Naissance

L’Institut de Ressources Périnatales est une mosaïque humaine de professionnels et de parents qui se sont rencontrés autour de l’essence de l’enfance.

De cette rencontre est née une conviction :

L’envie d’oeuvrer ensemble, au sein d’une association, et avec tous ceux qui voudront nous rejoindre pour promouvoir et soutenir toute initiative en faveur de la bienveillance et de la bientraitance de l’enfant dès la naissance, ainsi qu’en faveur de l’accompagnement à une parentalité sereine et épanouie.

Ainsi est né, à Toulouse, début 2013, l’Institut de Ressources Périnatales

Pour bien commencer l’été nous vous proposons nos premiers ateliers, que vous pouvez retrouver sur notre page Facebook de l’Institut, en attendant que notre site soit opérationnel. N’hésitez pas à nous rejoindre!

Plaquette_Recherche

Edit: et notre site EST opérationnel! On vous y attend!

 

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Autopsie d’un sac

Pour tout vous dire, rien ne va plus!
Wordpress s’amuse à changer mon interface l’air de rien comme ça. Déjà que j’avais un mal fou à reprendre, mais en plus quand on n’y retrouve plus ses canetons et qu’on doit chercher comment écrire un article pendant 5 minutes, ça ne contribue pas à redonner de l’élan.
Là-dessus, je me vois à nouveau envahie de spams. Et plus de petit calcul à faire pour les filtrer. Je suis sûre que vous ne vous en plaindrez pas, mais moi ça me laisse un peu ronchon, tous les matins, de devoir passer une dizaine de commentaires en cyrilliques (au mieux) en messages indésirables. Jusqu’à ce que j’aie trouvé une alternative, je vais devoir modérer tous les commentaires. N’y voyez rien de personnel, mais je préfère filtrer à la source plutôt que de me laisser envahir…Ne vous étonnez donc pas si vous ne voyez pas immédiatement apparaître votre petit mot, ça m’obligera à être un peu plus régulière dans la fréquentation de ces lieux pour vous ouvrir les portes. Et pour vous répondre également.

A part ça, j’ai pris conscience que je me transformais en Mary Poppins. Sans le parapluie (qui serait pourtant fort utile en ces temps humides), sans la patience pour les enfants (dommage…) et sans le morceau de sucre et tout le tralalala. Mais avec le sac sans fond. Ah mais par contre, sans arriver à piocher juste ce que je veux au moment où je le veux.

Pour la naissance de notre fille, j’ai voulu me faire un peu plaisir. Et j’ai écouté les conseils d’amies qui me disaient « tu verras, le problème c’est que tu te retrouves avec la multiplication des sacs comme la multiplication des pains. Tu ne sais du coup plus où tu as mis quoi ». Ok, donc je me suis fait offrir un joli sac qui ne fasse pas trop sac à langer (parce qu’il faut le reconnaître, même s’ils font des efforts, c’est pas encore tout à fait ça niveau look) et surtout qui soit suffisamment grand pour accueillir les affaires de bébé ET les miennes.
Grave erreur.
Parce que du coup, ça devient un sac sans fond. J’ai plein de choses. Trop. Et je ne les retrouve jamais. Du moins pas quand il faut.
Ah ça oui, je continue à frimer avec mon joli sac (qui m’attire bien des compliments je le reconnais), unique, mais qui pèse une tonne. Et qui déborde. Et pour le coup, je ne sais toujours pas où j’ai mis quoi. Enfin, je sais que c’est dans le sac. Mais où…..?

L’autre jour, avec LaBouseuse, on a décidé de vérifier sa contenance. Le prétexte était « je vide mon sac pour lui montrer à quoi il ressemble sans rien ». Et j’en profite pour le nettoyer un peu.
J’ai dû mettre 10 minutes à tout sortir. Et je me suis dit que quand même, ça valait la photo. Au minimum!

sac

Sachez qu’il y manque l’appareil photo qui a pris la présente image et qui m’accompagne partout, une bouteille d’eau et une sucette. Sinon, je crois qu’il y a le compte!

 

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Dans notre appartement….

Sur une jolie idée de Marjoliemaman, histoire de publier quand même de temps en temps quelque chose….

Dans notre appartement (tout neuf!) il y a encore beaucoup trop de murs blancs, pas assez de couleurs et 2 canapés qui attendent d’être liquidés pour qu’on en rachète un grand. Mais pour ça, il faut qu’on arrive à se mettre d’accord avec Monsieur sur un canapé qui nous plaise à tous les 2.

Dans notre appartement, il y a beaucoup trop de poussière et un carrelage blanc pas assez propre pour une babybouchette qui commence à rouler et coller ses lèvres baveuses un peu partout.

Dans notre appartement de geek, il y a beaucoup trop d’écrans et mon portable un peu malade qu’il va falloir que je renvoie au SAV et j’ai un mal fou à m’y résigner parce que je vais me sentir vraiment toute nue!

Dans notre appartement, il y a un immense couloir où on pourrait faire du kart, d’immenses toilettes où on pourrait organiser un bal, et 2 toutes petites chambres. Ne cherchez pas la logique, il n’y en a pas.

Dans notre appartement, il y a une « suite parentale » avec une petite douche attenante à notre chambre, mais on préfère quand même largement se baigner avec notre babybouchette dans une baignoire remplie de jouets de bains. Ne cherchez pas la logique, il n’y en a pas.

Dans notre appartement, il y a 3 superbes orchidées qui fleurissent, une blanche (trop de blanc!) qui refleurit maintenant depuis plusieurs années, une tachetée qui est née en même temps que notre babybouchette, une saumon qui est arrivée pour la St Valentin, première fois en 5 ans que j’ai reçu des fleurs à cette date! Mais je n’ai plus le droit de les toucher, je suis trop maladroite et je les casse à chaque fois, c’est donc à Monsieur que revient tout l’honneur de leur splendide floraison, parfois ça me fait un peu râler mais j’en profite!

Dans notre appartement, la journée, il y a les cris aigus d’un petit bébé qui découvre sa voix (très aigus) et parfois france info ou france culture en toile de fond. Le soir, il y a toujours les cris aigus, et puis de la musique, quand Monsieur rentre. Et un week-end sur deux, il y a les chants de Miss B. quand elle se douche, ou qu’elle est aux toilettes. Ou qu’elle joue.

Dans notre frigo, il y a du cenovis (à vous de chercher!) et du gruyère suisse parce que mes parents sont venus il y a peu voir leur petite fille (et bon, un peu leur fille aussi). Et puis il y avait du chocolat suisse et de la saucisse aux choux, mais ça, c’est déjà fini, faut pas déconner, on ne fait pas attendre le chocolat et le papet (toujours à vous de chercher, profitez-en pour apprendre des choses!)

Dans notre appartement, il y a toujours un petit doudou ou joujou égaré, un vêtement ou une chaussette, qui rappellent que ouais, on n’est plus tout seuls, et ça fait drôle. Et puis parfois, un élastique de grande fille, ou alors un dessin qui se promène et qui raconte qu’on est 4 même si on n’est pas tout le temps ensemble.

Dans notre appartement, on essaie de s’y sentir bien, c’est un peu long mais on va y arriver….

orchidées

 

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Et se sentir larguée…

Elle grandit, et moi je cours derrière parce que je suis incapable de suivre.
Non, ce n’est pas que ça passe vite, c’est autre chose. C’est cette temporalité propre à la maternité, celle qui nous semble totalement interminable, parce qu’on a beau nous répéter « tout finit par passer », on ne voit pas le bout du tunnel. Ou des tunnels.
Ceux des coliques. Des nuits sans sommeil. Des régurgits. Des lessives à n’en plus finir. Des pleurs du soir, ou des premières dents. De la première rhino, ou des premiers cauchemars. De l’angoisse de la séparation, ou des premières nuits dans sa chambre. A choix, ou tout ensemble.
Mais ça passe vite sur un autre plan. Je vois ma fille grandir, cesser d’être le tout petit nourrisson, commencer à s’affirmer. Non pardon. Ca, elle sait le faire depuis son premier jour, depuis sa première seconde. Hurler, s’exprimer, elle a compris comment ça marche. Mais elle découvre ce qui l’entoure, elle interagit. Ca y est, elle a enfin apprivoisé ses mains, même si la maladresse est présente. Enfin, elle se retourne, du ventre sur le dos (pour la performance inverse, on va patienter encore un peu semble-t-il). Et son premier éclat de rire, offert à sa grande soeur, j’en étais émue aux larmes. Elle sait maintenant très clairement me demander de téter. Par la douceur qui la caractérise (les chiens ne font pas des chats), elle se jette comme une folle sur ma poitrine. Ou alors se balance brusquement de côté dans mes bras. J’ai intérêt à être réactive, le temps de latence « soulever mon pull » ne fait pas partie du délai toléré…

On m’avait dit « tu verras, à 3 mois il y a un tournant ». Futures mamans, ou celles qui ont des tout petits, passez votre chemin sur ce prochain paragraphe. Parce que oui, il y a eu un virage. Mais ces 3 mois supplémentaires, je crois que je les ai trouvés pires encore en terme de difficulté que les premiers. Il y a le côté émotionnel à fleur de peau en moins. Mais on se prend de pleine face le cumul de la fatigue sur les 3 premiers mois. Les difficultés qui continuent, l’éveil de l’enfant qui demande de plus en plus d’attention et de temps au quotidien, qui ne s’endort plus aussi facilement. L’impression d’à peine sortir la tête de l’eau, pour replonger plus profondément encore et avoir constamment l’impression de se noyer.

Avant d’être mère (cette phrase mythique….), je n’aurais jamais imaginé qu’une simple rhino me retournerait à ce point tripes et boyaux. J’ai vu et entendu ma petite fille d’à peine 5 mois qui avait du mal à respirer. Je ne savais plus comment la soulager, j’ai passé plusieurs nuits entières assise, elle sur mes genoux, à moitié à la verticale afin de lui permettre de téter et dormir le mieux possible. Il a fallu lui laver le nez. Ces petites pipettes de serum se sont transformées en pire cauchemar pour elle, mais aussi pour moi. Au point que j’étais totalement, physiquement et moralement incapable de lui prodiguer ces soins. Il a fallu que son père le prenne en charge. Et moi, je partais à l’autre bout de l’appartement, je fermais toutes les portes pour ne pas entendre ma fille hurler, pour me sortir de la tête cette image que j’avais de la sentir se noyer….
Et comme visiblement je n’ai pas bien appris ma leçon, elle a enchaîné 2 rhinos d’affilée. Oui, c’est plus marrant quand on met la cerise sur le gâteau. Pour la chantilly, imaginez que des nuits relativement calées, dont j’étais plutôt satisfaite sans avoir eu réellement d’effort à fournir, se sont mises à peu près à la même époque à devenir un grand n’importe quoi. Toute petite, ma fille n’a jamais vraiment demandé à téter beaucoup plus fréquemment que toutes les 3 heures, à quelques exceptions près. Là depuis plus d’un mois maintenant, je suis à une moyenne de toutes les 2 heures, voire bien plus selon sa forme à elle (entendez par là: carrément malade ou alors pas du tout motivée pour dormir). Ca se termine invariablement collée à moi dans le lit, et avec de terribles courbatures pour moi.

Je me sens en échec. En échec personnel, parce que je suis incapable, je crois, de trouver ce dont ma fille a besoin pour se rassurer et cesser de me réclamer aussi souvent à téter. Elle n’a pas faim, pas aussi souvent, ce n’est pas possible, pas à son âge. Ou alors je loupe un truc, ou alors il faut que je remette sérieusement la qualité de mon lait en question. Elle peut avoir soif, peut-être. Mais pas si fréquemment. Il reste l’envie de câlin, de réassurance, et c’est bien entendu au milieu de la nuit que ça se manifeste, pas en pleine journée (où je suis de toute façon d’office tout le temps avec elle). J’ai bien quelques pistes: le déménagement pas encore tout à fait digéré. Le marasme professionnel qui m’attend, une reprise que je ne veux pas envisager mais qu’il faut que je prépare, des modes de garde à anticiper mais pas du tout de la manière dont nous l’avions prévu ou souhaité….Ma fille est le reflet de mes propres angoisses ou de mes doutes, je ne le découvre pas maintenant mais je me le prends encore et toujours en pleine face. Il n’y a pas de métier plus exigeant et qui demande autant de dépassement de soi que celui de parent, n’est-ce pas?

Mais à côté de cette fatigue, de cet épuisement, de cette colère que je ressens contre moi, de cette impuissance et cette sensation d’être complètement à côté de la plaque, je la regarde s’éveiller. Je me dis qu’il lui en faut de l’énergie et de la joie de vivre pour sourire de toutes ses gencives baveuses et encore sans dent dès son premier réveil à 7H30 du matin (bordel!), de lancer ses petites mains vers moi dans un message très clair, de coller sa grande bouche (toujours aussi baveuse, donc) contre ma joue dans une imitation de câlin. D’ouvrir ses grands yeux étonnés lorsque je la félicite, l’air de me dire « mais enfin, je fais ça depuis longtemps, comment es-tu encore capable de t’en émerveiller? ». D’essayer de m’arracher ma tasse de thé brûlant (mais qui a eu l’idée de lui montrer qu’il y avait une vache dessus, et depuis elle semble en être tombée amoureuse, bien entendu), de donner l’impression de rêver de mes spaghettis ou de tout autre aliment que je mange, alors qu’elle fait la fine bouche devant ses purées (maintenant qu’elle a découvert ce que c’était, ce n’est plus nouveau et donc ça a beaucoup moins d’intérêt). De l’entendre babiller de petits cris, en aspirant l’air plutôt que de l’expirer, ce qui me fait répétitivement éclater de rire. Je m’émerveille, je me dis que j’ai bien des leçons à apprendre.
Et surtout, je me dis que cette fabuleuse petite fille ne mérite pas vraiment la mère qu’elle a.

le-pingouin.jpg

Un pingouin, what else?? Quand on a vu cette veilleuse, on a craqué, et je me suis dit « ohlala, ça c’est de l’achat compulsif, on va le regretter ». Et en fait, pas du tout! Il est devenu l’indispensable compagnon du rituel du coucher, que ce soit sieste ou nuit. Il fascine ma fille, il est plutôt sympa à regarder et tout doux. Et la nuit, lorsqu’il faut se lever, ça évite de mettre le flash de la lampe de chevet dans la figure et ça rend les choses un peu plus douces. Alors oui, le pingouin reste l’élément indispensable dans l’univers de ma fille!

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Exil

Je l’ai écrit plusieurs fois ici, l’exil est une affaire familiale. Plus ou moins bien vécue selon le côté de l’arbre généalogique, j’ai toujours dû lutter pour expliquer et prouver à mon père que mon choix de ne pas vivre dans le pays où je suis née était un choix conscient, désiré, qui m’a toujours paru évident et que je ne remettrai pas en question. Même si l’arrivée d’un enfant fait réfléchir sur la proximité familiale (pas que pour des questions pratiques de baby-sitting), je ne suis pas sûre que je serais capable de retourner vivre là-bas.

Je commence à avoir quelques déménagements à mon compteur depuis une quinzaine d’années. Des plus ou moins simples, des plus ou moins rapides, des franchement galères. D’un pays à un autre, d’une région à une autre, d’une ville à une autre ou d’une commune voisine à une autre. Les plus courts n’étant pas forcément les plus simples, mais globalement les cartons n’ont que rarement été mes ennemis. Je n’ai jamais trouvé que changer de lieu était un bonheur absolu, mais je ne l’ai pas plus assimilé à un pire cauchemar. Je le vivais de façon plus ou moins plaisante, et je m’y accommodais.

Déménager avec un bébé de 4 mois a par contre une saveur tout à fait particulière que je déconseille à quiconque de goûter, même mon pire ennemi. Sincèrement, là j’ai cru toucher les limites de ma résistance, et à vrai dire je crois même que je les ai dépassées.
Pour différentes raisons qui ne m’appartiennent pas toutes, nous n’avons pas déménagé pendant ma grossesse. A ce moment-là, je me demandais d’ailleurs si c’était une bonne idée…aujourd’hui je sais que si je pouvais refaire ce choix, je n’hésiterais pas une seconde.
Pour des raisons encore autres et tout aussi impondérables, il ne nous était pas plus possible de différer ce déménagement à plus tard. L’une d’entre elles était néanmoins que nous étions dans un appartement tout à fait correct pour 2 et demi en comptant Miss B. quelques jours par mois, mais qui devenait franchement petit avec une babybouchette dont les affaires, on le sait, prennent une place inversement proportionnelles à sa taille. On commençait à se marcher dessus, à ne plus savoir où poser quoi et ça devenait étouffant.

Bref, c’est ainsi qu’avec une petite d’à peine 1 mois nous avons posé notre préavis, dans notre grande ignorance de l’enfer qui nous attendait.
Parce que oui, je vous mets au défi de tenter de faire des cartons avec une gaminette qui ne veut que les bras ou l’écharpe, qui a des crises de coliques et qui n’est vraiment bien qu’en étant à l’extérieur en société. Alors ok, vous travaillez votre ligne, vos cuisses et vos muscles (votre patience aussi) en faisant le minimum syndical avec 5 bons kilos en portage ventral, en priant pour qu’elle dorme suffisamment longtemps pour finir ce que vous entamez, et en cherchant la meilleure solution pour ne pas lui envoyer un coin de carton dans la tronche ou lui faire tomber un bouquin ou un bibelot sur la tête.
Dans la même veine, j’ai testé le ménage d’avant état des lieux avec l’écharpe, se plier en deux pour nettoyer des plinthes et en 3 pour faire la baignoire a un charme tout à fait délicieux que je ne recommande pas plus. J’ai avalé autant d’aspirine à la fin de ces journées que si j’avais couru des marathons quotidiens.

Par ailleurs, quand on fait déjà la grande bêtise de s’obstiner à déménager dans ces circonstances, il vaut mieux éviter de vouloir à tout prix économiser sur tous les plans. C’est à dire qu’accepter une camionnette prêtée, mais qui ne fait que 7m3, c’est l’assurance de crever tous les braves qui acceptent de venir vous aider dans cette folle entreprise pour déménager le minimum, à savoir les meubles les plus lourds et encombrants; et qu’à la fin de la journée, ils sont légitimement épuisés, tout le monde sonne la fin des réjouissances, mais il reste un appartement encore rempli de « petites choses qui vont vite partir »….ces petites choses étant le résultat de 2 jours de plus d’aller-retours avec une voiture remplie à ras bord, et un nombre certain d’aller-retours de 3 étages sans ascenseur (qu’on quitte pour un 2ème avec ascenseur, au moins donc on les descendait), toujours avec bébé en écharpe si vous suivez bien. La fête à l’aspirine continue…

Bref, nous avons officiellement déménagé le 24. Comptez 3 semaines avant pour commencer les cartons et donc l’impression d’être progressivement dans un lieu qu’on ne reconnaît plus. Et aujourd’hui, 11 Décembre, je regarde autour de moi et je vois encore des tas d’objets entassés qui cherchent leur place. La chambre de notre babybouchette est encore envahie de choses à trier, même si on peut enfin y circuler. Celle de Miss B a quelques basiques en place (le lit, le bureau) mais les jouets attendent d’y être déballés. Nos placards sont enfin à peu près rangés, la salle de bain est vaguement opérationnelle. On ne met plus 3 heures pour se faire un simple bouillon mais la cuisine laisse furieusement à désirer parce qu’il faut ré-agencer et donc la repenser entièrement.  Bref, je ne peux pas encore dire que je suis vraiment chez moi.

Pour autant, ces désagréments ne sont probablement pas les plus pesants. Depuis presque 2 mois que dure ce presque cauchemar maintenant, je n’ai eu de cesse de me répéter les mêmes réflexions: l’arrivée d’un enfant est en soi une perte de repères magistrale, qu’il est déjà difficile d’assumer et de surmonter. Y rajouter un changement de lieu de vie, c’est brouiller encore plus les cartes et en ce qui me concerne, ça m’a totalement achevée. Pour parler tout à fait franchement, je crois que j’ai rarement vécu quelque chose d’aussi difficile que ce déménagement. Et comme c’est un peu la thématique du moment, j’ai eu la sensation de récupérer en pleine face tout l’historique familial de l’exil non digéré, non accepté et si douloureusement vécu de mon père.

Que les choses soient claires, j’ai déménagé à 20 kilomètres de notre ancien appartement. Autant dire un saut de puce. Pour autant, ces 20 kilomètres me paraissent un univers parce que j’ai eu la sensation de changer de région. J’ai quitté un lieu que j’avais choisi depuis que j’étais arrivée dans cette ville. J’y avais déjà fait 2 déménagements, mais en restant dans le même périmètre. En 5 ans, j’y avais pris mes repères: itinéraires, loisirs, points de chute divers. C’était chez moi, j’y étais à l’aise. Depuis ma grossesse, mon congé maternité, j’y avais également noué d’autres liens amicaux, d’autres habitudes qui comptaient, auxquels je me raccrochais parce que la moindre brindille devient une bouée de sauvetage dans ces moments de grands bouleversements.
Lorsque nous avons choisi notre nouveau lieu de vie, trouvé cet appartement qui nous plaît dans un lieu qui est tout à fait plaisant, je n’avais pas conscience de tout cela. Et puis je l’ai senti progressivement, dans ma difficulté à faire les cartons, dans le quotidien qui allait changer, dans mon besoin désespéré de me raccrocher à du connu, dans mon plaisir à être dans un lieu que je trouvais beau et si plaisant.

Ici, dans ce nouvel appartement, ce ne sont pas juste des murs que j’ai à apprivoiser. C’est une nouvelle façon d’aborder mon quotidien. C’est prendre la voiture pour aller au centre du village parce qu’à pied, je ne peux plus vraiment le faire. C’est me dire qu’il n’est plus aussi facile d’aller voir mes amies, qu’il faut planifier un peu plus, même à 20 kilomètres de distance. Ce sont toutes ces petites choses du quotidien qu’on tisse au fur et à mesure des mois et des années passés dans un lieu, insignifiantes quand on ne s’arrête pas dessus et qui prennent tant d’importance quand on doit les quitter et qu’on s’y est attachées…

A l’heure actuelle, j’ai l’impression d’être en mille morceaux. Physiquement parce que bien entendu, l’antenne qui me sert de fille a bien capté mon désarroi et ma perte de repères et a décidé que ce serait tellement plus rigolo d’en rajouter une couche en refaisant de ses nuits un vaste chantier et en rendant les siestes quasi inexistantes. Moralement parce que je fais face à trop de choses en même temps: ma fille et le cortège d’acceptations et lâcher-prise qu’elle apporte, ce déménagement et son lot d’inquiétudes et de ré-assurance que je dois apprivoiser, et mon histoire familiale qui arrive au milieu comme un boomerang et une cerise sur le gâteau, et qu’il va falloir rapidement solutionner pour que le tout ne devienne pas une purée immangeable (je vous épargne là au milieu les démêlés avec mon boulot, on garde ça pour un prochain billet, d’ici quelques mois quand j’aurai à nouveau le temps d’écrire!)

Il me reste donc à trouver de la colle pour regrouper mes morceaux. Et un cutter pour finir d’ouvrir les cartons, et les jeter…Je vais y arriver, je le sais bien, mais quand?

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Pour continuer dans la série et parce que je n’ai pas encore de photo de notre nouveau lieu de vie, je vous présente Picoti. Ce doudou-là a une place toute particulière dans mon coeur, vu qu’il a été offert par une personne qui m’est très chère, et qu’il a été le premier doudou-cadeau de ma fille. Il est à ses côtés depuis son premier jour, et il partage son quotidien avec un autre tout aussi doux et un peu moins coloré. Elle aime particulièrement lui faire des bisous (entendez par là lui tétouiller le bec et ses pattes) et se frotte volontiers tout le visage avec. Et puis franchement, il n’est pas craquant avec ses couleurs, ses petites plumes et son nom tout trouvé? 

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Petits cailloux maternels

*Je pense que j’ai été relativement épargnée par les grandes phrases qui ne veulent rien dire pendant ma grossesse, mais je m’y frotte un peu plus depuis que ma fille est née, avec notamment les 2 qui tiennent le haut du tableau: « ce n’est que du bonheur » et « ça passe trop vite ». Alors pour faire un point, sachez qu’on ne dit pas « c’est que du bonheur » à une maman (ni à un papa) qui essuient depuis plus de 2 mois des hurlements de leur fille qui souffre de coliques, qui essayent de trouver désespérément une solution en passant du vaudou au médicament le plus basique, avec la transition ostéo et massages. Non ce n’est pas que du bonheur, ni pour elle (surtout!) ni pour nous qui sommes effroyablement frustrés de n’avoir pour toutes périodes d’éveil de la miss que des hurlements, pleurs et autres marques de gêne ou souffrance. Non ce n’est pas que du bonheur de gérer par-dessus cela les pleurs du soir, les nuits parfois hachées, les repas en alterné. Oui bien sûr on l’aime de tout notre coeur et plus encore, on n’espère qu’une chose c’est pouvoir la soulager et on s’émerveille devant sa bouille tous les jours et chaque minute. Mais non, ce n’est pas que du bonheur, parce que ce sont d’énormes changements, des bouleversements sismiques et que là au milieu, il y a du fabuleux mais aussi du terrible à surmonter. De la même manière et pour les mêmes raisons, non ça ne passe pas si vite que ça. Bien sûr, il y aura peut-être un moment où je me dirai que ma fille a grandi trop vite, que j’aimais sa période de nourrisson, mais je commence à peine à en profiter, maintenant qu’elle semble être un peu plus en paix avec ses intestins même si rien n’est terminé, et qu’on arrive enfin à communiquer autrement que par décryptage de hurlements. Osez me dire que ça passe trop vite lorsque je dois me lever péniblement à 3 heures du matin parce qu’elle hurle, qu’elle est gênée et que la seule façon que l’on a de la soulager dans cette situation c’est de se promener et de la changer de position, et je risque d’être fort désagréable avec vous, voire carrément vulgaire….

*Dans le même registre, lors de nos multiples vide-greniers estivaux qui ont été des mines d’or pour les vêtements de notre babybouchette, bradés à prix plus que raisonnables et tout à fait envisageables pour le peu de temps où elle les met, nous avons rencontré une jeune maman avec laquelle forcément, nous avons discuté pleurs, coliques et autres douceurs de ce type (eh oui, on a beau se jurer qu’on ne le fera jamais, on devient assez vite obsédé par les mêmes sujets avec ce genre de petit être) et qui m’a dit avec une sincérité absolue « ah oui, moi aussi mon fils a fait des coliques. Ben ça m’a tellement traumatisée que même maintenant, 2 ans plus tard, je suis incapable d’envisager un autre enfant, tant je ne veux pas revivre ça ». Croyez-moi, je l’aurais serrée dans mes bras tant ça m’a émue et fait du bien de me sentir reconnue comprise dans ce que nous traversions et la difficulté que cela peut être.

*Depuis à peu près dix jours, nous avons clairement ouvert un canal de communication. Entendez par là que ma babybouchette a droit à des périodes d’éveil où ses intestins la travaillent moins, et où enfin elle peut découvrir le monde qui l’entoure, et sourire à la vie (et à nous un peu). De suite, l’univers s’illumine dès que je vois les pans de sa bouche se remonter, ses mimiques clownesques et ses sourcils se froncer de concentration. Je suis presque prête à lui pardonner les nuits  galères, les journées compliquées, l’épuisement, les douleurs qui me rongent de partout, physiques et psychologiques. Il en faut très peu pour devenir une guimauve.

*Je pense que désormais, je suis dans le clan des initiées, et pour cela, je porte LA marque: la tache blanche, plus ou moins large, sur l’épaule droite (ou gauche selon, mais chez moi c’est principalement à droite), preuve du passage de la bouche de ma fille, sa bavouille et ses léchouilles. C’est bien gentil, mais je n’ai pas une garde-robe qui me permette de changer de pull deux fois par jour, et je doute que mon banquier accepte l’argument du « c’est pour être présentable » si je fais chauffer la carte bleue. Voilà encore un grand principe qui vole en éclat: celui de se dire « non, je resterai présentable quoi qu’il arrive, je ne me ferai pas avoir ». Je n’en suis pas encore à sortir en pijama et chaussettes, mais je cherche quand même une solution.

*Preuve que nos priorités changent, ça fait plusieurs fois que je me fais coincer lorsque je dois sortir: je vérifie si j’ai bien tout ce qu’il faut pour la miss, allant de la couche de rechange à la couverture ou à la paire de chaussettes qu’il faudrait potentiellement lui rajouter. Je m’assure qu’elle ne sera pas trop/pas assez couverte, et je me retrouve 3 étages plus bas, le cosy et le sac à la main à me rendre compte qu’il fait quand même un peu frais et que du coup, c’est pour moi que j’ai oublié une veste. Et pas question de remonter 3 étages avec à peu près 8 kilos à bout de bras, si ce n’est pas pour une urgence vitale. J’ai de la chance, les températures restent encore honorables et je dois avoir un système interne suffisamment bien fichu pour m’avoir épargné, jusqu’ici, la crève que j’aurais pu attraper…Touchons du bois.

*Lorsque j’étais enceinte, j’aimais par-dessus tout sentir ses petits pieds me chatouiller sur le côté, comme une façon de me dire « je suis là, je t’entends ». Depuis qu’elle est née, je (on, mais monsieur un peu moins par la force des choses) la porte beaucoup en écharpe ou porte-bébé, et je n’aime rien tant que sentir l’une de ses mains se glisser dans mon décolleté ou sur mes flancs, et ses doigts se crisper sur moi, comme un petit animal qui s’agrippe…

*Depuis que notre babybouchette s’exprime (enfin, outre les hurlements qu’elle émet depuis la première seconde de sa fille), elle a décidé qu’elle ne ferait pas comme tous les autres. Autrement dit, nous n’avons pas le modèle de bébé « areuh », mais plutôt « cuicui » ou « houhou ». Ce qui a fait dire à son père pas plus tard que tout à l’heure qu’elle faisait penser à R2D2, et je ne peux qu’approuver en rigolant. En gros, nous avons un poussin qui fait cuicui, ascendant cor des alpes lorsqu’elle claironne (et pour faire honneur à ses origines)

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Depuis son premier jour, lorsqu’elle tète, le geste le plus spontané qui lui vienne est de joindre les mains, poings fermés ou comme sur cette photo. Je crois que c’est le geste qui m’émeut le plus chez ma fille, quasi aux larmes, tant je le trouve beau et automatique, et je ne me lasse jamais d’observer ses petites mains se chercher et se trouver, ses doigts s’entrelacer…

Et sinon, j’ai mis 5 jours pour écrire ce billet. Une moyenne parfaitement normale, oui je sais merci….

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Accouchement

Pour celles qui me l’avaient demandé, j’ai donc écrit et publié mon récit d’accouchement ici. Dans l’immédiat je ne pense pas le répéter sur ces pages, et même si les articles à venir (quand j’aurai le temps de les écrire!!) seront sans doute très centrés sur le bébé, parce que je suis dans une phase de vie où il m’est difficile de réellement penser à autre chose (et le vivre), je vais quand même essayer d’éviter de faire de ce blog un lieu exclusivement réservé à ma fille…Reste à trouver le bon équilibre.

Et puis de toute façon, ça fait de la pub pour un très chouette site qui mérite d’être visité régulièrement!

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Peurs contre peurs

Depuis, à la louche aller, une bonne dizaine d’années, je m’applique quasi quotidiennement à affronter mes peurs, à les comprendre afin de les faire disparaître.
Il faut dire que le travail était de longue haleine et s’annonçait ardu, puisque j’ai assez classiquement commencé par avoir peur de ma propre ombre, et de ma propre décision. A savoir: oui ok, je sais ce que je vis maintenant et ce n’est pas confortable, mais je ne sais pas comment ce sera après, et ça, ça me fait encore plus peur.

Une fois cette angoisse-là surmontée et le travail amorcé, j’ai pelé l’oignon comme on dit, et j’ai retiré patiemment couche après couche les petites et grandes choses qui formaient cette chape de plomb que je sentais sur ma poitrine, me paralysant régulièrement et m’empêchant de respirer ou de me lever, sans parvenir à exprimer clairement pourquoi et ce qui causait cet état.
J’en ai profité pour nettoyer un peu la base de données familiale, puisque j’ai eu le bonheur d’hériter d’un père ultra angoissé et de façon joyeusement communicative, et d’une mère pas franchement sereine même si elle cache mieux son jeu et que la transmission est par conséquent un poil plus sournoise.

Depuis quelques temps, j’étais plutôt contente du résultat. Certes, on ne termine jamais un tel travail. On reste vigilante, on identifie régulièrement de nouveaux pans d’ombres qu’il faut arriver à éclaircir. Mais au fur et à mesure, ça se fait plus vite, plus spontanément, plus facilement. Ca devient naturel, comme un exercice quotidien, celui de sentir arriver les points de blocage, de ne pas se laisser dépasser et de les lever dès que possible, seule ou avec aide.

Ironiquement, c’est aussi ça qui m’a décidée à devenir mère. Cette idée que j’avais fait mon possible pour couper les liens des angoisses, que je transmettrais le moins possible à mon enfant. Que j’étais capable de reconnaître ce qui m’appartenait, et que je ne lui en ferais sans doute pas porter les casseroles. Mes bagages restaient désormais dans ma penderie, et je m’appliquais à en diminuer la taille quotidiennement.

Je le vois bien, ce sourire sur le visage des mamans qui me lisent. Parce que je n’ai pas échappé à la règle, je ne suis pas plus futée qu’une autre, ni mieux immunisée. Et depuis le 26 Juillet, j’ai une forme de tsunami qui m’a complètement submergée, et l’impression d’avoir remis tous les compteurs à zéro.
Depuis ce jour, depuis que j’ai ma fille dans mes bras, que je suis responsable de ce petit être chaud et gigoteur, je retrouve mes angoisses. Pas les mêmes, bien sûr, mais je ne sais pas si c’est mieux. Je retrouve en tous les cas les sensations de peurs, qui me prennent au ventre, à la gorge, aux tripes, qui remontent, et qui court-circuitent mon cerveau et mon intellect (pourtant bien souvent trop présent), m’empêchant de me raisonner et de prendre de la distance. Je ne suis qu’une boule d’angoisse pour tout ce qui la concerne, je doute de mes moyens, de mes capacités, de ma façon de faire. Je crains de ne pas répondre suffisamment à ses besoins, je stresse à l’idée de ne pas la comprendre.

L’avantage de cette situation, c’est que j’identifie parfaitement ce que je traverse. Je reviens en terre connue, je sais aussi que ce n’est pas normal ni destiné à perdurer, et j’essaye de lever ce que je peux et de faire la part des choses. Du moins, quand je ne suis pas trop fatiguée et que je parviens à ne pas laisser s’emballer la machine, c’est à dire pas très fréquemment ces temps-ci.
Je sais aussi que ce que je vis maintenant, je n’aurais pas pu le régler ou l’affronter avant d’être maman. Je pouvais toujours me projeter (je l’ai fait un nombre incalculable de fois), je pouvais au mieux déblayer et préparer le terrain, le rendre le plus propre possible, mais rien ne remplace une bonne vieille mise en situation. C’est râlant, pour rester polie, mais c’est une évidence.

Il y a plein de choses qu’on ne peut pas anticiper. Et pour une control freak comme moi, c’est en soi déjà une angoisse à surmonter. De toute façon c’est bien simple, on me l’a dit et répété et je le croyais volontiers « sur parole », mais rien ne vaut l’expérience, et après un peu plus de 3 semaines, j’en témoigne haut et fort.
Ce n’est pas faute d’avoir envisagé tous les schémas dans ma petite tête, vraiment pas. J’avais préparé plein de scénarios, allant de l’accouchement de rêve jusqu’au pire, je connaissais sur le papier la fragilité d’une jeune maman, je savais qu’on ne pouvait jamais prévoir ce qui nous arrivait et que sournoisement, les cristallisations se faisaient sur nos points de faiblesse. Je m’entends encore dire à mon amie à quel point la nourriture était pour moi quelque chose d’important dans l’éducation d’un enfant, et je me vois lire cette bible sur l’allaitement en me répétant que tout me paraissait une telle évidence et qu’il suffisait de se faire confiance.

Un grain de sable dans le rouage, et c’est ma belle confiance en moi qui s’en est allée, laissant la place à toutes les questions possibles générant des peurs primaires qui, tapies au fond de ma petite personne, ne demandaient qu’à ressortir. Ajoutées au mélange explosif de projections que l’on fait inévitablement, qui remontent de notre propre histoire et viennent se rappeler à notre bon souvenir, et me voilà plusieurs fois par jour à contempler ma fille, la boule à la gorge, en me demandant comment je vais être capable de vivre, survivre à cette intensité d’émotions fluctuantes ma vie durant.

A ce jour, je n’ai toujours pas la réponse, et je me demande si je l’aurai. Je ne suis pas la première, je ne suis pas la dernière. A priori, on y survit, si j’en crois la race humaine qui ne s’est pas éteinte.

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Pour des raisons assez évidentes, je ne mettrai aucune photo de ma fille sur ces pages. Je pourrais vous mettre déjà des dizaines d’images de ses pieds, mais ça deviendrait vite un peu lassant je le conçois, sauf pour les parents totalement gagas du moindre centimètre de son anatomie.
Par contre et pour compenser, j’envisage fortement de commencer la collection d’images de ses doudous:
Je vous présente donc Ewan, le 1er qu’elle ait reçu avant même d’être née. C’est un mouton magique qui, paraît-il, a le don d’apaiser les enfants en reproduisant le son qu’ils entendaient in utero. Ben bon dieu, je ne sais pas comment on survit à un tel boucan pendant 9 mois, et je me dis que je tiens peut-être là le début de réponse de sa venue plus tôt que prévu en ce bas monde!!!

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Babybouchette

Elle a 16 jours aujourd’hui.
Déjà.
Seulement.

Elle a débarqué dans nos vies comme un éclair, bien plus tôt qu’on ne l’avait prévu, bien plus tôt qu’on ne se l’était imaginé, chamboulant déjà tout sur son passage et nous laissant avec des longueurs de retard que nous ne rattraperons peut-être pas avant ses 18 ans, et encore…

Voilà 16 jours que je ne suis plus la même, comme si on m’avait rajouté un membre. 16 jours que je suis entrée dans un autre espace temps, un paradoxe de chaque instant, de chaque seconde.
Je suis à la fois émerveillée, et à la fois morte d’angoisse.
Je suis impressionnée par la force d’un si petit être, sa volonté farouche et ses capacités d’adaptation fulgurantes, et terrorisée à l’idée que je suis l’un de ses deux points de référence, et de devoir assumer une telle responsabilité.
Je suis liquéfiée d’amour, et il m’arrive pourtant encore de poser mon regard sur elle en me demandant d’où elle peut bien venir et ce qui a bien pu se passer.

En 16 jours, ma babybouchette m’a fait traverser 2 des plus importants combats de ma vie, de ceux que je n’imaginais pas forcément avoir à affronter, et que j’ai menés sans m’en rendre compte: un accouchement à domicile et une mise en route d’allaitement compliquée.
3 semaines et demi d’avance, une petite fille qui n’avait pas encore un réflexe de succion suffisant pour prendre le sein, et en 24 heures, la mise en place d’un tire-lait et biberon spécial prématuré, une sage-femme volontaire et optimiste qui y a cru pour moi aux moments où je me disais que ce combat-là ne serait pas victorieux.
Ma fille a fait le reste, il lui a fallu 10 jours pendant lesquels nous avons dû la réveiller pour la nourrir (je n’imaginais pas si douloureux de devoir éveiller un tout bébé qui dort si profondément, même en sachant que c’est pour son bien), pour décider d’elle-même que le sein lui convenait à merveille et qu’elle n’avait vraiment plus besoin du biberon.
Je suis déjà fière d’elle comme si elle avait gagné la médaille d’or….

Depuis 2 jours, nous entrons dans la période des coliques. J’espérais souffler un peu et profiter de ce petit être merveilleux, m’abîmer dans la contemplation de sa petite personne sans avoir le ventre déchiré d’inquiétude ou d’angoisse parce qu’elle mange trop, pas assez, de façon anarchique, qu’elle ne se réveille pas ou ne dort pas assez. Depuis 2 jours, je vois ma fille souffrir et je cherche désespérément les bons gestes pour la soulager, je sais qu’il faut de la patience, de la distance (impossible!), arriver à rester sereine et qu’il n’y a pas de remède miracle, mais je m’accroche aux suggestions de ma sage-femme, je puise de l’énergie que je ne pensais plus avoir et j’espère que ça passera vite, et qu’elle pourra enfin, enfin profiter d’entrer dans ce monde sans avoir à lutter, et savourer d’être entourée par son père et sa mère qui la couvent du regard et de tendresse.

Décrire l’arrivée d’un petit être, c’est impossible à mettre en mots. Mais il fallait quand même bien le faire tant bien que mal ici….

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Le temps qui file

Temps qui s’étire de façon interminable, et qui fuit à une vitesse incroyable.
Je regarde un peu (trop) en arrière, je me demande où sont passés ces dernières semaines, ces derniers mois. J’ai l’impression que les mois d’hiver, ceux qui m’ont donné cette sensation de tunnel, où je n’étais bonne qu’à dormir, lutter contre les nausées, étaient l’année dernière voire même plus loin.
Et puis ce fameux second trimestre, celui de la légèreté, du bien-être, que j’ai ressenti certes, qu’en ai-je fait? Ai-je pu en profiter comme je l’aurais voulu?

Je regarde en avant, je vois ce qu’il reste à mettre en place, le temps qui s’amenuise, la lourdeur physique qui s’installe, mais aussi le plaisir de sentir Happy Feet gigoter, ruer parfois, c’est un danseur de claquettes et de samba, pas vraiment de tango sensuel ni de valse douce. On me disait « tu verras au début, c’est tout doux, des petites bulles, des ailes de papillon, des caresses ». J’ai mis plus de temps à sentir quoi que ce soit, mais quand j’ai pu en être sûre, c’est tout de suite passé au stade petits coups énergiques, galipettes et pirouettes. Ca me va aussi, après tout, les chiens ne font pas des chats n’est-ce pas? On attendra qu’il naisse pour espérer qu’il hérite de la douceur et la paix de son papa, en attendant, c’est de mon énergie qu’il s’abreuve semble-t-il…

Une étape est en train de se clore. J’achève cette semaine de vacances, et en accord avec mon médecin et ma sage femme, je vais être en arrêt. Définitivement. Ce qui signifie pour moi (mais mon entreprise ne le sait pas encore), ne jamais revenir. Quitter cet emploi, ce poste que j’occupe depuis 4 ans, un record pour moi.
Je le quitte sans regret, mais avec angoisse, forcément, et puis une forme de nostalgie. Tout paraît toujours plus joli quand on sait qu’on le laisse derrière, non? J’avais creusé ma place là-bas, j’avais fait de ce boulot quelque chose qui me correspondait. Il m’usait, exagérait et je n’avais, comme bien souvent, pas la reconnaissance et la contre-partie que j’aurais pu espérer. Mais ce fut une belle expérience.
Je le laisse à des mains hésitantes, et je le laisse comme on cède un jardin entretenu, fleuri, dont on est satisfait. Je sais que ce jardin survivra, mais sera-t-il aussi fleuri? Ma remplaçante devra s’inventer sa propre place, je ne suis pas certaine de ses capacités à y réussir, mais désormais c’est son chemin et ses choix. Et je dois l’accepter.

En digne fille de ma mère que je suis, je me suis empressée de faire des listes de choses à penser, à régler avant…avant une échéance inconnue et encore fort vague mais qui se rapproche de jour en jour. Elles ont bien des lignes. Sur l’une d’elle est notée « blog ». J’ai le vague espoir et l’illusion que je vais peut-être pouvoir entretenir ces pages avant que le tourbillon d’une nouvelle vie ne m’emporte. Moi la scribouilleuse, celle qui tient si volontiers un journal, je n’en ai pas écrit une seule, je n’ai guère de trace de cette période si particulière et sans doute unique de ma vie. Je vais peut-être le regretter, mais il m’est bien difficile de mettre des mots sur des sensations qui changent quasi toutes les demi-journées. Sensations physiques, psychologiques, tellement fugaces que le temps de trouver quels mots utiliser, je suis passée à autre chose.

Pour faire dans le plus futile, vous saurez également que sur ces listes, il y a des lignes telles que « trouver une voiture » parce que forcément, à moins de 3 mois de la naissance, ce serait tellement moins drôle si on n’avait pas les 2 voitures qui tombent en rade en même temps et la quasi obligation de devoir en changer une au moins rapidement, histoire de pouvoir se dire qu’on ne fera pas le coup de la panne aux 3 jours de notre enfant.
J’ai aussi « travaux parquet » parce que j’ai loupé un billet super blogable où j’aurais pu vous raconter comment on s’est retrouvés, le soir du 1er mai, à genoux sur le parquet à minuit et des poussières en train d’éponger 20 litres qui avaient explosé du tuyau d’arrivée d’eau sous notre lavabo (note, je le ferai peut-être même si là, je vous ai sorti tout le pitch). Bien entendu, infiltrations sur un parquet flottant, remplacement à prévoir, donc le couloir et nos 2 chambres à vider, heureusement que je serai en congé hein?
Et puis forcément, cherry on the top of the cake, là au milieu il nous faudra déménager. Oui parce que Happy Feet est très attendu et désiré, mais n’a pas encore sa chambre à lui. Il est trop tard pour déménager avant, ça se fera donc après, et j’en appelle déjà aux plus miséricordieux de tous les protecteurs des déménageurs pour m’inspirer sur la gestion de cartons et tri avec un tout petit bébé. Cela dit, j’ai l’espoir que ça nous inspirera du tri par le vide, ce qui ne me dérangerait pas.

Ce ne sont pas des complaintes, juste l’impression qu’il y a bien des choses qui se catapultent et qu’il faut que je trouve ma place là au milieu. Notre place, je ne suis pas la seule, mon homme assure et s’y essaye, tout comme Miss Blondinette.

En attendant, nous profitons. Je regarde mon ventre pousser en me demandant s’il s’arrêtera un jour, je suis la fille enceinte de plus de 6 mois qui s’achète des baskets à lacets, et j’ai même pris une photo pour immortaliser, tant que je pouvais encore voir mes pieds, et avec une pensée dédicace toute spéciale à Sacrip’Anne!

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Ah oui, et comme je ne suis pas totalement une sauvage, je vais même répondre à vos commentaires du billet précédent. Ohlala!

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