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Archive de la catégorie renaissance

Chronophagie

Je ne sais pas, c’est un terme à la mode, et puis je trouve qu’il me correspond bien ces temps-ci.

Je me débats dans mon planing. Je ne suis ni la première, ni la dernière me direz-vous, mais comme ici c’est chez moi, eh bien je décide de ce dont je vais me plaindre, et vous en subissez les conséquences. Mes sincères et plates excuses.

Donc oui, je me laisse bouffer. Et pourtant je ne suis pas maman. Ni ministre. Ni présidente, ni rien. Qu’est-ce que ça serait sinon.
Il s’avère simplement que je suis dans une période bilan. Bilans même, au pluriel.
Sur ma vie professionnelle et le tournant que je veux lui donner (ça, ça fait un moment que ça dure)
Sur les projets et les priorités que je veux mettre en place (conséquence de la phrase précédente)
Sur mes manques personnels également (professionnels forcément, puisque j’essaye de changer les choses)

Comme souvent dans la vie, les opportunités arrivent par grappes. Par trains ou wagons entiers comme ça, paf. On traverse de longs longs déserts, dans lesquels on désespère de pouvoir faire bouger un seul petit cactus. Et quand arrive l’oasis, d’un coup, c’est le tremblement de terre. Des choses inimaginables peu de temps avant nous tombent dessus, et le pire, c’est que ça nous paraît tout à fait cohérent, logique, faisable. Donc on saisit l’opportunité, parce qu’on le sait tous, quand ça se présente, il ne faut pas laisser passer. On ne sait jamais si (et quand) ça pourrait revenir.

Fin 2009, début 2010, j’ai donc saisi des opportunités. Une, essentiellement: celle de me former dans ce qui m’intéressait, d’enfin concrètement me décider, oser, me lancer. Moyennant une coquette et substantielle somme (soit, bon, le jeu en valait la chandelle et je pouvais plus ou moins le tenter), mais aussi le sacrifice de 2 soirées par semaine. Ce qui, au moment de l’inscription, ne me posait guère de souci: cher et tendre travaillait de soirée toute la semaine, j’avais donc largement de quoi remplir mon planing pas trop chargé (à l’époque).

Entre temps, eh bien beaucoup de choses ont changé: cher et tendre est passé de journée (et même plus encore mais c’est un autre débat), nous offrant enfin des soirées ensemble, une “vraie” vie de couple (je mets cela entre guillemets, cette définition étant aussi variable que le nombre de couples sur cette planète, je le sais bien), et les finances deviennent un tout petit peu plus aléatoires. Rien de grave, mais de quoi faire attention en tout cas pendant un petit moment.
En attendant, je ne regrette pas un seul instant mon choix, ma décision. Mes envies n’ont pas changé, j’ai même mis en plein dans le mille sur cette formation, et je suis ravie.
J’ai quand même hâte d’être au mois de Juin, date de fin, et de retrouver une certaine liberté de toutes mes soirées, afin de pouvoir mieux les répartir. Mais je ne me fais pas plus d’illusions non plus: après cette formation, d’autres obligations surviendront, ce n’est que l’arbre qui cache la forêt.

Je reste donc sur ma faim. Sur le temps que j’offre à mon couple (et à la vie familiale, je n’oublie pas Miss Blondinette), parce que mon boulot m’épuise, et ne me laisse pas suffisamment d’opportunités de rtt et de vacances partagées, mais aussi beaucoup sur le fait que mes amis, là au milieu, peinent à se retrouver au centre de mon quotidien. Enfin, au centre avec tout le reste.

Voilà donc le problème posé: comment offrir une attention, et du temps égal à: une reconversion professionnelle, un couple heureux et harmonieux, une petite fille de 6 ans, et des amis qui n’ont jamais fait défaut?
Sachant qu’une journée fait 24 heures, une semaine 7 jours, un mois entre 28 et 31, une année 365, et moi là au milieu, ça me fait trop de mathématiques et je suis perdue!

Je le prends sur le ton de la plaisanterie, mais la question reste grave. Luc parle merveilleusement bien des notions de priorités, du temps, de la motivation. Je vous invite à lire ses articles, qui font particulièrement écho en moi actuellement.
Les recettes, je les ai: trouver et définir mes impératifs, comment aussi mieux équilibrer mon planing (souvent, de bien petites choses -je vous interdis de dire bloguer!!- nous font perdre un temps dont on a peu conscience) et consacrer plus de temps à mes essentiels.
J’ai la recette, donc, et les ustensils. Mais j’ai beau goûter, pour l’instant, ma soupe a franchement un goût amer et il y manque un sacré nombre d’ingrédients!!

Vertige de l’amitié

De ma parenthèse de vie qui n’en était pas franchement une parce que jusqu’ici, ce fut quand même parmi les événements majeurs de ma petite existence, je n’ai pas gardé grand chose. J’ai même au contraire essayé de m’alléger au maximum, ce qui n’était pas toujours facile.

De ces 8 années, j’ai néanmoins conservé la fidélité à un couple d’amis. Communs, mais qui sont devenus les miens par des circonstances qui à elles seules hurlaient tellement qu’elles font partie des très nombreuses choses qui auraient pu me faire fuir très loin et bien plus vite.
Nous avons vécu à 500 mètres les uns des autres pendant 3 ans, nous soutenant en toutes circonstances, et il ne pouvait pas passer une semaine sans qu’au moins une soirée soit commune, à nous 4 ou moins, selon les obligations des uns et des autres.

Et puis vinrent les déménagements, dans le Sud mais pas le même. Plutôt central pour nous, plutôt Est pour eux. Nous avons tenté de conserver des relations, la distance est cruelle à l’amitié, mais nous avons tenu bon, tant bien que mal.
Le clash est arrivé, pas avec moi, mais avec cette autre partie de ma vie à laquelle je restais attachée, prisonnière faut-il dire. Je ne leur en ai jamais voulu. Et curieusement, même si cela m’a beaucoup affectée et que je me sentais déjà déchirée, arrachée, je gardais une étonnante sérénité: des amis comme ça, ça ne se perd pas.

J’ai survécu, j’ai nié, puis j’ai regardé, j’ai affronté. Et re-déménagé. Encore plus à l’Ouest, encore plus loin d’eux. Mais de temps à autres, un signal faible se manifestait, de l’Est au loin, qui disait en substance “on est là, encore. On sera là pour toi; et quand viendra le moment, on le sera encore plus”.
Les appeler, leur raconter, fut parmi les actes symboliques que j’ai posés lors de ma période de transition. Et j’ai senti que je ne m’étais pas trompée, que quoi qu’il arrive, nous ne pouvions pas perdre ce que nous avions tissé, construit ensemble, et qui était si puissant. Malgré les remous, malgré les négations, malgré la distance.
Nous nous sommes revus, assez peu, bien trop peu. Plusieurs heures de voiture ou train nous séparaient, des obligations respectives compliquées. En 3 ans, nous n’avons même pas tenu le rythme d’une rencontre par an, mais qu’importe. Je n’aime pas trop le téléphone et eux assez peu l’écrit, mais vaille que vaille, les nouvelles circulaient, et c’était bon, comme à chaque fois.
L’été dernier, je leur ai présenté mon amoureux, lors d’une occasion provoquée et trop vite passée. J’ai été heureuse, c’était une autre page qui se tournait, un autre symbole et de quelle importance!

Hier soir, après une séance de formation éprouvante mais toujours enrichissante, je l’ai eue, elle, en ligne. Plus de 2 heures! Tous ceux qui me connaissent savent que coller les termes “téléphone” et “2 heures” côte à côte relève d’un défi himalayen! Mais ces 2 heures sont passées aussi vite qu’une brise sur le visage. Une réminiscence du passé, où elle et moi passions des soirées incroyables, devant une bouteille de rosé ou de blanc, des gateaux apéritifs (on constate au passage le fabuleux régime que nous tenions et assumions), à refaire le monde, nos couples, notre vie, nos rêves, nos envies, nos déceptions. A commencer les phrases et terminer celles de l’autres, à deviner à demi-mots sans avoir besoin d’expliquer, à ouvrir les yeux grâce à des remarques. Tout ce qui fait la magie d’une amitié, d’une re-connaissance mutuelle (le mot est plus explicite écrit ainsi).
Hier, j’ai terminé la conversation téléphonique en lui disant “il ne nous manquait que cette bouteille de vin, ces gateaux apéro, et la possibilité de rire juste à côté de toi pour me sentir comme à l’époque, et pourtant il y a bien peu de raisons pour lesquelles j’aurais envie de replonger dans ce passé”.
Hier, nous avons décidé que nous allions nous consacrer mutuellement plus de temps. En s’appelant plus souvent. En se revoyant. En faisant vivre cette amitié qui a déjà la force, la magie de survivre sans être bien entretenue, comme ces plantes solides qui poussent malgré un environnement difficile. Mais que maintenant, à partir de cette année, cette amitié méritait de recevoir son terreau et son arrosage, et qu’il serait bon d’arriver à la chouchouter un peu plus.
Hier soir, j’ai raccroché avec un léger vertige, comme si j’avais à digérer de splendides choses que je n’avais pas vues venir.

Et aujourd’hui, comme en écho à ce moment un peu hors du temps, brillait un soleil printanier, une chaleur de mois de mars, et mon coeur était léger, léger du bonheur de l’amitié, de la chance d’être si bien entourée….

Vivre à deux

*Le corps, l’esprit qui se tendent dans l’impatience de se retrouver, chaque jour, chaque soir ou chaque matin

*Avoir hâte de raconter, partager

*Sentir la sérénité, quoi qu’il arrive, savoir que tout peut toujours se discuter, s’expliquer

*Etre comme un capitaine de voilier: tenir un cap à 2, et réajuster la voilure lorsque le vent change, délicatement et en accord

*Oublier qu’un jour, revenir chez soi était un poids et une douleur. Se sentir plume légère, tous les jours

*Regarder l’autre avant de s’endormir, ne pas croire à la chance que l’on peut avoir de vivre cela. Essayer de s’en persuader, s’en émerveiller

*Vivre des moments denses, et n’attendre que le week-end pour se retrouver, à 2, ensemble, enfin, longtemps

*Ne pas toujours se sentir à la hauteur de sa patience, sa confiance, et chercher les mots et la façon de le remercier

*Trouver les termes exacts de ce billet en s’endormant dans ses bras, se réveiller en les ayant oublié, avec frustration

*Se sentir libre et à la juste et bonne place. Etre soi-même, simplement, et permettre la même chose à l’autre. Souhaiter, de tout coeur, que chaque personne autour et plus loin puisse enfin vivre la même chose, sans savoir comment l’expliquer

Merci, mon Amour. Ces mots n’expriment pas le quart de la moitié de ce que je voudrais faire passer ou de ce que je pense, mais il me paraissait important de l’écrire, tout de même….

“Something happened”

J’ai découvert il y a peu, et suite à une lecture que j’avais déjà évoquée, cet auteur, et par détours son blog.
Aujourd’hui, selon son principe, il propose son 9ème exercice d’écriture sur un thème donné, et j’avoue que ça m’a de suite parlé. Je vous renvoie au lien pour la description, et je me suis permise, sans son autorisation, de reprendre son titre pour intituler ce billet.

Alors voilà, pour jouer un peu la facilité, je vous livre ici ce que je vais lui envoyer.

“C’était un mardi, je crois, je n’en suis plus très sûre aujourd’hui.
Dans quelques jours, ça va faire 3 ans.

Un mardi comme un autre, la vie qui s’étire longuement, retour du travail, allumer la télé, se faire à manger, bâcler la nourriture, se nourrir sans savourer.
Et ce poids, toujours, sur les épaules, sur le coeur. Ce poids qui n’en est plus un, tant j’ai pris l’habitude de vivre avec, comme un compagnon, comme une obligation. Je tourne en rond, je cherche, je me cherche.
Il était là ce soir-là, nous avions échangé des banalités comme souvent, sans y mettre le cœur, en se forçant bien sûr.

22 heures, il était déjà sorti depuis plus d’un quart d’heure, dans l’hiver humide du Sud, promener le chien. Ces promenades qui duraient une éternité, ce besoin de prendre l’air, de sa part, de la mienne, j’étais blottie sous les couvertures, je regardais une émission quelconque, absente à moi-même, absente à la vie.

Ca a sonné d’un coup, m’a fait sursauter comme à chaque appel à cette période. Qui appelle à cette heure, mais surtout, qui appelle sur un numéro que nous ne communiquons jamais ??
Et surtout, pourquoi est-ce que je me suis levée ce soir-là, alors que j’avais laissé tant de fois retentir la sonnerie, tremblante, paralysée d’affronter la réalité, celle de l’extérieur, celle de ce monde que je ne maîtrisais pas, plus, cet univers où tout m’échappait.

J’ai décroché, mue par une force qui me dépassait, comme un noyé s’accroche à la bouée qu’on lui lance.
-J’aimerais “lui” parler s’il vous plaît
-Mais qui êtes-vous pour appeler ainsi, il est 22H30??”
-Sa copine, depuis plusieurs mois
-Ah ça tombe bien, je suis sa femme, depuis 7 ans.

Du reste, je ne me souviens guère. Mes jambes tremblaient tellement qu’il a fallu que je m’assoie. J’ai senti le même effarement en face, mais peut-être moins violent, moins bouleversant.
J’ai raccroché, et je l’ai entendue, cette voix intérieure : « si tu ne fais rien aujourd’hui, c’est ton enterrement que tu signes. C’est maintenant ou jamais, enfin, pour VIVRE. »

Tout chambouler. Quitter une ville, un boulot. Des points de repère, mais construits sur des fondations de sable. Repartir à zéro, encore, enfin. Vivre enfin, déployer ses ailes, respirer, oublier la peur, celle chevillée au corps depuis si longtemps, découvrir que cette boule énorme, sur le plexus, étouffante, n’est pas une fatalité. Se prendre en main, prendre en charge, décider, assumer, surmonter l’insurmontable, repousser des limites qui paraissaient inatteignables, apprendre à savourer, devenir légère, si légère…”

Il était peut-être temps de l’écrire, symboliquement. Et surtout, y arriver, c’est signe que c’est définitivement derrière moi…

Quelles résolutions?

Je ne suis pas très douée pour les voeux de la nouvelle année, et encore moins pour les bonnes résolutions. La preuve, c’est que je me dis que quand même, ce serait bien que je réinvestisse un peu mieux ces pages, mais comme premier billet de la nouvelle année, je cherche quelque chose de pas trop banal à raconter. Le résultat est que je n’écris pas, et qu’il n’y a qu’au moment où forcément je m’endors que je me mets à former dans ma petite caboche butée des phrases dignes d’un prix de littérature. Le lendemain, j’ai évidemment tout oublié: sujet et formulation.

Depuis 6 jours, donc, je suis un peu hésitante sur la conduite à tenir. J’ai commis l’irréparable erreur de souhaiter bonne année à un collègue le 31, qui m’a sèchement repris en m’expliquant que ça ne se souhaiter qu’une fois passé minuit. D’accord, d’accord, je ne voulais pas fâcher.
Le réveillon s’est fait en tête à tête, dans une bulle. C’était un peu pour marquer la date, surtout pour se retrouver, ça aurait pu se passer en milieu d’année. Oui, on s’est souhaité plein de belles choses pour les douze prochains mois à venir. Mais il m’importe de le faire tout au long de l’année, et de communiquer autrement qu’entre le 20 et le 30 de décembre pour savoir si tout va bien, ou s’il y a une barre à redresser.

Je souris et reçois les voeux avec plaisir depuis le 1er. Je fais même la bise à mon chef, mais c’est parce qu’il m’y a forcée, faut pas croire.
Je ne prendrai aucune bonne résolution, et qu’on ne me demande pas de les énumérer. Je sais que pour moi, c’est la meilleure manière de ne pas les tenir. Et puis j’ai envie de me fixer des buts, j’ai envie d’apprendre, avancer, mais faut-il l’intégrer obligatoirement dans les 365 jours à venir? Je cultive la remise en question perpétuelle, ça ne me paraît pas très cohérent.

Je lis avec admiration les décisions, envies qui fleurissent sur tous les blogs que je suis. Je me dis que c’est beau de mettre autant de symbole dans un changement de date. Je n’ai écrit aucune carte de voeux, je saisis des occasions pour formuler des souhaits mais je ne les provoque pas. Si certains en sont choqués, je m’en excuse sincèrement. Il n’y a ni volonté de blesser, ni d’ignorer, ni de marquer un message dans mon mutisme. Je me penche aussi sur un départ en fanfare de ce mois de Janvier, beaucoup de bouleversements, qui auront certes une issue positive, parce qu’on apprend à chaque nouvelle étape majeure, mais qui, sur le moment, demandent qu’on mobilise un peu d’énergie pour y faire face. Et relèguent certaines conventions à de l’un peu plus superficiel.

Voilà un beau billet pour ne rien dire. J’essayerai de mieux faire la prochaine fois, mais ça non plus, je ne le promets pas. Une résolution au sujet de ce blog, et je risque de le mener à la décadence définitive.

A tous, je vous souhaite quand même de la chaleur dans ces températures polaires, et surtout de la chaleur tout autour de vous.

Mouvement(s)

Ca bouge beaucoup autour de moi. En bien, d’ailleurs, et j’en suis ravie. Mais il y a comme ça des périodes, plus ou moins longues, où l’on sent beaucoup de forces en action. Des changements majeurs, ou mineurs, mais qui s’annoncent tous en même temps. Un peu comme si quelque chose de figé ne pouvait pas le rester si longtemps, et que forcément, des positions devaient être modifiées. Et selon l’adage du battement d’ailes de papillon, un mouvement en entraîne d’autres.

Ce sont de beaux projets qui m’entourent (peut-être aussi parce que je n’ai pas envie de laisser ici place aux plus négatifs). Ce sont des mariages, des enfants. Des envies, des idées, des élans qui naissent, qui se forment, qui avancent. J’en suis soit témoin, soit actrice, soit spectatrice, et quelle que soit ma position, elle me rend heureuse.

Ma vie n’avait pas non plus été aussi stable depuis fort longtemps. J’ai trouvé un ancrage. Certes, il y a des ajustements à faire. Des petits tracas, des interrogations, mais que serait la vie sans ses questions? Je les aime, ces questionnements, parce que ce sont eux qui me font avancer. Il faut juste que j’apprenne parfois à lâcher les pédales, et laisser rouler le vélo en roues libres. Histoire de savourer le vent sur ma figure, le paysage autour, et cesser de regarder le bitume.

D’où me vient, alors, cette envie de tout envoyer valser? De garder mon essentiel, celui dont je tiens la main depuis un an et demi, et oublier tout le reste? Réinventer, détruire pour reconstruire? D’où viennent ces insatisfactions qui s’exacerbent à chaque tournant? D’où viennent ces envies de tout perdre, lorsque j’ouvre les yeux le matin?
Rebellion adolescente tardive, ou peut-être enfin, un mal-être constructif (sisi, ça doit exister) que je laisse s’exprimer, puisque j’ai trouvé mon ancre quotidienne? Oui, c’est beaucoup en lien avec ma voie professionnelle. Ce n’est pas un scoop, je ne me suis pas réveillée il y a peu, étonnée, en me disant “mon boulot n’est pas fait pour moi, il faut que je bouge”. J’ai commencé à changer il y a presque 2 mois, et c’était déjà le résultat d’une longue évolution intérieure, et d’une bonne dose de courage qu’il m’a fallu réunir.
C’est plus profond, cependant. C’est ce regard hébété que je porte au quotidien sur mes semblables, sur mes lieux, sur mes habitudes. Ces interrogations de ce que je veux accepter, ce que je peux rejeter. Ce que je veux reconstruire. C’est cette idée que j’arrive à un virage (mais qui m’indique que le virage est maintenant, ne sommes-nous pas, après tout, constamment sur une route sinueuse?), que je vais avoir à prendre des décisions qui seront bien plus importantes pour la suite. Qu’il y a des envies chevillées au corps que je ne veux pas perdre. Et d’autres pressions sociales que je voudrais briser.

Hier, mon cher et tendre m’a dit, avec une simplicité effarante “aujourd’hui, j’ai décidé de positiver. J’en ai eu marre de cette pression, de cette mauvaise ambiance au boulot, et j’ai décidé que ce n’était pas mon essentiel, que ça n’avait aucune importance. J’ai préféré me concentrer sur mes petits et grands bonheurs, et prendre du recul”. C’est lui qui a raison. Je sais que nos petits et grands bonheurs (communs ou séparés) sont les preuves quotidiennes que nous sommes sur le bon chemin. Il y a juste certains jours où ces questions et réflexions qui m’assaillent sont plus douloureuses et plus présentes que d’autres. Où je peine plus à lâcher les pédales.

Et puis, quelle est cette voix que je refuse, semble-t-il, d’écouter, pour avoir ainsi mal à l’oreille?

Brèves parisiennes

-Aujourd’hui, il faisait un temps effroyable, mais un grand, très grand soleil dans ma tête.

-C’est quand même beau, internet, n’en déplaise à Messieurs nos politicards: se découvrir, se rencontrer, constater que c’est encore mieux pour de vrai que derrière l’écran même si on n’en doutait pas….Ce n’est que le début, et vraiment, je m’en émerveille. Alors oui, rien que pour ça, je suis heureuse de me faire une toute petite place sur la toile

-Ce blog a pris un coup d’accélérateur depuis peu de temps, et j’ai pas tout bien compris pourquoi ni comment. Mais peu importe, le résultat est là: on a franchi comme ça allègrement la barre des 1 000 commentaires, et j’en suis encore toute étourdie! Alors merci, merci à vous, qui laissez ces petites traces que je collectionne comme des pierres précieuses, merci de faire vivre ces pages et de me donner encore plus envie d’y venir écrire un peu n’importe quoi. Que ça dure encore longtemps, et qu’on soit de plus en plus nombreux à faire salon de thé, ça me va très très bien!

-J’ai donc bien le wifi à l’hôtel, ce ne sont pas des notes pré-programmées, mais bien du réel en direct! Sauf que c’est quand même la galère, et que je pédale dans la semoule. Je m’excuse donc ici, présentement, de ne pas vous commenter plus souvent, mais à la 5ème tentative d’ouverture et d’échec de la page, généralement je renonce. Je suis donc en mode souris discrète pendant une petite semaine (qui profite néanmoins de quelques petits trous dans le fromage), et je me rattraperai dès mon retour, c’est promis!!

-Grâce à chiboum, j’ai contemplé Paris sous un angle de vue que je n’avais jamais eu la chance de voir. Les nuages étaient bas, mais je me la suis jouée touriste pendant 10 minutes, du haut de cette grande arche, à respirer l’air pur frais et venteux et à sentir mon coeur tout léger. Merci, merci!

-Je continue à avoir bien du mal avec l’aspect mouton et masse humaine de la capitale, mais les réflexes reviennent très vite. Le souci, ça va être de m’en débarrasser quand je reviendrai dans ma province, ça risque de prendre un peu plus de temps!

-J’ai réalisé qu’on ne pouvait pas traverser le parvis de la Défense sans avoir un portable scotché à l’oreille. Je l’ai donc joué “working girl” pendant 10 minutes en faisant comme tout le monde, mais j’ai bien ri, je l’avoue! Et je me la suis pété, un peu, mais j’assume!

To be followed (ou le journal d’une provinciale à Paris!)

Sommet?

Dans l’ascension de mon Himalaya personnel, j’ai appris ce matin que j’ai atteint le sommet.
Avant de planter le drapeau, je vais quand même attendre d’avoir le papier en main. Dans cette affaire, je suis un peu comme St Thomas, il faut que je voie pour croire.
M’enfin, si c’est vraiment le cas, j’y serai arrivée quasi seule. A force de batailler, insister, réclamer. Et avec une aide précieuse. Il ne reste plus pour moi qu’à préparer ma boîte de chocolats…

Et à l’heure où je reviens à Paris pour une semaine, avec si peu d’enthousiasme, je ne peux m’empêcher d’y voir un signe: celui d’une boucle achevée. Il m’a fallu revenir sur les lieux des débuts, puis de beaucoup de souffrance, et apprendre le premier jour que tout était effacé. L’ardoise est vide, le tableau est blanc, à moi de réécrire la suite désormais….

Safari photos

Je suis à Paris pour la semaine. Non que ça m’enchante positivement, mais à vrai dire, on ne m’a guère laissé le choix.
A moi le stress des RER, la métropole, les formations mal organisées.
Je n’y vais pas seule, je vais au moins essayer de profiter un minimum de la présence d’autres collègues, déjà pour faire connaissance (on se parle au téléphone, mais on ne s’est jamais vues), et qui sait, savourer la vie nocturne de la grande ville. Et puis je ne perds pas espoir, de là-bas il n’est pas impossible que je vienne vous faire un ou deux coucous, si les moyens que j’ai mis en place fonctionnent.

Ce week-end, l’automne est entré dans sa seconde phase: les arbres se déplument, le brouillard peine à se lever, la lumière est plus grise, on aspire plus à un bon feu de cheminée et un chocolat chaud que de se prélasser dans des rayons qui ne chauffent plus guère.
La semaine dernière, j’ai essayé, dans une dernière tentative et parce que je savais qu’à mon retour, ce serait bien trop tard, de saisir cette lumière si particulière à la saison. Les couleurs qui m’accompagnent le matin pour aller au travail.
Ce billet aurait pu s’intituler ainsi, “sur le chemin du boulot”. Mais autant rester dans l’exotisme!

La première tentative a été ratée, avec une mer de brouillard matinal qui ne voulait pas se lever. Tout juste l’ai-je dominée quelques minutes, du haut d’une colline, pour finalement gagner une ou deux belles prises de vue.
La second essai a été bien plus concluant. Pas autant que je ne l’aurais voulu, c’était déjà trop tard, mais c’est mieux que rien. Et puis comme ça, vous pourrez enfin mettre des images sur mes rêves.

Je vous laisse sur ces belles images. Je pars également avec, parce que quelque chose me dit que quand même, à Paris, je vais avoir du mal à trouver d’aussi beaux paysages! (oui, j’aime ma région!)

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Mer de brouillard matinal, une vigne qui ne demande qu’à rougir de plaisir, un coucher de soleil qui ne rend pas, sur la photo, la moitié de ce qu’il resplendissait en réalité.

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Lumière du petit matin, douce et caressante. La terre se réveille tout doucement, les maisons aussi. Ca et là, des tâches de couleurs plus vives explosent. C’est un peu comme l’embrasement du phoenix, juste avant sa mort….puis sa renaissance!

Le soulagement d’une main tendue

Or donc, je suis en pleine ascension de l’Himalaya. Là oui, je me suis carrément attaquée à la chaîne de montagnes, d’affilée.
Ca fait 2 ans que je cherche à poser le mot “fin” au terme d’une histoire qui en a duré 8.
Une histoire qui m’a à la fois affaiblie, et rendue plus forte. Qui m’a détruite, et reconstruite.
Une histoire que je suis prête à assumer, que je m’efforce d’inclure dans ma vie, en lui laissant la place qui lui est due, mais surtout pas plus.
Et depuis 2 ans, je n’y arrive pas. Les choses me résistent.
Au moment où enfin, j’avais pris ma décision, où je cherchais à tout prix à me donner confiance, où j’étais encore tremblante, fragile, j’ai trouvé quelqu’un qui a su être réactif. Une avocate pleine de bonnes intentions, et qui a accepté mon dossier, tel quel, pour une somme tellement modique que j’avais dû le lui faire répéter plusieurs fois avant de la croire.

Les choses se sont passées. Me confortant dans mes décisions, dans ma confiance en moi. C’est allé vite, très vite. Avant le milieu de l’année, tout était réglé, j’avais pris l’autoroute, j’étais arrivée à destination, ou presque. A quelques détails administratifs près, qui ne me concernaient plus directement.

Ces détails administratifs ont grippé les rouages. Depuis la fin de cette même année, j’ai commencé à sentir l’odeur de la fumée. A comprendre que mon éloignement géographique, mon trop plein de confiance en moi allaient me jouer des tours. Que je ne pouvais pas me libérer aussi vite, aussi facilement, de 8 ans d’emprise psychologique, et qu’il allait falloir piocher dans mes dernières ressources. Je devais m’attaquer à des démarches fastidieuses, épuisantes, pour me faire entendre, me faire comprendre. Moi qui ai toujours détesté, et soigneusement évité toute procédure de paperasse trop longue, j’étais en plein dedans. C’est bien connu, à force de contourner un obstacle, on finit toujours par rentrer dedans, il faut savoir surmonter ses démons, et il n’y a qu’en les affrontant qu’on y parvient.

Je me suis sentie très seule, tout au long de ce parcours. J’ai pourtant toujours été entourée d’amis prévenants, de compagnon concerné, et je les en remercie. Mais que peut-on répondre à quelqu’un qui dit “je n’arrive plus à joindre mon avocate, je suis devant porte close devant un problème d’argent qui ne me concerne pas. Je suis directement concernée, mais je n’ai pas de solution”? Moi-même je n’avais pas la réponse, je ne pouvais en demander à autrui. A part ouvrir mon porte-monnaie. Ce que je me suis refusée à faire, peut-être dans une obstination ridicule, mais j’en avais assez. Trop payé, de ma personne, de mes économies qui se sont envolées comme de la fumée. Saturation absolue.

Ces dernières semaines, ce n’était plus l’odeur de la fumée que je sentais, mais l’incendie que je voyais clairement s’allumer. Coincée par des démarches bloquées pour des raisons de papiers d’identité qui n’étaient pas à jour, j’étais dans l’impasse.
Pour être parfaitement juste, je n’ai pas passé ces 2 dernières années en étant tous les jours au téléphone ou à faire des courriers. Mais c’était dans un coin de ma tête, pas très loin. Ca revenait, de façon récurrente, comme une marée montante et descendante, comme un petit caillou dans la semelle, qui roule et gêne, non pas à chaque pas, mais de manière répétitive. J’avais beau secouer le soulier, rien n’y faisait.
Et puis, de plus en plus, ce besoin de me reconstruire qui passait par la clôture de ce dossier. Remettre chaque case à sa place, enfin regarder vers l’avant, cesser d’être tirée en arrière. Je vis actuellement trop de belles choses pour accepter de les noircir, de les assombrir par ces souvenirs désagréables. J’en suis épuisée.

De mésentente, le dossier est passé en litige. Je ne peux en vouloir à mon avocate, et son impression de s’être fait flouer: elle a voulu aider, contribuer. Elle s’est fait avoir. Ce qu’elle n’admet pas, c’est que moi aussi, je suis victime. Je n’avais pas prévu qu’elle serait traitée ainsi. Je ne l’ai pas prévenue, parce que dans mon ignorance, dans mon envie de vouloir faire les choses vite, et d’en finir une bonne fois pour toutes, je n’avais pas envisagé que ce n’était pas le souhait de tout le monde. Et que bloquer pour le plaisir était préférable à solutionner pour sainement tourner la page. Ca n’a jamais été sa façon de faire.
J’ai essayé de la joindre. Mail, téléphone. Barrages. J’ai compris que je n’aurais plus rien. Et que peut-on faire, lorsqu’on s’embarque dans un litige contre une personne qui connaît la loi comme sa poche? Je ne comprends pas le premier mot de son jargon, elle se régale à l’étaler pour me noyer.
Ce qu’elle n’a probablement pas prévu, c’est que tel un diesel, j’accepte longtemps les compromis, mais lorsqu’une limite est dépassée, je me transforme en cocotte minute. Je pioche dans ma rage de désespoir hargne une énergie insoupçonnée, qui me ferait soulever des montagnes. Je me transforme en Pitt Bull, je n’ai plus d’états d’âme. J’oublie que j’ai peur, je fonce, tête baissée. Enfin.

Puisque personne ne pouvait m’aider, j’ai empoigné mon téléphone. J’ai appelé, 5 personnes, 10. Je me suis baladée d’un palais à l’autre, d’un service à un autre. J’ai appris par coeur les musiques d’attente, j’ai répété mon laïus, encore et encore. J’ai atterri à Paris. On m’a expédiée en 10 secondes. Avec demande d’un courrier. J’ai pensé un instant “ça ne marchera jamais, ça va se perdre”. Je l’ai fait quand même, j’aurais dû y monter moi-même, je pense que j’y aurais sérieusement réfléchi. Moins de 2 semaines plus tard, j’obtenais le papier que je voyais comme mon sésame.

A cet instant, j’ai vu le bout du tunnel. J’ai contacté l’administration finale, celle qui devait enfin m’offrir le réel Graal. J’ai fait mon courrier, tout expliqué. Pour retomber une fois de plus le bec dans l’eau. Retour à la case de départ, l’ordre officiel ne pouvait provenir que de mon avocate, qui refusait toujours de me parler.
A la différence près que je suis tombée ce jour-là sur la responsable du service. Un ange, un cadeau du ciel. J’ignore si elle a vécu la même chose que moi, ou si mon histoire l’a particulièrement touchée, ni pour quelle raison. Elle fait pour moi depuis un mois des choses qui dépassent de loin ses compétences. Elle m’a tendu la main, m’a appuyée dans mon combat. Elle fait pression de son côté, m’a confortée dans mes convictions: je n’ai pas à payer au sens propre du terme pour des démarches qui me sont dues. Je n’ai pas à payer au sens figuré du terme pour un litige qui ne me concerne pas. Ca n’a que trop duré, mon avocate outrepasse ses droits, et surtout ses devoirs.

Si vous saviez (mais vous savez, qui n’a pas vécu ce genre de parcours ubuesque?) comme ça fait du bien. D’enfin être 2, savoir que l’énergie est partagée. J’ignore quel est le but de ma sauveuse. Si ce n’est de me donner satisfaction, alors qu’il n’y aura même pas de rémunération. De faire son travail bien, au-delà du bien, mieux que bien.
Elle m’a appelée ce matin, après ma dernière colère, où j’en suis arrivée à mettre en demeure un avocat. Sans gêne, mais avec une pointe d’appréhension quand même, je suis forcée de l’admettre.
Elle m’a offert un peu de légèreté, en m’annonçant qu’elle m’appuyait une nouvelle fois. Et que jusqu’à la date butoir que j’avais fixée, elle allait de son côté harceler le cabinet. Et leur faire comprendre qu’il allait falloir accélérer les démarches, et zapper quelques obligations intermédiaires qui n’avaient plus lieu d’être, 2 ans après (!!)

Alors oui, le soulagement ressenti lorsque j’ai entendu cette jeune femme qui a décidé de m’aider méritait bien une note. Parce que c’est ma première façon de lui rendre hommage, de la remercier, même si elle ne la lira probablement jamais. De me convaincre qu’on peut traverser beaucoup d’épreuves, mais qu’elles ne prennent réellement de sens que le jour où ces expériences nous permettent, à notre tour, de tendre la main.
Ce qu’elle ignore, c’est que même si l’issue de ces démarches m’importe, même si néanmoins ce que je tente, en dernier lieu, échoue, je lui serai éternellement redevable. Parce qu’elle a été là, elle m’a entendue, elle m’a épaulée. Et là, c’est sûr, la boîte de chocolats sera sur son bureau pour les fêtes de fin d’année.
Si je le pouvais, j’irais l’embrasser. Mais elle est un peu loin….