pendant très longtemps paralysée par l’angoisse de la feuille blanche, incapable d’écrire le premier mot de cette cérémonie que j’allais devoir conduire. Et puis c’est venu peu à peu, finalement assez facilement, avec assez peu de retouches. Ils ont accepté très vite mes propositions, là où je m’attendais à ce qu’ils demandent légitimement plus de reprises, de reformulations. On était sur la même longueur d’onde, et ça m’a beaucoup rassurée aussi.

Ces 2 derniers mois, je suivais les préparatifs, et je m’immergeais peu à peu dans ce mariage, de mon petit point de vue. Un joli paradoxe, un pied de nez à la vie, quand je repense à mon parcours, à ce que j’ai moi-même traversé. Peut-être ce passé amplifait-il le sentiment d’importance que je ressentais dans tout cela, et surtout ma volonté absolue de ne pas les décevoir, de leur offrir ce que je pouvais faire de mieux: rendre réel ce qu’ils ont rêvé, construit et imaginé pendant quelques mois, depuis que la décision du mariage avait été arrêtée.

Cette heure (pas tout à fait) du 15 mai, je m’en souviens comme dans une brume. C’était magique, sur tous les plans. J’ai fait partie d’un grand tout, quelque chose s’est passé, là dans cette grange illuminée de bougies, malgré le froid, malgré les petits bugs inévitables et finalement charmants (à commencer par les miens, que je trouve moins charmants m’enfin…), la magie a opéré, grâce à ces 2 êtres qui irradiaient le bonheur et l’amour, qui donneraient la foi dans le mariage aux plus sceptiques, et qui persuaderaient les plus désabusés qu’il y a bien quelqu’un, quelque part, avec lequel on est destiné à s’unir.

Aujourd’hui, je crois que je n’ai pas encore tout à fait assimilé ce qui s’est joué pendant cet événement. Au point que je peine à rouvrir mon texte, et l’envoyer aux Jeunes Mariés Radieux, alors qu’ils me le réclament depuis un petit moment pour pouvoir réunir toutes leurs petites billes (promis, promis, je vous envoie tout ça).
Aujourd’hui, je repense à cette journée, et les mots me manquent pour exprimer à quel point je me suis sentie honorée, heureuse, touchée, émue d’avoir eu ce rôle, d’avoir reçu cette marque de confiance et d’Amitié.
Aujourd’hui encore, je ne sais pas comment les remercier de tout cela alors que (c’est fou ça!) ce sont eux qui m’ont si longuement remerciée…

Aujourd’hui, lorsque je vois l’émotion qu’un tel événement a provoqué pour moi, je me dis qu’ils doivent encore avoir bien du mal à réaliser….
(Et moi aussi je vous aime, moi aussi je fais dans la guimauve délicieuse…)

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Et comme par hasard, mais le hasard n’est pas ce que l’on croit, c’est aujourd’hui, alors que j’avais prévu d’écrire ce billet, que je découvre celui-ci, bien mieux écrit et surtout si joliment illustré (je n’ai pas osé mettre ici une photo plus personnalisée, j’aurais bien voulu mais je leur laisse cette liberté-là).
En parcourant les pages, vous aurez des récits bien mieux écrits, et une bien meilleure idée de ce jour inoubliable, parce que mon incapacité à faire passer ici de façon satisfaisante les sentiments que je ressens prouve à quel point je suis encore remuée, je crois.

Petites touches de week end

Je dois bien me faire une raison, et laisser à Leeloolène l’art délicat de la narration des petits et grands événéments, et à Karmara le soin de se délecter des jolis jeux de mots pour décrire ces instants magiques tous ensemble (non on ne te met pas la pression, on attend juste avec impatience!)
C’est ça, le partage des tâches, on a eu beau réfléchir à des blogs et billets croisés, nous avons nos spécialités respectives, et moi la mienne, bien humblement, ce sont mes petits cailloux.

Alors oui, de façon à peine plus structurée, ce week-end c’était:

*Une rencontre de blogueuses, qui pour certaines ne se connaissaient pas autrement que virtuellement. Mais à nouveau le même émerveillement de la spontanéité, la reconnaissance immédiate, l’impression de se connaître depuis bien longtemps, la satisfaction de pouvoir enfin vivre ce que l’on se promettait: un thé partagé, une balade en commun, des récits et des soirées qui s’étirent et qu’on ne voudrait jamais arrêter, des histoires à n’en plus finir, des précisions sur tant de sujets soulevés par écrit.
*La découverte d’une région, faille spatio-temporelle dans laquelle le temps semble suspendu et pourtant passe trop vite. L’envie d’arpenter les sentiers, connaître les moindres recoins à chaque saison, s’imprégner de la paix, de la tranquillité du village et des environs, admirer les sommets, écouter les souvenirs de ceux qui y vivent, ou de celles qui y ont passé des moments inoubliables
*Des rires à n’en plus finir pour beaucoup de maladresses et énormément de blagues. Une complicité qui se tisse entre petits et grands, l’aventure qui revient au grand galop dès qu’il s’agit de traverser un tout petit ruisseau transformé en rivière impétueuse (”mais je vous promets, en été il n’y a rien qui coule, c’est un filet d’eau”….). Ahem, on reviendra vérifier…
*Une guide de ballade qui nous jure à chaque virage que c’est le dernier de la pente, et au 4ème passé, on commence à flairer l’arnaque. Dès le premier quart d’heure de marche, l’arrivée était prévue pour les quasi 20 minutes suivantes. C’est ainsi que nous avons gambadé pour notre plus grand bonheur de 11 heures du matin à passé 17 heures. Avec des pauses (et non des moindres, des pauses de luxe messieurs-dames) certes, mais on en a conclu que le quart d’heure ariégeois était potentiellement bien plus long que dans le reste de la France.
*Des petites filles qui se transforment en baroudeuses aventurières, tout en restant princesses s’inventant des histoires. A cet âge-là, elles savent tout faire en même temps: parler, marcher, mettre les pieds dans l’eau, rire et pleurer. Et ce ne sont pas elles qui sont fatiguées à l’arrivée!

Et au final, ce sont des départs trop rapides, et des échanges mails dans lesquels nous faisons déjà la liste des choses à ne pas oublier pour la prochaine occasion:
-Les incontournables oeufs qui seront sans doute Le private joke de ces 2 jours (merci mon cher et tendre)
-De la crème solaire
-Des bonbons à la menthe et du jambon blanc (pas forcément ensemble)
-Encore plus de foie gras, plus de pain, mais tout autant de rouge
-Un sac un peu mieux fait
-Un gâteau au chocolat autrement que virtuel (forcément, sans oeufs…)
Mais surtout, surtout du temps, encore plus de temps, et pas d’horaire d’été, je vous en prie!

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Et pour lui faire honneur, merci à Leeloolène à qui j’ai pris toutes ces jolies photos…(et merci pour tout le reste aussi, bien entendu!)

Chronophagie

Je ne sais pas, c’est un terme à la mode, et puis je trouve qu’il me correspond bien ces temps-ci.

Je me débats dans mon planing. Je ne suis ni la première, ni la dernière me direz-vous, mais comme ici c’est chez moi, eh bien je décide de ce dont je vais me plaindre, et vous en subissez les conséquences. Mes sincères et plates excuses.

Donc oui, je me laisse bouffer. Et pourtant je ne suis pas maman. Ni ministre. Ni présidente, ni rien. Qu’est-ce que ça serait sinon.
Il s’avère simplement que je suis dans une période bilan. Bilans même, au pluriel.
Sur ma vie professionnelle et le tournant que je veux lui donner (ça, ça fait un moment que ça dure)
Sur les projets et les priorités que je veux mettre en place (conséquence de la phrase précédente)
Sur mes manques personnels également (professionnels forcément, puisque j’essaye de changer les choses)

Comme souvent dans la vie, les opportunités arrivent par grappes. Par trains ou wagons entiers comme ça, paf. On traverse de longs longs déserts, dans lesquels on désespère de pouvoir faire bouger un seul petit cactus. Et quand arrive l’oasis, d’un coup, c’est le tremblement de terre. Des choses inimaginables peu de temps avant nous tombent dessus, et le pire, c’est que ça nous paraît tout à fait cohérent, logique, faisable. Donc on saisit l’opportunité, parce qu’on le sait tous, quand ça se présente, il ne faut pas laisser passer. On ne sait jamais si (et quand) ça pourrait revenir.

Fin 2009, début 2010, j’ai donc saisi des opportunités. Une, essentiellement: celle de me former dans ce qui m’intéressait, d’enfin concrètement me décider, oser, me lancer. Moyennant une coquette et substantielle somme (soit, bon, le jeu en valait la chandelle et je pouvais plus ou moins le tenter), mais aussi le sacrifice de 2 soirées par semaine. Ce qui, au moment de l’inscription, ne me posait guère de souci: cher et tendre travaillait de soirée toute la semaine, j’avais donc largement de quoi remplir mon planing pas trop chargé (à l’époque).

Entre temps, eh bien beaucoup de choses ont changé: cher et tendre est passé de journée (et même plus encore mais c’est un autre débat), nous offrant enfin des soirées ensemble, une “vraie” vie de couple (je mets cela entre guillemets, cette définition étant aussi variable que le nombre de couples sur cette planète, je le sais bien), et les finances deviennent un tout petit peu plus aléatoires. Rien de grave, mais de quoi faire attention en tout cas pendant un petit moment.
En attendant, je ne regrette pas un seul instant mon choix, ma décision. Mes envies n’ont pas changé, j’ai même mis en plein dans le mille sur cette formation, et je suis ravie.
J’ai quand même hâte d’être au mois de Juin, date de fin, et de retrouver une certaine liberté de toutes mes soirées, afin de pouvoir mieux les répartir. Mais je ne me fais pas plus d’illusions non plus: après cette formation, d’autres obligations surviendront, ce n’est que l’arbre qui cache la forêt.

Je reste donc sur ma faim. Sur le temps que j’offre à mon couple (et à la vie familiale, je n’oublie pas Miss Blondinette), parce que mon boulot m’épuise, et ne me laisse pas suffisamment d’opportunités de rtt et de vacances partagées, mais aussi beaucoup sur le fait que mes amis, là au milieu, peinent à se retrouver au centre de mon quotidien. Enfin, au centre avec tout le reste.

Voilà donc le problème posé: comment offrir une attention, et du temps égal à: une reconversion professionnelle, un couple heureux et harmonieux, une petite fille de 6 ans, et des amis qui n’ont jamais fait défaut?
Sachant qu’une journée fait 24 heures, une semaine 7 jours, un mois entre 28 et 31, une année 365, et moi là au milieu, ça me fait trop de mathématiques et je suis perdue!

Je le prends sur le ton de la plaisanterie, mais la question reste grave. Luc parle merveilleusement bien des notions de priorités, du temps, de la motivation. Je vous invite à lire ses articles, qui font particulièrement écho en moi actuellement.
Les recettes, je les ai: trouver et définir mes impératifs, comment aussi mieux équilibrer mon planing (souvent, de bien petites choses -je vous interdis de dire bloguer!!- nous font perdre un temps dont on a peu conscience) et consacrer plus de temps à mes essentiels.
J’ai la recette, donc, et les ustensils. Mais j’ai beau goûter, pour l’instant, ma soupe a franchement un goût amer et il y manque un sacré nombre d’ingrédients!!

Vertige de l’amitié

De ma parenthèse de vie qui n’en était pas franchement une parce que jusqu’ici, ce fut quand même parmi les événements majeurs de ma petite existence, je n’ai pas gardé grand chose. J’ai même au contraire essayé de m’alléger au maximum, ce qui n’était pas toujours facile.

De ces 8 années, j’ai néanmoins conservé la fidélité à un couple d’amis. Communs, mais qui sont devenus les miens par des circonstances qui à elles seules hurlaient tellement qu’elles font partie des très nombreuses choses qui auraient pu me faire fuir très loin et bien plus vite.
Nous avons vécu à 500 mètres les uns des autres pendant 3 ans, nous soutenant en toutes circonstances, et il ne pouvait pas passer une semaine sans qu’au moins une soirée soit commune, à nous 4 ou moins, selon les obligations des uns et des autres.

Et puis vinrent les déménagements, dans le Sud mais pas le même. Plutôt central pour nous, plutôt Est pour eux. Nous avons tenté de conserver des relations, la distance est cruelle à l’amitié, mais nous avons tenu bon, tant bien que mal.
Le clash est arrivé, pas avec moi, mais avec cette autre partie de ma vie à laquelle je restais attachée, prisonnière faut-il dire. Je ne leur en ai jamais voulu. Et curieusement, même si cela m’a beaucoup affectée et que je me sentais déjà déchirée, arrachée, je gardais une étonnante sérénité: des amis comme ça, ça ne se perd pas.

J’ai survécu, j’ai nié, puis j’ai regardé, j’ai affronté. Et re-déménagé. Encore plus à l’Ouest, encore plus loin d’eux. Mais de temps à autres, un signal faible se manifestait, de l’Est au loin, qui disait en substance “on est là, encore. On sera là pour toi; et quand viendra le moment, on le sera encore plus”.
Les appeler, leur raconter, fut parmi les actes symboliques que j’ai posés lors de ma période de transition. Et j’ai senti que je ne m’étais pas trompée, que quoi qu’il arrive, nous ne pouvions pas perdre ce que nous avions tissé, construit ensemble, et qui était si puissant. Malgré les remous, malgré les négations, malgré la distance.
Nous nous sommes revus, assez peu, bien trop peu. Plusieurs heures de voiture ou train nous séparaient, des obligations respectives compliquées. En 3 ans, nous n’avons même pas tenu le rythme d’une rencontre par an, mais qu’importe. Je n’aime pas trop le téléphone et eux assez peu l’écrit, mais vaille que vaille, les nouvelles circulaient, et c’était bon, comme à chaque fois.
L’été dernier, je leur ai présenté mon amoureux, lors d’une occasion provoquée et trop vite passée. J’ai été heureuse, c’était une autre page qui se tournait, un autre symbole et de quelle importance!

Hier soir, après une séance de formation éprouvante mais toujours enrichissante, je l’ai eue, elle, en ligne. Plus de 2 heures! Tous ceux qui me connaissent savent que coller les termes “téléphone” et “2 heures” côte à côte relève d’un défi himalayen! Mais ces 2 heures sont passées aussi vite qu’une brise sur le visage. Une réminiscence du passé, où elle et moi passions des soirées incroyables, devant une bouteille de rosé ou de blanc, des gateaux apéritifs (on constate au passage le fabuleux régime que nous tenions et assumions), à refaire le monde, nos couples, notre vie, nos rêves, nos envies, nos déceptions. A commencer les phrases et terminer celles de l’autres, à deviner à demi-mots sans avoir besoin d’expliquer, à ouvrir les yeux grâce à des remarques. Tout ce qui fait la magie d’une amitié, d’une re-connaissance mutuelle (le mot est plus explicite écrit ainsi).
Hier, j’ai terminé la conversation téléphonique en lui disant “il ne nous manquait que cette bouteille de vin, ces gateaux apéro, et la possibilité de rire juste à côté de toi pour me sentir comme à l’époque, et pourtant il y a bien peu de raisons pour lesquelles j’aurais envie de replonger dans ce passé”.
Hier, nous avons décidé que nous allions nous consacrer mutuellement plus de temps. En s’appelant plus souvent. En se revoyant. En faisant vivre cette amitié qui a déjà la force, la magie de survivre sans être bien entretenue, comme ces plantes solides qui poussent malgré un environnement difficile. Mais que maintenant, à partir de cette année, cette amitié méritait de recevoir son terreau et son arrosage, et qu’il serait bon d’arriver à la chouchouter un peu plus.
Hier soir, j’ai raccroché avec un léger vertige, comme si j’avais à digérer de splendides choses que je n’avais pas vues venir.

Et aujourd’hui, comme en écho à ce moment un peu hors du temps, brillait un soleil printanier, une chaleur de mois de mars, et mon coeur était léger, léger du bonheur de l’amitié, de la chance d’être si bien entourée….

Vivre à deux

*Le corps, l’esprit qui se tendent dans l’impatience de se retrouver, chaque jour, chaque soir ou chaque matin

*Avoir hâte de raconter, partager

*Sentir la sérénité, quoi qu’il arrive, savoir que tout peut toujours se discuter, s’expliquer

*Etre comme un capitaine de voilier: tenir un cap à 2, et réajuster la voilure lorsque le vent change, délicatement et en accord

*Oublier qu’un jour, revenir chez soi était un poids et une douleur. Se sentir plume légère, tous les jours

*Regarder l’autre avant de s’endormir, ne pas croire à la chance que l’on peut avoir de vivre cela. Essayer de s’en persuader, s’en émerveiller

*Vivre des moments denses, et n’attendre que le week-end pour se retrouver, à 2, ensemble, enfin, longtemps

*Ne pas toujours se sentir à la hauteur de sa patience, sa confiance, et chercher les mots et la façon de le remercier

*Trouver les termes exacts de ce billet en s’endormant dans ses bras, se réveiller en les ayant oublié, avec frustration

*Se sentir libre et à la juste et bonne place. Etre soi-même, simplement, et permettre la même chose à l’autre. Souhaiter, de tout coeur, que chaque personne autour et plus loin puisse enfin vivre la même chose, sans savoir comment l’expliquer

Merci, mon Amour. Ces mots n’expriment pas le quart de la moitié de ce que je voudrais faire passer ou de ce que je pense, mais il me paraissait important de l’écrire, tout de même….

“Something happened”

J’ai découvert il y a peu, et suite à une lecture que j’avais déjà évoquée, cet auteur, et par détours son blog.
Aujourd’hui, selon son principe, il propose son 9ème exercice d’écriture sur un thème donné, et j’avoue que ça m’a de suite parlé. Je vous renvoie au lien pour la description, et je me suis permise, sans son autorisation, de reprendre son titre pour intituler ce billet.

Alors voilà, pour jouer un peu la facilité, je vous livre ici ce que je vais lui envoyer.

“C’était un mardi, je crois, je n’en suis plus très sûre aujourd’hui.
Dans quelques jours, ça va faire 3 ans.

Un mardi comme un autre, la vie qui s’étire longuement, retour du travail, allumer la télé, se faire à manger, bâcler la nourriture, se nourrir sans savourer.
Et ce poids, toujours, sur les épaules, sur le coeur. Ce poids qui n’en est plus un, tant j’ai pris l’habitude de vivre avec, comme un compagnon, comme une obligation. Je tourne en rond, je cherche, je me cherche.
Il était là ce soir-là, nous avions échangé des banalités comme souvent, sans y mettre le cœur, en se forçant bien sûr.

22 heures, il était déjà sorti depuis plus d’un quart d’heure, dans l’hiver humide du Sud, promener le chien. Ces promenades qui duraient une éternité, ce besoin de prendre l’air, de sa part, de la mienne, j’étais blottie sous les couvertures, je regardais une émission quelconque, absente à moi-même, absente à la vie.

Ca a sonné d’un coup, m’a fait sursauter comme à chaque appel à cette période. Qui appelle à cette heure, mais surtout, qui appelle sur un numéro que nous ne communiquons jamais ??
Et surtout, pourquoi est-ce que je me suis levée ce soir-là, alors que j’avais laissé tant de fois retentir la sonnerie, tremblante, paralysée d’affronter la réalité, celle de l’extérieur, celle de ce monde que je ne maîtrisais pas, plus, cet univers où tout m’échappait.

J’ai décroché, mue par une force qui me dépassait, comme un noyé s’accroche à la bouée qu’on lui lance.
-J’aimerais “lui” parler s’il vous plaît
-Mais qui êtes-vous pour appeler ainsi, il est 22H30??”
-Sa copine, depuis plusieurs mois
-Ah ça tombe bien, je suis sa femme, depuis 7 ans.

Du reste, je ne me souviens guère. Mes jambes tremblaient tellement qu’il a fallu que je m’assoie. J’ai senti le même effarement en face, mais peut-être moins violent, moins bouleversant.
J’ai raccroché, et je l’ai entendue, cette voix intérieure : « si tu ne fais rien aujourd’hui, c’est ton enterrement que tu signes. C’est maintenant ou jamais, enfin, pour VIVRE. »

Tout chambouler. Quitter une ville, un boulot. Des points de repère, mais construits sur des fondations de sable. Repartir à zéro, encore, enfin. Vivre enfin, déployer ses ailes, respirer, oublier la peur, celle chevillée au corps depuis si longtemps, découvrir que cette boule énorme, sur le plexus, étouffante, n’est pas une fatalité. Se prendre en main, prendre en charge, décider, assumer, surmonter l’insurmontable, repousser des limites qui paraissaient inatteignables, apprendre à savourer, devenir légère, si légère…”

Il était peut-être temps de l’écrire, symboliquement. Et surtout, y arriver, c’est signe que c’est définitivement derrière moi…

Quelles résolutions?

Je ne suis pas très douée pour les voeux de la nouvelle année, et encore moins pour les bonnes résolutions. La preuve, c’est que je me dis que quand même, ce serait bien que je réinvestisse un peu mieux ces pages, mais comme premier billet de la nouvelle année, je cherche quelque chose de pas trop banal à raconter. Le résultat est que je n’écris pas, et qu’il n’y a qu’au moment où forcément je m’endors que je me mets à former dans ma petite caboche butée des phrases dignes d’un prix de littérature. Le lendemain, j’ai évidemment tout oublié: sujet et formulation.

Depuis 6 jours, donc, je suis un peu hésitante sur la conduite à tenir. J’ai commis l’irréparable erreur de souhaiter bonne année à un collègue le 31, qui m’a sèchement repris en m’expliquant que ça ne se souhaiter qu’une fois passé minuit. D’accord, d’accord, je ne voulais pas fâcher.
Le réveillon s’est fait en tête à tête, dans une bulle. C’était un peu pour marquer la date, surtout pour se retrouver, ça aurait pu se passer en milieu d’année. Oui, on s’est souhaité plein de belles choses pour les douze prochains mois à venir. Mais il m’importe de le faire tout au long de l’année, et de communiquer autrement qu’entre le 20 et le 30 de décembre pour savoir si tout va bien, ou s’il y a une barre à redresser.

Je souris et reçois les voeux avec plaisir depuis le 1er. Je fais même la bise à mon chef, mais c’est parce qu’il m’y a forcée, faut pas croire.
Je ne prendrai aucune bonne résolution, et qu’on ne me demande pas de les énumérer. Je sais que pour moi, c’est la meilleure manière de ne pas les tenir. Et puis j’ai envie de me fixer des buts, j’ai envie d’apprendre, avancer, mais faut-il l’intégrer obligatoirement dans les 365 jours à venir? Je cultive la remise en question perpétuelle, ça ne me paraît pas très cohérent.

Je lis avec admiration les décisions, envies qui fleurissent sur tous les blogs que je suis. Je me dis que c’est beau de mettre autant de symbole dans un changement de date. Je n’ai écrit aucune carte de voeux, je saisis des occasions pour formuler des souhaits mais je ne les provoque pas. Si certains en sont choqués, je m’en excuse sincèrement. Il n’y a ni volonté de blesser, ni d’ignorer, ni de marquer un message dans mon mutisme. Je me penche aussi sur un départ en fanfare de ce mois de Janvier, beaucoup de bouleversements, qui auront certes une issue positive, parce qu’on apprend à chaque nouvelle étape majeure, mais qui, sur le moment, demandent qu’on mobilise un peu d’énergie pour y faire face. Et relèguent certaines conventions à de l’un peu plus superficiel.

Voilà un beau billet pour ne rien dire. J’essayerai de mieux faire la prochaine fois, mais ça non plus, je ne le promets pas. Une résolution au sujet de ce blog, et je risque de le mener à la décadence définitive.

A tous, je vous souhaite quand même de la chaleur dans ces températures polaires, et surtout de la chaleur tout autour de vous.

Mouvement(s)

Ca bouge beaucoup autour de moi. En bien, d’ailleurs, et j’en suis ravie. Mais il y a comme ça des périodes, plus ou moins longues, où l’on sent beaucoup de forces en action. Des changements majeurs, ou mineurs, mais qui s’annoncent tous en même temps. Un peu comme si quelque chose de figé ne pouvait pas le rester si longtemps, et que forcément, des positions devaient être modifiées. Et selon l’adage du battement d’ailes de papillon, un mouvement en entraîne d’autres.

Ce sont de beaux projets qui m’entourent (peut-être aussi parce que je n’ai pas envie de laisser ici place aux plus négatifs). Ce sont des mariages, des enfants. Des envies, des idées, des élans qui naissent, qui se forment, qui avancent. J’en suis soit témoin, soit actrice, soit spectatrice, et quelle que soit ma position, elle me rend heureuse.

Ma vie n’avait pas non plus été aussi stable depuis fort longtemps. J’ai trouvé un ancrage. Certes, il y a des ajustements à faire. Des petits tracas, des interrogations, mais que serait la vie sans ses questions? Je les aime, ces questionnements, parce que ce sont eux qui me font avancer. Il faut juste que j’apprenne parfois à lâcher les pédales, et laisser rouler le vélo en roues libres. Histoire de savourer le vent sur ma figure, le paysage autour, et cesser de regarder le bitume.

D’où me vient, alors, cette envie de tout envoyer valser? De garder mon essentiel, celui dont je tiens la main depuis un an et demi, et oublier tout le reste? Réinventer, détruire pour reconstruire? D’où viennent ces insatisfactions qui s’exacerbent à chaque tournant? D’où viennent ces envies de tout perdre, lorsque j’ouvre les yeux le matin?
Rebellion adolescente tardive, ou peut-être enfin, un mal-être constructif (sisi, ça doit exister) que je laisse s’exprimer, puisque j’ai trouvé mon ancre quotidienne? Oui, c’est beaucoup en lien avec ma voie professionnelle. Ce n’est pas un scoop, je ne me suis pas réveillée il y a peu, étonnée, en me disant “mon boulot n’est pas fait pour moi, il faut que je bouge”. J’ai commencé à changer il y a presque 2 mois, et c’était déjà le résultat d’une longue évolution intérieure, et d’une bonne dose de courage qu’il m’a fallu réunir.
C’est plus profond, cependant. C’est ce regard hébété que je porte au quotidien sur mes semblables, sur mes lieux, sur mes habitudes. Ces interrogations de ce que je veux accepter, ce que je peux rejeter. Ce que je veux reconstruire. C’est cette idée que j’arrive à un virage (mais qui m’indique que le virage est maintenant, ne sommes-nous pas, après tout, constamment sur une route sinueuse?), que je vais avoir à prendre des décisions qui seront bien plus importantes pour la suite. Qu’il y a des envies chevillées au corps que je ne veux pas perdre. Et d’autres pressions sociales que je voudrais briser.

Hier, mon cher et tendre m’a dit, avec une simplicité effarante “aujourd’hui, j’ai décidé de positiver. J’en ai eu marre de cette pression, de cette mauvaise ambiance au boulot, et j’ai décidé que ce n’était pas mon essentiel, que ça n’avait aucune importance. J’ai préféré me concentrer sur mes petits et grands bonheurs, et prendre du recul”. C’est lui qui a raison. Je sais que nos petits et grands bonheurs (communs ou séparés) sont les preuves quotidiennes que nous sommes sur le bon chemin. Il y a juste certains jours où ces questions et réflexions qui m’assaillent sont plus douloureuses et plus présentes que d’autres. Où je peine plus à lâcher les pédales.

Et puis, quelle est cette voix que je refuse, semble-t-il, d’écouter, pour avoir ainsi mal à l’oreille?