La dolce vita

J’ai ce titre qui me trotte dans la tête depuis fin Mars. Au moment où il faisait à peu près 25 degrés, un soleil de mois Juin, que les arbres explosaient en fleurs et bourgeons.
Aujourd’hui, j’ai toujours le titre, ça m’apprendra à traîner sur des billets, mais il fait à peu près 12 degrés, on a droit aux giboulées du mois susnommé mais pas au bon moment, le ciel est gris plombé et mes pauvres arbres sont en train de perdre leurs ravissantes fleurs sous les coups de vent et de pluie répétés.
Noël au balcon, Pâques aux tisons n’aura jamais été aussi bien vérifié que cette année mais ce n’est que le juste équilibre de la nature, non?

Ma bonne fée, incarnée en sage-femme, a entendu ma question de mon billet précédent (qui a dit « d’il y a très très longtemps? » J’ai entendu!) et a choisi pour moi: arrêt de quinze jours, on pourrait presque m’accuser d’avoir choisi les plus beaux jours de la période pour en profiter (qu’à moitié), mais ça m’a fait un bien fou. Je crois qu’il me fallait ça au minimum pour accepter un nouveau rythme (qui s’oublie bien vite lorsqu’on reprend le boulot, j’en témoigne), et que j’avais des paramètres essentiels à prendre en compte.

Le premier trimestre si compliqué à gérer me semble désormais bien loin. Aujourd’hui, je ne peux plus nier que je suis enceinte, ça fait deux ou trois fois qu’une gentille dame ou qu’un aimable monsieur me laisse passer à la caisse du supermarché et que j’en suis presque à le refuser tant ça m’étonne et me gêne. Je fais donc mentir toutes les femmes enceintes qui se plaignent de l’absence de politesse et d’attention des autres et qui ont sans doute des bonnes raisons de le faire et moins de chance que moi. Je n’ai rien à redire sur ma toute petite expérience jusqu’ici, même si j’ai toujours et encore envie de me retourner pour m’assurer que ce n’est pas à quelqu’un derrière moi qu’on s’adresse. On dirait qu’il y a encore un tout petit boulot de conscientisation à faire, malgré un ventre conséquent et des manifestations concrètes quotidiennes.

Nous avons fait plus ample connaissance avec bébé cette semaine, ce qui fut un nouveau tournant dans cette lente évolution à la temporalité si aléatoire. Nous savons désormais si c’est un petit il ou elle, tout le pari étant de garder le secret et de tenir sa langue. Je l’ai surnommé Happy Feet, pas que je cherchais à tout prix un surnom, mais la quasi première image de cette écho a été celle de deux adorables petits pieds bien collés contre mon ventre, presque plus clairs que son profil qu’il voulait désespérément nous dissimuler pendant toute l’écho. Ca m’a émue et touchée, et je me suis dit qu’après tout, il ne pouvait y avoir que le surnom d’un pingouin pour incarner les 4 mois restant de cette grossesse, comment avais-je pu imaginer autre chose?
En tout cas il s’entraîne aux claquettes comme il se doit, continue à trouver la position « pieds contre le ventre et tête bien au fond du bassin » tout à fait à son goût et confortable, et a même honoré son papa de quelques petits coups bien nets pour lui confirmer qu’il n’y avait pas qu’une image sur l’écran, mais bien un petit être au chaud dans le giron.
Oui, on devient mièvre pour un rien, je le confirme…

Je me suis souvent demandée si je ferais partie de ces femmes qui pourraient dire « j’aime être enceinte ». Sans avoir un élan absolu pour cet état, parce que j’ai quand même encore à l’esprit les angoisses que cela peut faire naître en moi et les efforts de repositionnement permanent que cela me demande, depuis quelques petites semaines, je peux au moins dire « j’apprécie cette expérience, j’arrive à la savourer à sa juste valeur je l’espère, je n’ai pas envie de regretter de passer à côté de certaines choses ». Je reste ébahie et parfois émerveillée des changements aussi brusques et rapides que je peux constater, c’est une adaptation constante et on me souffle dans l’oreillette que ce n’est que le level 1 avant l’arrivée de Happy Feet.

Soit. Entraînons-nous donc à l’adaptation et au lâcher-prise…

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Vous me pardonnerez ce billet totalement futile, inutile et rempli de mièvrerie. C’est promis, j’essayerai de ne pas trop m’étaler comme de la guimauve mais avec un titre pareil, je pouvais difficilement faire mieux…

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Comme un air de printemps…

*Je vous promets, ça fait plusieurs jours que j’ai envie d’écrire un billet, ce qui en soi est déjà une fort bonne nouvelle et une bonne source d’espoir, ça faisait quand même un sacré moment que ça ne m’était pas arrivé. Il me manque encore le temps, l’énergie aussi, et j’ai dans les tiroirs une ou deux idées d’articles en soi, pas juste des pensées jetées au hasard, mais là aussi il faudrait que je concrétise.

*Fatalement, puisque je suis sur les radios d’information le matin (et puis en fait, il faudrait être sur Mars pour ne pas en entendre parler, il me semble, non?), je suis la campagne présidentielle avec un panel d’émotions qui va de la consternation à la colère. Comment, comment diable est-il possible et envisageable d’élire une personne à la tête d’un état sur la base de ces démonstrations et propos plus affligeants les uns que les autres? Et dans ces moments-là, je suis partagée entre le soulagement de ne pas avoir le droit d’exprimer mon opinion, la contrariété tournée contre moi-même de ne pas avoir pris les choses en main pour justement réclamer mon droit d’expression (et donc de protestation), et le manque d’envie de rentrer dans ce système. Et puis sait-on jamais, suivant qui arrivera à l’Elysée le 6 mai, je pourrais très bien me retrouver d’un coup d’un seul reconduite à la frontière, il semble que désormais tout soit possible, y compris les promesses les plus calamiteuses qui sont faites sur les chaînes aux heures de grande écoute.

*Ces dernières constatations m’ont du coup fait prendre particulièrement à cœur le vote auquel j’ai eu à participer à distance pour mon pays d’origine, et je me suis empressée de renvoyer mon bulletin de vote en temps et en heure pour que mon opinion soit prise en compte. Ca m’a quand même amenée à réfléchir sur la pertinence et la difficulté de voter à distance pour prendre des décisions dans un pays dans lequel on ne vit pas: déjà, il a fallu l’aide active de mes parents pour me clarifier les situations sur lesquelles j’avais à me prononcer, et pour discuter un peu avec eux des pour et des contre de chaque proposition (il y avait aussi l’option: voter exclusivement à l’opposé de ce qui était préconisé par le parti extrême-droite pour être certaine d’avoir tout juste, mais j’y rechigne malgré tout un peu, ça me semble trop facile, pas franchement réfléchi, même si au final mon bulletin de vote a ressemblé à ça). Sur l’une des propositions, j’ai d’ailleurs choisi de m’abstenir, tant les arguments de part et d’autre me paraissaient fondés, judicieux, et qu’il me semblait compliqué de devoir trancher alors que tout n’était qu’exception selon les lieux géographiques concernés.
Et puis, me disais-je, ai-je le droit de décider ainsi de la vie et l’avenir professionnel de ces gens, qui restent mes concitoyens sur le papier, mais dont j’ignore tout et que je n’aide pas au quotidien? C’est sans doute toute la difficulté du vote par correspondance. Il m’importe de remplir mon devoir civique, c’est aussi un moyen de reconnaître que je fais toujours partie de ce pays, mais en poussant le raisonnement plus loin, il me paraît tellement absurde d’avoir à me prononcer à 800km de distance pour des questions qui ne me concernent plus du tout, là où je suis totalement interdite de parole dans le pays où je vis, paye mes impôts et travaille.
C’est ainsi qu’on reparle du droit de vote aux étrangers et qu’on recolle à la campagne, non?

*Il fait beau, il fait presque chaud, mais comme je ne suis pas un paradoxe près, je rêve neige et ski, et le manque d’avoir pu en faire cette année se fait cruellement sentir, peut-être ravivé par le fait que je risque de devoir zapper cette étape-là l’année prochaine aussi, pour d’autres raisons (bien meilleures paraît-il, je soupçonne un piège pour m’endormir dans cet argument!). Je crois qu’au-delà de cela, c’est le manque de montagne de façon générale qui se fait sentir, le manque de vacances dépaysantes ou réellement reposantes. Et l’envie de grand air, de promenades et de nature, plutôt que de rester enfermée devant mon écran à bosser et me dire que j’aurai mérité mon arrêt. Rien que de très naturel à cette saison, non?

*Vous n’auriez pas des suggestions pour m’aider à me débarrasser d’une conscience professionnelle beaucoup trop développée et me permettre ainsi de me faire à l’idée que oui, 3 ou 4 jours d’arrêt pour un repos bien mérité ne seraient pas de l’arnaque à mon entreprise qui ne mérite absolument pas que je m’accroche à elle?

Je vous souhaite à tous un bon week-end, sans photo, je ne vous réhabitue pas trop vite! Ceci étant aussi un moyen détourné de vous expliquer que je suis aussi endormie sur le renouvellement d’images que sur celui des billets. Il y a du boulot….

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Petits cailloux pour ne pas perdre le rythme….

*Je ne me sors pas de ma blogroll qui n’en finit pas de s’incrémenter (en même temps, je lui rajoute régulièrement de nouvelles adresses) alors que je n’ai pas le temps de la lire! C’est dire, j’en suis même à réaliser qu’il faut que je remonte dans les articles puisque pour certains blogs, ça fait plus d’un mois que je ne les ai pas ouverts et qu’ils disparaissent donc automatiquement de mes archives!
Du coup, comme pour la nourriture, j’ai pris ce matin la décision de d’abord commencer par les blogs qui me tiennent à coeur, que j’ai réellement envie de lire! Vous savez, c’est comme les millefeuilles ou les pâtisseries que vous aimez (ou les aliments): en général vous les laissez de côté dans l’assiette et vous terminez votre repas par cette douceur, en n’ayant plus assez faim mais « par gourmandise ». Et vous ne les savourez pas de la même manière.
Je ne peux pas dire que je lise ces blogs sans faim, mais il y en a certains que je lis par intérêt, d’autres par coups de coeur. Et souvent, ce sont ces derniers que je lis à la fin, ce qui est totalement idiot vu que ce sont ceux que j’apprécie le plus. Alors à partir d’aujourd’hui, je reprends ma blogroll, je lis ce dont j’ai envie là maintenant, et j’ai un sentiment vaguement coupable mais tout aussi jouissif. Reste à voir si je vais tenir dans mes bonnes résolutions?

*De la même façon, j’ai un retard tellement conséquent dans mes correspondances mail qu’à ce stade, ce n’est même plus de l’ordre du retard. Disons qu’à part écrire à certaines personnes pour dire « je vais bien, au fait il faut que je te dise ça, bonne journée, bisous », je n’écris plus. Ah c’est facile (et j’en abuse), je suis totalement débordée au boulot (haut lieu de lecture-rédaction de blog qui part en fumée) et le soir, si je tiens jusqu’à 21H35, je suis limite à me dire que je commence une nuit blanche. J’essaye de saupoudrer là au milieu un minimum de tâches quotidiennes (et encore, mon homme prend plus que sa part de cuisine, ménage), de social (autre chose qu’embrasser mon homme « tu as passé une bonne journée? » puis « bonne nuit chéri »), de week-ends bien remplis pour les raisons précédentes en plus de siestes à rallonge, et le temps file, et les mails ne s’écrivent pas. Je pense que je vais donc bientôt me faire renier par mon frère qui s’empresse en désespoir de cause de prendre de mes nouvelles auprès de mes parents dès qu’il le peut, lasser mes amis qui aimeraient bien en savoir un peu plus, partir aux oubliettes chez certaines personnes qu’il serait décent que je contacte, et je déteste cette idée-là.
Je me fixe donc des objectifs: aujourd’hui, je réponds à telle personne, j’écris à telle autre. Certains jours ça marche, d’autres c’est la calamité. Là, j’ai rempli la moitié de mon objectif, et mon frère sera en droit de me faire un courrier de reproches parce que j’ai bloggé plutôt que de lui écrire. Il aura raison.

*Ca faisait une éternité que je n’avais pas fait un risotto. Un vrai, j’entends, celui où on reste plantée devant la casserole pendant 45 minutes à touiller avec amour le riz, et le rendre crémeux et fondant. Ca m’a rappelé ces moments délicieux avec ma mère, lorsqu’on s’y mettait en cuisine tout en papotant, et qu’on avait une bonne raison de ne pas être dérangées, puisqu’il ne fallait pas lâcher la casserole. Je crois que c’est plus à moi que j’ai fait plaisir que l’inverse dans cette histoire, mais je suis assez fière de voir que je n’ai pas perdu la main sur cette recette, même si mes coquilles st jacques étaient trop grosses et que finalement, ma madeleine à moi, c’est le risotto aux champignons frais je n’en démordrai pas!

*Je suis totalement partagée entre l’envie de m’acheter de jolies petites choses pour me faire plaisir et me dire que je peux faire quelque chose de cette silhouette qui est en train de changer et que je peine à adopter, et l’idée que j’ai intérêt à mettre quand même un peu d’argent de côté compte tenu des mois à venir et des bouleversements qui vont se produire. Et puis j’ai un réel problème avec le fait que dès qu’il est écrit « grossesse » à côté d’un article, le prix prenne le double d’un coup d’un seul. Il va falloir faire jouer le système D, mais la carte bleue aussi je le crains.

*Il n’y a, je crois, qu’une seule fois dans ma vie (et dans une situation à l’exact opposé du bonheur actuel) où j’ai été mise face à l’incertitude absolue des mois à venir que je ressens aujourd’hui, à mon incapacité à m’y projeter tout en y étant confrontée quotidiennement. Ca provoque une forme de vertige mêlé à une sensation de schizophrénie, je sais que ce n’est pas près de s’arrêter mais c’est au minimum totalement déroutant. D’autant que je ne parle même pas que de ce petit être qui va (qui est en train..) de nous rejoindre, mais de tout le reste aussi: le lieu de vie, le boulot. Ca s’appelle battre les cartes et tout redistribuer. Mélange d’exaltation et d’angoisse indistinctes.

*J’ai à peu près 100 tâches administratives à remplir dans des délais raisonnables voire urgentes (non je ne suis pas marseillaise) et il n’est absolument pas temps de commencer à procrastiner même si je ne trouve juste pas le bon temps pour aller fouiller dans mes papiers. Je crois que je vais ressortir mes bonnes vieilles to do lists…

Et comme je suis la flemme absolue (ou à choix que sinon je ne posterai ce billet que le 30 Février), je ne vous mets même pas de photo!

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(Secret de) Polichinelle

L’avantage de bosser avec des mecs, c’est qu’ils ne sont pas du genre observateurs.

-Ils ne repèrent pas un brusque arrêt du café ou, dans mon cas, un passage du thé à une nette préférence pour la tisane de mamie
-Le coup de la migraine récurrente pour éviter l’alcool, ça passe plutôt bien, ça leur permet même de se moquer
-Les nerfs à fleur de peau, les réponses un peu vives, c’est normal, je suis une femme, c’est bien connu, les femmes sont le jouet de leurs hormones. Et puis tant mieux, ils ne tiennent pas de calendrier et ne s’étonnent pas que quand même, ce cycle-là commence à sacrément durer
-Ils n’osent pas faire de remarque sur les vêtements amples que je porte (en même temps je suis bien aidée par les -10 quasi quotidiens depuis un moment), et ils savent parfaitement que si remarques il y avait, j’ai la capacité de leur clouer le bec rapidement
-Mes cernes persistantes, les boutons d’acné dignes d’une adolescente, mon teint livide, des réserves d’écureuil dans lesquelles je pioche pour grignoter à longueur de journée histoire d’éviter de courir aux toilettes, tout ça leur passe à des kilomètres au-dessus de la tête et ça m’allait plutôt pas mal
-Vu qu’ils sont beaucoup sur le chantier, je n’ai pas à trop subir d’abus d’eau de toilette, sauf pour mon chef, lequel se voit infligé un gros mauvais point. Mais c’est quand même dur de dire à votre chef qu’il cocotte trop, hein?
-Les siestes récurrentes entre midi et 14H, affalée dans le fauteuil ne les étonnent pas plus que ça…en même temps, ça faisait un moment que je m’entraînais.
L’avantage aussi de bosser avec des mecs, c’est qu’une fois que les choses ont été dites sans subtilité et droit dans les yeux, ils se transforment en gros nounours plein de guimauve.
-Du coup, j’use et abuse de mon nouveau statut, et me voilà couverte de bonbons divers et variés et de chocolat (là par contre, c’est la balance qui proteste!)
-Ils n’osent plus trop me contrarier de peur des représailles foudroyantes (même si ça les amuse beaucoup, il faut bien l’avouer)
-Je les sens tout inquiets et tout perturbés à l’idée que dans quelques mois, leur quotidien puisse être chamboulé, puisque je ne serai plus là pour les materner et les dorloter

…Ce qui me fait penser qu’il faudra que je les remercie, tiens, grâce à eux, je dois être plutôt bien entraînée pour ce qui s’annonce au mois d’Août!

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Crédit photo: getty images

Ceci expliquant (en partie), mon silence en ces lieux, d’autant que cette belle histoire fut précédée d’une bien plus triste il y a plusieurs mois, qu’il a fallu que je digère. Je ne voulais pas transformer ce blog en cabinet des larmes, et il m’était difficile d’écrire avec légèreté ou gravité sans mentionner ce que je traversais. Désormais, c’est derrière et c’est une grande aventure qui nous attend…reste à voir comment je peux la faire vivre ici aussi, sans que ça ne prenne trop de place et en retrouvant le rythme d’écriture.
Et désolée pour vous mais oui, je me souhaite un été vraiment pas trop chaud, histoire de survivre jusqu’au 20 Août…

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Régression

J’ai un collègue avec lequel je m’entends particulièrement bien. On se fait des blagues potaches, on se tape dans le dos (enfin pas trop fort, il fait à peu près trois fois mon poids et deux fois ma corpulence, c’est un peu comme Obelix quand il veut te faire un câlin en fait), c’est le seul à qui j’ai raconté mes malheurs de cette année et qui sait qu’il peut y avoir des jours plus difficiles que d’autres. Sous ses dehors de rustaud mal dégrossi (c’est une image uniquement!), il a une sensibilité très particulière, et on peut s’envoyer balader et 5 minutes plus tard rigoler comme des gamins. Ca fait du bien de l’avoir dans les parages.

Ce collègue, donc, qui me connaît particulièrement bien, sait que je tyranise régulièrement l’agence pour avoir mon stock de chocolats. Et qu’il n’est pas parmi les premiers à m’offrir de quoi compenser mon stress et mon ennui au boulot, et donc qu’il faut parfois qu’il rattrape le coup.
Comme il n’aime pas juste rapporter des choses « pour dire », il cherche le gag.
Sur ce coup, il l’a bien trouvé.
Parce que franchement, même si je n’écris plus beaucoup, vous savez que le rose et les princesses, je commence à tolérer vu que Miss Blondinette les a un peu introduits dans mon univers, mais que je continue à ne pas être une vraie fan des paillettes et du girly.
Ben n’empêche, il m’a offert ça:

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Si, il a osé.
Et là tout soudain, me voilà avec un cas de conscience:
-Je le garde et je me ridiculise officiellement, reniant 3 ans et demi de mon image professionnelle à faire comprendre à tous ces joyeux lurons qu’il était hors de question que je me rabaisse à des trucs pareils?
-Je le refuse, le ramène à Miss Blondinette qui sera heureuse comme une…princesse avec ce calendrier, et le vexe? (et surtout ne peux plus exiger de chocolat pendant les 3 ans à venir? Enfer et damnation!!)

Ah oui, il était totalement hilare quand il me l’a tendu. Parce que bien entendu, derrière chaque petite porte, il y a du chocolat. « T’as voulu du chocolat, t’en as. On est quittes », qu’il me balance en se bidonnant.

Je l’ai gardé, évidemment. J’en suis à la porte 2 et je fais grand bruit chaque matin en claironnant que j’ouvre mon petit chocolat quotidien. Je suis ridicule et j’assume. D’ailleurs les chocolats ne sont pas si bons que ça, faudra que je lui dise….

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Sauvée par les Suisses

Ces temps, j’ai envie d’écouter de la musique classique.
Ca peut s’expliquer de plusieurs manières, à commencer par le fait que je suis un peu plus souvent seule à l’agence, donc que j’ai la main sur la playlist. Et que vu l’état de nerfs dans lequel me met mon boulot et surtout un ou deux gugus de l’entourage, j’ai très besoin de douceur, de calme, d’apaisement. Je compense l’exposition de l’open-space, le manque d’intimité et l’incapacité à pouvoir fermer la porte pour souffler un bon coup par les moyens du bord: tenter de créer une ambiance plus feutrée et m’y enfermer quand je le peux…quand j’y arrive.
Ca, c’était pour l’explication la moins sympa.
La plus chouette, c’est que c’est l’hiver, même ici c’est arrivé, et qu’il commence à faire des températures un peu plus dignes de ce nom. Jetez-moi au feu si vous voulez, ça me manquait.
Et inévitablement chez moi, ça me rappelle les feux de cheminée qu’allumait mon père lorsque la nuit tombait vite, des puzzles que je faisais tranquillement dans ma chambre en écoutant la radio branchée au salon, l’odeur de thérébenthine parce que mon papa avait sorti ses toiles, ses couleurs, ses pinceaux…C’était l’hiver, il faisait froid dehors, de la buée sur les fenêtres, on allumait des bougies, le chat se blottissait sous les couvertures, on était bien, on buvait du thé aux épices.

Pour toutes ces petites madeleines de Proust, je cherche donc des morceaux tout doux, du violon, du piano. Or j’ai déjà épuisé les moyens classiques à ma disposition: depuis qu’on refuse de payer (qu’est-ce qui reste gratuit, dites-moi?), on ne peut plus écouter certaines playlist qu’un temps compté, largement pas suffisant pour remplir mes journées de travail et quelques soirées où me prend l’envie de réécouter quelques morceaux.
Je me suis tournée vers les radios en ligne, j’ai pris la radio nationale, qui fait royalement planter tout mon système vétuste au travail, sans compter les interruptions publicitaires et les flashs information dont je me passe volontiers, merci; je baigne dans les mauvaises nouvelles du quotidien pendant tout mon trajet du matin, à partir de l’arrivée sur mon lieu de travail et mon retour, je préfère choisir moi-même ce que je veux entendre.

Un grand moment de solitude et de silence plus tard ce matin, et après avoir recherché désespérément des moyens alternatifs, me voilà tombée tout à fait par hasard sur la radio classique suisse, qui se lance quasi sans rechigner, ne se coupe pas, et comble du miracle, ne diffuse aucune pub, aucun flash info! Tout juste de temps en temps une petite intervention d’un présentateur à l’accent délicieusement prononcé!
Dire que je suis aux anges est un euphémisme, j’en suis encore à me demander où est le piège et combien de temps je vais avoir le droit de l’écouter là comme ça! Et dire aussi que j’ai passé des années à ronchonner contre mes parents à chaque fois que je posais mes fesses dans la voiture familiale et qu’ils voulaient un peu de musique classique, en leur arguant que non merci, je ne voulais pas de ce programme, c’est une revanche digne de ce nom!

Voilà, sauvée par mon pays d’origine, qui m’offre un programme original, tout doux et tranquille, et m’a permis de passer une journée musicale comme je l’espérais!

Ouaip, tout soudain comme ça, me revoilà. Oh je ne sais pas si ça va durer hein, mais visiblement ça aide d’être à jour sur sa blogroll, ses mails et de s’enquiquiner au boulot en écoutant des violons….

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Réminiscences

Quand j’avais 9 ou 10 ans, je me souviens des vacances scolaires, juste avant de partir ou après être revenue. Je me souviens de ces journées où le soleil se couchait si tard, où j’étais au lit avant qu’il ne fasse complètement nuit.
Je dormais sous la fenêtre ouverte, à peine sous le drap, et j’écoutais les bruits de l’extérieur, les oiseaux qui s’égosillaient dans le grand sapin juste à côté, les rares voitures qui passaient, et puis les cris d’enfants, ceux de l’autre côté de la rue, dans la cour au milieu des maisons. Ils jouaient au ballon, au vélo, ils se couraient après, ils s’appelaient, ils s’ébattaient jusqu’à ce qu’il fasse nuit, ou que je sombre dans le sommeil.
Je les écoutais fascinée et recroquevillée, je me disais que si je le voulais vraiment, je pouvais aussi me lever, convaincre mes parents qui auraient sans doute si facilement accepté, et traverser la rue pour aller les rejoindre.
Mais je ne les connaissais pas ces enfants, je ne savais pas leurs noms, je ne savais même pas si nous allions à la même école, et je n’avais pas envie d’arriver là au milieu, d’être la solitaire qui devait faire l’effort de s’intégrer dans un groupe déjà composé. Ca me faisait peur, ça me paraissait impossible.
Alors j’écoutais, je participais à distance, je me disais déjà que ce n’était pas tout à fait normal d’être toute seule et de ne pas profiter de ces journées si longues et de cette absence de contrainte, mais que j’étais bien au lit, dans la fraîcheur relative juste sous la fenêtre, et puis j’avais sommeil, et puis j’avais peur, et pourtant qu’ils avaient l’air de bien s’amuser, tous ensemble….

***************

Quand j’étais adolescente, je me souviens de ces vacances dans le Grand Sud, au bord de la mer.
Je me souviens de ces 15 jours de liberté de mouvements et de choix au sein du club, de la possibilité d’aller et venir comme je l’entendais, de ces décisions que je prenais qui semblaient toujours si inattendues…
Je me souviens que je m’endormais tard, lorsqu’il faisait nuit et enfin frais, la fenêtre ouverte sur la moustiquaire, des ruses que nous avions avec mon frère pour ouvrir doucement la porte en rentrant, la refermer encore plus vite, et n’allumer la lumière qu’en étant certains que plus aucun moustique ne pourrait passer.
Nous nous mettions au lit, et alors que son souffle à lui devenait si vite profond et régulier, j’écoutais la nuit et ses bruits, les insectes qui grinçaient, j’humais les senteurs que la nature dégageait après la canicule. Et puis souvent, au loin, en fonction d’où venait le vent, j’entendais la musique, les basses, les battements qui provenaient bien souvent de la boîte de nuit qui devait laisser sa porte ouverte, pour permettre à la fraîcheur nocturne d’alléger les vacanciers décidés à brûler la nuit jusqu’aux pointes de l’aube.
J’entendais les rires des jeunes de mon âge qui arpentaient les allées, j’entendais les danseurs taper des mains et crier pour réclamer d’autres morceaux.
Je les écoutais du fond de mon lit et je me disais que si je le voulais, il me suffisait de me lever, de prévenir mes parents au cas où ils auraient voulu venir s’assurer que tout se passait bien, de les avertir que je voulais aller danser et qu’ils ne s’inquiètent pas, je ne pouvais pas aller bien loin. J’aurais pu rejoindre cette foule d’inconnus et me fondre avec eux, retrouver des têtes vaguement connues et croisées dans la journée, ou pas. J’aurais pu rejoindre ceux de mon âge, ceux qui me croisaient souvent vaguement interrogatifs de me voir si lointaine, si froide.
J’aurais pu et je ne l’ai jamais fait, parce que j’avais peur, peur d’arriver au milieu de groupes déjà composés, peur de faire l’effort et le premier pas, peur de cette peur inconnue qui me rongeait le ventre, les entrailles, me faisait me recroqueviller dans ce lit et apprécier tout ce qui pouvait être fait en solitaire, pourvu qu’on ne me demande pas de m’immiscer dans un groupe trop important.
Alors je fermais les yeux et chantais les chansons que je reconnaissais dans ma tête, pour moi, je me les fredonnais et m’endormais sur le son de la musique en me disant que c’était dommage, mais que c’était impossible, et que je ne pouvais pas faire autrement, même s’il me suffisait juste de me lever, de mettre mes sandales, et ma jupe jetée sur la chaise, mon t-shirt, et que personne ne m’aurait entendue me glisser dans l’obscurité…

***************

Hier soir, j’ai eu droit à une migraine comme il ne m’était plus arrivé de ressentir depuis fort longtemps. J’ai pris un cachet, de ceux que je ne peux prendre qu’en allant me coucher dans la foulée parce qu’ils me coupent les jambes et la moindre once d’énergie que je pourrais encore avoir.
Je me suis allongée, il faisait chaud, j’ai laissé la fenêtre ouverte, et dans un semi-coma, provoqué par la douleur, l’analgésique et mon état de décomposition avancée, j’ai écouté les bruits de la nuit…les voitures qui passaient, et puis à un moment, les cris des enfants, des jeunes en bas de la rue, alors que la nuit tombait.
J’ai écouté cela en m’enfonçant dans le sommeil, j’ai écrit ce billet dans ma tête en me disant vaguement que je n’en aurais plus aucun souvenir le lendemain. Je me suis laissée porter par les souvenirs qui remontaient de mon enfance, et je me suis sentie bien plus légère parce que même si je n’ai pas été cette enfant qui s’est jointe à ses camarades de quartier, même si je n’ai pas été cette adolescente qui est allée danser jusqu’au bout de la nuit, j’étais désormais une adulte heureuse et pas trop mal dans ses pompes, même s’il y a encore des ajustements à faire, à commencer par une migraine à surmonter…
Alors je me suis juste laissée bercer, j’ai senti le vent soulever le drap, les oiseaux ne chantaient plus ou alors je ne les entendais plus depuis un moment et j’ai sombré dans le sommeil le plus paisible possible, compte tenu des circonstances…
Et je me suis dit que ce que j’avais gagné à tout ça, c’était d’adorer m’endormir au son de la vie qui bat à l’extérieur, et de me sentir à l’abri au chaud ou au frais, et de savoir que même si je n’y étais pas physiquement, j’y participais à ma manière jusque dans mon sommeil….

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Et pardonnez-moi de cette incapacité à même répondre aux commentaires…que j’ai toujours autant de plaisir à lire. Je m’y mets dès maintenant, et je vais essayer d’être un peu plus rigoureuse, pour le peu de billets que j’écris, je vous dois au moins ça…

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Les 7 révélations

Taggé par M’dame Chiboum, qui cherche désespérément un moyen de me faire revenir ici, ce dont je lui suis reconnaissante, je dois révéler 7 choses que vous ignorez de moi.
Ca fait des jours que je tourne ça dans ma tête, d’abord parce que j’ignore totalement ce que j’ai pu écrire comme confidences / inepties dans ce blog fort peu entretenu mais vivotant depuis quelques années quand même (bientôt 4, et si je ramène ça au ratio du nombre de billets, c’est pitoyable), alors je vais essayer d’innover un minimum, en m’excusant d’avance de choses que vous pourriez déjà savoir.

1/ Je ne supporte pas le mensonge. C’est une réaction instinctive chez moi, je suis toujours persuadée que si je mens, tout le monde le verra sur mon visage et que je dois être atteinte du syndrome Pinocchio.
Or, une fois dans ma vie, j’ai menti éhontément, et 11 ans plus tard, je le confesse pour la première fois: l’avant veille de mon mariage, alors que mon futur beau-père m’avait prêté son énorme Espace pour aller faire une course au centre du village, je me suis garée, et dans la manoeuvre, j’ai gratté tout le flanc avant gauche (sur une autre voiture, en plus!). Paniquée, je n’ai osé ni laisser de message à la voiture d’à côté (qui heureusement n’a pas bougé le temps que je revienne, donc n’a jamais su qui lui avait fait ça), mais pire, j’ai dit à mon beau père que c’était quelqu’un d’autre qui me l’avait fait, et que je n’avais jamais pu voir qui sur le parking. Je ne sais pas pour quelle raison j’ai paniqué au point de croire que ça provoquerait un scandale, alors qu’il m’appréciait, mais voilà. J’en ai des remords aujourd’hui encore, même si sur le fond, il n’y a pas eu de souci de son côté pour se faire rembourser.
Se marier avec un tel mensonge sur la conscience, ça laissait bien augurer du reste de l’histoire, et ça n’a pas manqué…(non je n’ai aucune foi dans le karma et le fait de payer pour mes pêchés, mais parfois, je me dis que certains signes ne trompent pas…)

2/ De la même manière, le jour où mon ex m’a demandée en mariage, dans ce petit bouiboui chinois pas mauvais, et dans une forme de blague et de défi du genre « chiche », j’ai entendu dans ma tête un énorme NON me hurler dessus. Je ne m’appelle pas Jeanne d’Arc, je vous assure, mais là, c’était très clair. Je me souviens aussi avoir dégluti, réfléchi un quart de seconde, et dit oui. Parce que j’étais jeune, gamine, innocente, parce que j’étais amoureuse, parce que je vous mets au défi de dire non à une proposition de mariage, même si ça n’a jamais été ni mon fantasme, ni mon idéal, mais quand même…parce qu’à ce moment-là déjà, je n’écoutais pas ce genre de petite voix, et je ne regardais pas tous les signes. Ce fut l’une des plus magistrales erreurs de ma vie, et il m’a fallu 7 ans ensuite pour apprendre que la voix qui se manifestait parfois dans ma tête, j’avais généralement intérêt à la prendre en compte, sinon le retour de bâton était assez douloureux…

3/ En mode girly, si j’avais une seule chose à changer chez moi (et pourtant il y en aurait des tonnes), ce serait mes cheveux. Merci à la génétique et l’hérédité, j’ai eu mes premiers cheveux blancs à 18 ans et aujourd’hui, oui je le révèle, si je ne me colorais pas régulièrement les cheveux, je serais aussi blanche qu’une mamie de 70 ans. Et j’avoue, je ne l’assume pas du tout, je ne suis pas capable d’accepter ces racines qui apparaissent beaucoup trop vite, et mon budget m’interdisant un coiffeur mensuel, je cache ça avec des colorations maison qui m’offrent un répit assez peu satisfaisant mais mieux que rien.
Du coup, mon désespoir est non seulement d’avoir perdu une qualité de cheveux soyeuse et douce, mais surtout une couleur d’origine dans les châtains auburn qui me plaisait particulièrement et que je n’ai jamais réussi à retrouver. Je sais, c’est un drame absolu…

4/ L’une des plus grandes fiertés, que j’ai eue, c’est d’avoir passé mon permis moto. Après un nombre d’heures de cours totalement éhonté et des angoisses dignes des plus grands stress que j’ai pu ressentir dans ma vie. Et du premier coup (il m’a fallu 2 tentatives pour la voiture), alors que même mon professeur m’a avoué qu’il n’y croyait pas lui-même.
L’une des plus grandes tristesses actuelles, c’est que je m’étais juré de ne pas passer ce permis moto pour ne jamais en faire, et que ça fait bientôt 7 ans que je n’ai plus touché un guidon en tant que pilote. Et forcément, plus le temps passe, moins j’ai confiance en moi. Il est évident pour moi qu’un jour je m’y remettrai, mais il est tout aussi évident que le jour où je me déciderai, je reprendrai quelques cours pour me remettre en confiance..

5/ Dans la même veine, j’ai eu mon permis bateau côtier en le passant sur la Marne. Et même si ça n’a pas été une aussi grande source de stress que la moto, ce n’était quand même pas aisé. Aujourd’hui encore, je me demande au nom de quoi l’examinateur m’a donné ce permis alors que pour la manoeuvre de l’homme à la mer, que je maîtrisais pourtant bien en exercices, j’ai consciencieusement écrasé mon noyé qui n’attendait qu’une bouée de ma part, et qui a vu une étrave lui foncer dessus. Vous me direz que la Marne étant plus étroite que la mer, la manoeuvre était moins facile, et je vous répondrai que vous êtes bien compatissants avec moi!

6/ Je n’ai pas la nationalité française, et je ne pense pas la demander. Comme je l’ai déjà écrit ici je crois, ça m’obligerait à renoncer à ma nationalité italienne, si j’ai tout bien compris. Ca reste peut-être à confirmer.
Par contre, je vote en Suisse et en Italie, par correspondance, et selon mes droit d’expatriée. Et j’y tiens. Pour la première, parce que ça me permet d’apporter ma contribution à endiguer tant bien que mal la montée de l’ultra nationalisme, pour ce que ça vaut et à défaut de le faire dans mon pays d’adoption. Pour la seconde, parce que ça me permet de aider à virer le gros tyran incapable qui a été élu à sa tête par je ne sais quelle folle entourloupe.
Cela dit, à certaines périodes et lorsque je suis à ce point consternée par tout ce que j’entends à la radio, je me dis qu’accepter une troisième nationalité serait bien aussi, histoire de simplement faire barrage avec mes petits moyens. Mais pas aux frais des 2 autres!

7/ Pour différentes raisons, certaines évoquées ici et d’autres non et qui peuvent provoquer mon silence, le début de l’année 2011 a quand même été en version montagnes russes. D’immenses bonheurs et de tout aussi grandes tristesses. Je n’ai pas pour habitude de raisonner en terme d’années, à vrai dire, mais là au solstice d’été, ça me marque suffisamment pour que je le mentionne.
L’un des derniers rebondissements en date a été le limogeage de mon boss, que je peux désormais ajouter sans aucune fierté à mon CV. Ce fut l’un des moments humainement les plus difficiles à vivre, mais c’est fait. Sans fierté, sans gloire, mais avec le sentiment que ce qui était nécessaire s’est réalisé.
Et pour rester donc sur l’idée d’une année civile, j’aimerais bien me dire que j’ai mangé le pain noir, et qu’il ne reste que le meilleur à venir….

Ce tag a tellement tourné et retourné dans la blogosphère que je ne désignerai personne pour la succession, mais c’est du libre service bien entendu!

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Tête d’un voisin du dessous, à moustaches curieux, qui réalise qu’il y a un autre univers que son appartement, ses maîtres et sa terrasse. Et qui semble se demander comment il pourrait nous rejoindre histoire de tester quelques câlins ou, sans doute, d’autres saveurs de gamelles. J’ai toujours très peur qu’il se lance et se casse la figure, il y a quand même joyeusement une dizaine de mètres sous ses pattes (et bien plus entre lui et nous…)

Publié dans Il , Manie des listes, Petits riens | 11 commentaires

A annoncer et à célébrer

Oui je sais, je n’ai jamais aussi souvent lâché ces pages, mais j’ai beau me convaincre, ces temps l’écriture m’échappe.
La période est dense, et me laisse éloignée du virtuel (du moins celui qui ne me permet pas d’être dans l’échange direct), et ce blog est le premier à en payer le prix.
Je me rassure en me disant que ce n’est que temporaire (et c’est le cas, même dans cette période de disette intense, je n’ai jamais une seule seconde envisagé de fermer ce lieu ou de le rendre définitivement muet), mais c’est un temporaire qui dure.
Il se passe plein de choses autour de moi, de très très belles et assez bouleversantes, d’autres plus nuancées, ce sont les couleurs de la vie et j’y fais face avec plus ou moins d’énergie et de facilité. Tout ce que je ne peux donc pas consacrer à ces pages, en surplus.

Mais là, il était urgemment temps de faire revivre ce lieu, d’abord pour ne pas y laisser, en page d’accueil, un billet qui me retourne encore les tripes et le coeur (et la photo qui va avec), mais surtout pour donner une note plus joyeuse, bien que grave.
Je dois vous annoncer la naissance tant attendue et si longtemps souhaitée d’un site, et par là même d’un projet et d’une entreprise que je suis depuis plusieurs années, et je suis heureuse et fière de célébrer la venue au monde:

TERRE DE VIE

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Et maintenant, Cher Lecteur, toi que je n’interpelle jamais par volonté et choix de te laisser tranquille et dans ton coin, je vais pour une fois te solliciter et te demander de m’aider: à faire connaître ce lieu, à le twitter, le facebooker, utiliser tous les réseaux sociaux que je n’imagine même pas (et n’ose imaginer) et toute ton immmmmmmmmense influence de professionnel du virtuel, afin que ce lieu fasse le plus de buzz possible!

Ce bébé, c’est mon Amie, celle de plus de 10 ans, celle qui a été à mes côtés comme si on se connaissait depuis toujours, dans les hauts et dans les très bas, qui l’a enfin mis au monde. Et crois-moi, ça n’a pas été facile, il a fallu qu’elle lutte, qu’elle se convainque de sa légitimité à faire vivre un projet pareil, à prendre la responsabilité d’accompagner des femmes dans un moment clé de leur vie et à penser, puis à franchir les étapes pour enfin créer son entreprise. Ca n’a peut-être l’air de rien de l’extérieur, mais pour l’avoir suivie, encouragée, aidée tant bien que mal, je t’assure, c’est une belle victoire.
Alors cet essai, il mérite d’être transformé, et je sais qu’elle y arrivera déjà fabuleusement toute seule, mais après tout il faut vivre avec son temps, et j’ai envie de l’aider de toutes les manières possibles.
Aujourd’hui, ce doit être à peu près l’une des seules fois où je regrette de ne pas être une Grande Blogueuse Influente de la Blogosphère de France et de Navarre (et d’ailleurs, mais ça va finir par faire un peu loin pour venir la consulter, on va attendre qu’elle soit tellement connue qu’elle se mette à voyager, d’accord?), mais je pense que j’ai un suffisamment chouette lectorat qui peut déjà faire beaucoup à sa façon.
Bien sûr, je ne fliquerai personne, et je suis consciente que le thème choisi ne parlera peut-être pas à tout le monde. Mais c’est un sujet d’actualité (et une actualité permanente, par la force des choses), et ma fois, si parmi vous certains pensent que ça mérite un coup de pouce, n’hésitez pas.

Bien entendu, les commentaires sont ouverts, la principale intéressée n’est pas loin et lira, je lui offrirai tout l’espace de parole dont elle pourrait avoir besoin en cas de questions de votre part, ou demande de précisions. Et puis chez elle, c’est chaleureux, c’est ouvert, c’est douillet, c’est à son image et à celui de son cabinet (qui est juste un petit paradis, et je ne dis pas ça parce que je l’ai vu se transformer, je n’y ai d’ailleurs pas suffisamment mis les mains dans l’enduit pour pouvoir m’en vanter, shame on me!)

Alors voilà Grand Lecteur Respecté, merci de m’avoir accordé ton attention, et merci de lui accorder à elle, toute l’attention et tous les encouragements qu’elle mérite.
Et n’oubliez pas de revenir régulièrement sur son site, le blog s’incrémente, elle a plein d’idées merveilleuses, et plein de sujets de discussion dont elle rêverait de débattre avec vous!

Publié dans renaissance | 4 commentaires

So long vieux compagnon….

Il a débarqué dans notre vie en 2003, alors que nous posions avec soulagement nos valises dans un appartement trouvé en dernière minute dans notre nouvelle région d’adoption.
Il faisait partie des meubles, et il nous l’a bien fait comprendre, c’était nous qui nous installions chez lui et pas le contraire.
Sa maîtresse avait déménagé à 600 mètres de là mais peu lui importait, c’était ici qu’il voulait être et pas ailleurs.
Au début, chaque fois qu’il débarquait sur la terrasse, je le récupérais et le ramenais dans son nouveau chez lui. C’était devenu un rituel, le ramener le soir, le retrouver devant la porte vitrée le lendemain matin.
Comme j’étais faible et surtout que je rêvais d’un chat, j’ai fini par le nourrir, et ça a suffi à le convaincre qu’il avait fait le bon choix.

Il a tout supporté: le débarquement d’une minette blanche de 3 mois qui lui soufflait dessus comme un lion en prétendant qu’elle avait bien plus légitimement le droit de se considérer chez elle que lui. Un chien qui adorait les chats mais était furieusement maladroit avec eux. Il se baladait sur les toits, se roulait en boule sur la couette, adorait les gratouilles et tournait les talons lorsqu’il en avait assez. Il était chez lui.

Lorsque j’ai dû partir, je l’ai emmené avec mes bagages, sans me poser de question et parce que je ne pouvais plus me passer de lui. J’ai déraciné ce matou pantouflard, il m’a bien exprimé le mécontentement du déplacement mais il s’est incroyablement adapté à son nouvel environnement, alors que pourtant je lui en ai fait voir. Trois déménagements en très peu de temps, pour finir par le laisser dans un appartement sans possibilité de sortie, et c’est bien ce dont je culpabilise le plus, cette privation de liberté que j’espérais lui rendre le plus vite possible en lui offrant à nouveau un lieu ouvert sur l’extérieur.

Il a choisi un autre chemin. D’une blessure importante mais dont il aurait pu se remettre il y a un mois, tout s’est enchaîné très vite et hier, après l’avoir emmené chez le vétérinaire dans mes bras, à pied pour lui éviter le dernier stress d’un trajet en voiture, il s’est endormi dans mes bras, la tête sur ma main, sans que je ne réalise vraiment ce qu’il se passait alors que le docteur lui injectait une dose d’anesthésiant trop élevée…

Il était la dernière trace concrète, le dernier témoin de ma vie passée, fidèle gardien et témoin de mes joies et mes tristesses.
Je te demande pardon, mon matou, de t’avoir trimbalé à droite et à gauche, toi qui ne rêvais que de stabilité et d’un foyer dont tu ne voulais plus bouger. J’espère malgré tout t’avoir offert tout le bonheur que j’ai pu et que tu méritais. Et je te remercie de ta fidélité, de ta présence, de ta patience et de ton amour inconditionnel de chat infiniment gentil et doux.
Là où tu es aujourd’hui, je te souhaite les plus vertes prairies, des orgies de croquettes, de thon et de viande, des compagnons de jeux à n’en plus finir, pouvoir te rouler au soleil et gambader comme tu n’as plus pu le faire depuis trop longtemps…..

So long, mon beau chat, l’appartement est bien vide sans toi et je ne m’y fais pas encore….

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Publié dans M, Oui je crie fort | 9 commentaires